SECOND JOUR
re les Constitutions de la Compagnie, et ses fameux Exercices spirituels. Quand le P. Araoz, son parent dùi partir pour l'Espagne, saint Ignace, pour Je consoler de la grande peine qu'il avait de le quitter, lui donna cette image, avec le sentiment qu'éprouverait un autre en donnant son cœur ; il lui dit de ne la donner à personne; puisqu'elle avait été pendant tant d'années tout son trésor. Par la suite cette image a été exposée à la vénération des fidèles, au Collège de la Compagnie à Sar.igoce. On Ta gravée, en lui donnant le titre de Sainte Marie du Cœur
PRATIQUE-
Faites deux actes de contrition, l'un dans la matinée, l'autre avant de vous coucher.
ORAISON JACULATOIRE
Sainte Mère accablée tle douleurs, faites que vos douleurs soient gravées dans tous les cœurs.
(Mercredi.)
Douleur de Marie à la naissance de son divin fils.
Considérez quelle fut la douleur de Marie, quand elle vit son Fils chéri couché sur la paille, reposant sa lête sur nue pierre, n'ayant que son propre voile pour l'envelopper placé entre deux vils animaux, dans uneétable ouverte de tous côtés. Le connaître, l'aimer, le voir dans cet état, et ne pouvoir le soulager quelle terrible peine!
Marie voyait du n> ces premières souffrances toutes celles qui attendaient son Fils par la suite. La paille lui annonçait la croix ; la pierre, les épines ; ses mi-érables langes, son extrême nudité ; les deux animaux, les deux voleurs au milieu desquels il devait mourir ; Pétable, la montagne du Calvaire, c'est ainsi que Marie dès la naissance de son Fils contemplait et pleurait sa mort future.
TROSIÈME JOUR. 21
Considérez enfin la douleur de Marie, qui prévoyait l'état bien plus déplorable de Jésus dans le tein de quelques chrétiens qui devaient le recevoir dans l'Eucharistie, ces mauvais langes lui représentaient la nudité de leur cœur ; le froid de la saison, leur peu d'affection ; l'étable, l'impureté de leur âme ; les deux animaux, les démons maîtres de ce cœur où Jésus devait loger. O nuit cruelle ! ô enfant de pleur ! ô mère de douleur !
EXEMPLE
Le B. Philippe de Faenza de l'Ordre des Servîtes (siniscal'Jii, p. 303. ), reçut dès son enfance des faveurs de Marie. A l'â^e de deux ans, attaqué du mal caduc, aussitôt que son père l'eût consacré à Marik dans les douleurs, il fut à l'instant parfaitement guéri. Dés l'âge de n^uf ans, il demanda avec ardeur et il obtint d'être admis dans l'Ordre des religieux Servites, et il y pratiqua toutes les vertus il eut une dévotion spéciale aux douleurs de Marie, et en son honneur il pleura toujours et ne voulut jamais rire, au point qu'on ne le vit jamais même sourire. Pour récompense, Marie lui obtint de jouir quelques jours'
avant sa mort des délices du Paradis dans une extase, après laquelle il rendit le dernier soupir, sous la protection de Marie sa Mère.
PRATIQUE
Réfléchissez aux défauts de vos communions, et soyez résolu d'y remédier efficacement.
ORAISON JACULATOIRE
Sainte Mère accablée de douleurs, faites que vos douleurs soient gravées dans tous les cœurs.
QUATRRIÈME JOUR.
(Jeudi.)
Douleur de Marie dans la Circoncision de son fils.
Considérez comment Jésus s'empresse de répandre son sang pour nous* Quelle don-
leur mira éprouvée Marie en voyant le divin Enfant si tendre et si innocent, blessé et ensanglanté dès les premiers instans de sa vie ! Oh, comme elle aura arrosé de larmes ceï langes teints de sang, en prévoyant que son Fils en répandrait bien davantage pour nous sur la croix.
L'enfant blessé s'attachât, au cou de son aimable Mère ; il posait sa tête contre celle de Marie. Makie le serrait dans ses bras, le caressait ; Jésus pleurait, bien moins pour la douleur corporelle que pour l'affliction que lui causaient nos péchés.
N'avez-vous pas même été alors le sujet des pleurs de Jésus ? Dites-moi, quelles intentions avez-vous pour ce carnaval 1 quels sont vo« desseins ? quels divertissemens voulez-vous prendre ? quels lieux désirez-vous fréquenter ? quelles compagnies recherchezvous î Ah ! pour l'amour de Marir, sacrifiez aujourd'hui tous les desseins qui pourraient offenser Jésus. Voyez comme elle vous regarde d'un œil affligé ; c'est entre l'espérance et la crainte qu'elle attend vos résolutions.
EXEMPLE
Un jeune Indien ( siniscalchi, p. 13.)
avait dans sa chambre une statue qui représentai! Marie dans les douleursavec un poignard dans le sein. Ce jeune homme emporté par une passion résolut un jour de s'y abandonner, malgré sa concience qui lui rappelait combien il offenserait Pieu. Tandis qu'il allait vers la porte pour exécuter son dessein criminel, 1 entendit crier : Arrête, où vas-tu 1 Il se tourna et vit l'image de Marie lever le bras ôter le poignard de sa poitrine, et le lui présenter en disant : Prends ce poignard, frappe moi plutôt, mais ne frappe pas mon Fils par ton péché. A ces mots le jeune homme épouvanté se jeta à terre, répandit un torrent Je larmes, et demanda à Dieu et à Marie le pardon de sa faute,
PRATIQUE
Quand l'heure sonne, dites aujourd'hui : A peccato mortati, libéra me, Domi?ia.
ORAISON JACULATOIRE
Sainte Mère accablée de douleurs, faites que vos douleurs soient gravées dans tous les cœurs .
(Vendredi.)
Confusion de Marie lors de sa Purification dans le Temple.
Considérez l'humiliation de Marie qui étant Mère de Dieu, parut n'être que la Mère d'un homme. Elle porte sur ses bras dans le Temple, le Seigneur du Temple, mais elle le porte comme l'enfant le plus pauvre, enveloppé de mauvais langes, sans suite et sans cortège. Elle sait qu'il est Dieu, elle sait qu'elle est la Mère de Dieu, et cependant Jésus et Marie paraissent aux yeux du monde dans le plus grand abaissement. Quelle humiliation pour l'an et pour l'autre !
Considérez la confusion de Marie, qui, étant le miroir de la pureté, paraît avoir besoin de purification. Sa virginité lui était si chère, que pour ne pas la perdre, elle aurait sacrifié l'honneur d'être la M ère de Dieu. Sa pureté était si extraordinaire, qu'elle l'emportait non-seulement sur celle de tous les hom-
26 LE CARNAVAE. SANCTIFIÉ.
mes, mais sur celle de tous les Anges. Cependant elle montre publiquement qu'elle a perdu sa virginité Quelle honte se répandit alors sur son visage !
Mais cous, quel cas faites vous de votre pureté 1 jVlontrez-vous de la honte, si vous l'avez perdue ] N'insultez-vous pas au contraire de toutes les manières possibles cette belle vertu ! Que signifient ces équivoques, ces allusions ces signes, ces ris, ces récits i Marie parfaitement pure éprouve de la honte ! Et vous, enfant de Marie seifez vous inaccessible à la honte ?
EXEMPLE
Un jeune homme t Siniscalchi, p. 276. ) honorait les douleurs de Marie, et récitait tous les joursià cetieintention quelques prières. Une nuit, vaincu par une forte tentation du démon, il commit une faute mortelle. lie matin en récitant ses prières ordinaires devant l'image de Marie, il vit qu'au lieu de sept glaives, il y en avait huit dans sa poitrine. Etonné de cet évenement, il n'en croyait pas ses yeux. Mais il entendit, une voix qui lui fit connaître que c'était son péché qui avait ajouté le huitième
glaive au Cœur de Marie. Alors plein de confusion et de repentir, il courut à confesse pour obtenir le pardon de son péché.
PRATIQUE
Abstenez-vous de toute parole contraire à la sainte pureté,
ORAISON JACULATOiRE.
Sainte Mère accablée de douleurs, faites que vos douleurs soient gravées dans tous les cœurs.
(Samedi.)
Le Cœur de Marie blessé par la prophéthie de Siméon.
La prophétie de Siméon porta au Cœur deMARiE deux blessures. Siméon lui prédit les outrages qui seraient faits à son divin fils . et
comme le Cœur de Marie et ie Cœur de Jésus ne formaient qu'un seul Cœur, Marie ressentit d s lors en elle-même le martyr de son Fils chéri. Siméon annonça ensuite aussi à Marie le glaive qui devait transpercer son âme, ainsi cette seule prédiction frappa Marie de deux terribles coups.
Mais cette prophétie fut une plaie continuelle pour le Cœur de Marie, et cette plaie n'eut jamais de remède ni d'adoucissement. Bien plus, la douleur de cette blessure ôta à Marie le plaisir de tous les évênemens joyeux. En voyant un Fils si saint, si sage,sisobéissant, si aimant, croître en âge, et en ^sagesse, Marie soupirait sens cesse en pensant que malgré tout cela il serait crucifié, et qu'on ne ponvait empêcher sa mort.
Comprenez-vous ce que voua faites quand vous péchez ? Vous portez deux grands coups au Cœur de Marie, l'un en offensant son Fils, l'autre en lui déplaisant, à elle qui est si pure et qui ne peut souffrir l'ombre du péché. Dieu veuille que du moins ce ne soit pas une plaie perpétuelle ; Dieu veuille que vous ne continuiez pas de pécher pendaut toute votre vie, comme vous avez peut-être commencé.
STXÈME JOUR. 29
EXEMPLE
Sainte Brigitte, rapporte d'elle-même ( 1. 7. c 2. ), qu'étant en prières à Rome un jour de la Purification de Marie (Siniscalchi P. 35. ), il lui sembla voir dans le Ciel un temple majestueux, et près de l'autel un vénérable vieillard dont l'extérieur indiquait sa sainteté. C'était s^int Siméon qui attendait avec empressement le moment de recevoir dans ses bras l'enfant Jésus. Marie s'avançait vers lui d'un pas grave et modeste : elle portait le saint Enfant, précédé d'un grand nombre d'Anges. Mais après les Anges et immédiatement avant Marie, se trouvait un Ange plus éclatant que les autres, qui portait un glaive teint de sang, symbole du glaive des douleurs prédites à Marie par saint Siméon. Les Anges chantaient : " Voilà la gloire que " mérite à Marir dans le Ciel le glaive d< s " douleurs qu'elle[à souffertes dans la Passion* " de son Fils. *
PRATIQUE
Récitez les Litanies de la sainte Vierge
ORAkSON JACULATOIRE.
Sainte Mère accablée de douleurs, faites que vc& douleurs soient gravées dans tous les cœurs.
30 LE CARNAYAL SANCTIFIÉ.
(Dimanche,)
Douleurs de Marie à l'occasion de la fuite en Egypte.
Considérez la surprise de Marie quand elle dut se lever de nuit, prendre son Fils et fuir en Egypte. Elle porte à son bras le saint Enfant endormi, et à l'aide d'une vile monture, elle se met aussitôt en route avec son èpoiix. Combien de pensées, combien de crainte, combien d'angoisses durent assaillir Mar.e en ce moment !
Marie dutquitter sa patrie, abandonner sa maison, partir à l'instant, sans même attendre le jour. Elle dut aller dans un pays barbare et inconnu, mais avec qui, avec un enfant né depuis peu de jours, auquel l'air pouvait donner Ja mort : mais avec quelle provision ? avec celle que peuvent avoir trois pauvres : avec quel guide 1 avec un nomme affligé qui ne sait pas le chemin : jusques à quand ï ou n'en sait rien, et on ne doitvpas le
savoir : Esto ibi nsque dumdicam tibi. (Matth. 2. 13.)
Si vous avez éprouvé des angoisses, en est-il de semblables à celle-là î Cependant Marie, au milieu de ces douleurs, obéit avec joie; elle prend son enfant, le recommande à Dieu,et sacrifie (ouïes ses affections à la divine volonté. Quelgrand exemple vous trouvez en Marje pour vous résigner dans les tribulations à la divine Providence ! Souvenez-vous que si Dieu vous envoie quelque affliction, il vous donnera aussi le courage pour la supporter, si vous voulez correspondre à sa grâce.
EXEMPLE
Un bon religieux (Si?iiscalchi,\). 18 )é<ait fort tourmenté de scrupules. Le démon qui ne pouvait le fiire tomber en péché, cherchait à l'inquiéter, en lui persuadant qu'il avait commis des fautes là ou il n'y en avait pas. Il se serait abandonné au désespoir, si ce n'est qu'il honorait les douleurs de Marie, implorait sans cesse son secours, il se trouvait consolé en contemplant ses douleurs avec grand attendrissement. Arrivé au moment de mourir,il fut encore attaqué très-violemment
de scrupules, et il gémissait sur les doutes qu'il voyait dans l'état de son âme. Au milieu de ces combats, Marie lui apparut avec un air plein de bonté, et lui dit : Pouvais tu donc croire, mon fils, q"' 'après m ] avoir conolé tant de fois par ta compassion à mes douler s je ne te consolerais pas dans tes derniers mo~ mens de peines ? Prends courage, et ne crains rien. A ces mots le religieux lut rempli de joie, et expira tranquillement.
PRATIQUE
Réciter sept Ave Maria fpour ceux qui vous ont causé quelque peine.
ORAISON JACULATOIRE
Sainte Mère accablée de douleurs faites que vos douleurs soient gravées dans tous les cœurs.
HUITIÈME JOttR. 33