‹ Le carnaval sanctifie par le pieux souvenir des douleurs de MarieChapitre 7 sur 22 · DOUZIÈME JOUR · texte numérisé non relu

DOUZIÈME JOUR

En 1399, la République de Gènes était déchirée par les factions et les guerres civiles ; le mal était parvenu à un tel point, qu'on n'y trouvait pas de remède. (Siniscalchi, p. 323,) Les plus sages pensèrent qu'il fallait avoir recours à Notre-Dame des iouleurs ; on ordonna des prières dans les Eglises, et des Processions où l'on chantait le Stabat Mater. Aussitôt qu'on eut commencé de s'adresser à Marie dans les douleurs, les troubles civils se calmèrent et en très-peu de temps la paix revint dans la République. E« 1532, Gènes fut affligée d'une peste violente qui portait le plus grand ravage parmi les habitant ; le Doge et les Sénateurs eurent encore recours à Notre-Dame des douleurs ; ils se rendirent devant une de ses images miraculeuses, dans l'Eglise des PP. Services, et prosternés la face contre terre, ils prièrent et rénandirent des larmes . A l'instant la peste cessa entièrement, à la grande joie des hubitans, et k la gloire de Mairie dans les douleurs.

Ptécitez dix Ave Maria, pour ceux qui vous ont causé quelcjue peine.

46 LE CARNAVAE SANCTIFIÉ*

ORAISON JACULATOIRE

Vierge três-affligée, priez pour nous,

(Samedi.)

Douleur du cœur de Marie pendant la vie privée de Jésus à Nazareth.

Quand Jésus était à Nazareth dans la maison de ses parens, il leur était soumis. Cette dépendance du Fils, qui est un sujet de joie pour les autre.s mères, causait à Marie une profonde douleur. Marie savait que Jésus était son créateur son Maître, son Dieu. Combien souffrait son humilité de devoir commander à son Dieu, à son Maître, à son Créateur ! Qu'il est étonnant que Jésus ait daigné obéir à Marie ! Quelle peine pour Marie de commander à Jésus !

Encore si Maris avait pu occuper Jésus, à des choses analogues à sa dignité ! mas cette sainte Mère éprouvait une nouvelle

peine de ce qu'il fallait l'exercer au métier d'artisan. O Dieu ! avec quelle douleur Marie aura commun !é à Jésus de porter de l'eau, d'ouvrir la boutique, de balayer, d'allumer le feu, de travailler de ses mains ! Tandis que Jésus comme un esclave était couvert de sueur, Marie, comme un martyr, en était pénétrée d'affliction.

En voyant ces exemples de Jésus et de Marie, quelles sont vos résolutions 1 Si vous êtes fils, anprenez de Jésus ào béir : si vous êtes maître) apprenez de Marie à commander. Obéisseez avec promptitude, avec humilité, de bon cœur. Commandez sans hauteur, et avec déplaisir de devoir présider aux autres. O orgueil des hommes, qui désirent ce qui ne plaît ni à Dieu ni a. Marie !

EXEMPLE

Un Prêtre honorait spéc:aTement par un grand nombre d'actes intérieurs et extérieurs les douleurs de Marie. Il était chargé d'une petite Eglise où l'o.i vénérait une statue de Notre-Dame des douleurs. Souvent il s'y^riferm*it> et lui témoignait par ses pleurs et ses soupirs son amour et sa compassion ; il

prenait la statue dans ses bras, et comme s'il eût tenu Marie elle-même, il la consolait par ses pieux discours et essuyait son visage. Après quelques années il tomba malade et fut rédui à l'agonie. Les médecins le jugèrent incurable. Mais Marie se présenta à lui sous la forme d'une Dame majestueuse ; elle le consola par des paroles pleines de bonté, elle essuya la sueur de mort qui coulait sur son visage, et lui rendit à l'instant une parfaite santé. Le Prêtre tout surpris de se voir rappelé a la vit, dit à cette Dame : Qui êtes-vous afin que je vous témoige ma reconnaissance ? Elle répondit : Je suis celle dont tu as tant de fois essuyé les larmes ,» et elle disparut.

PRATIQUE

Récitez en l'honneur de Marie dans les douleurs un Ave Maria, chaque foi* que l'horloge sonnera.

ORAISON JACULATOIRE

Vierge très-affligée, priez pour nous.

fcE CARNAVAL SANCTIFIÉ. 49

[Dimanche de la Septuagésime.]

Pénible solitude de Marie, quand sou Fils

«e retira dans le désert.

Jésus quitta Marie pour se retirer dans le désert. Marie aurait désiré l'accompagner, mais Jésus, qui cependant l'aimait tant, ne la voulut pas avec lui. Marie le pria de prendre quelque provision, Jésus s'y refusa. Marie lui aura dit : Pourquoi voulez-vous Que laisser ) Jésus lui aura répondu : Parce que je dois cP abord obéir à mon Père,

Le premier soir où Jésus ne revint pas à la maison, quelle désolation éprouva le Cœur de Marie ! que le pain lui parut amer, comme elle l'arrosa de ses larmes, la première fois qu'elle se mit à table sans y trouver Jésus ! Combien de craintes ! Si Marie fut affligée pour être séparée de Jbsus pendant trois jours qu'aura-Uelle souffert pendant ces quarante jours ?

Que ne consolez-vous Marie en visitant un de ses sanctuaires / En carnaval, on peut dire qu'elle vit dans la solitude. Les théâtres, les promenades,lés cafés, les bals regorgent

gO Quatorzième jour.

de «rens qui 'es fréquentent; les Eglises et les Autels de Marie sont presque abandonnas. Si MARIE vous demandait : Pourquoi m avez-vous Inissée 1 vous ne pouriezlui taure que cette ré pense : Parce qu» faim» mieux obéir au monde qu'à vous, ^

EXEMPLE

Philippe VI, Roi de France, (Siniscalirhl r> 316.) eut toujours une vénération partùRèfe pour les douleurs de MARIE; et pour nropager cette dévotion, il augmenta beau- Suflafe ses états le nombre des couvents des Servîtes. Il se trouva avec toute son armée tellement environné d'ennemis, qu il n j pouvait f.ir,ni risquer le combat sans un S évident d'être vaincu. Dans ces es re- Ss il s'adressa de tout son cœur * Dame des -douleurs, sa protectrice. Al n s tant, lui et les siens furent animes d tel courage, qu'ils attaquèrent i>ennemi,et le m M en déroute. Le roi fit passer son char de triomphe sur vingt mille cadavres du camp des ennemis. Alors le .pieux .vainqueur io u lit que tout l'honneur de cette gjgL^gj m, comme il était juste, à MARIh dàrts les douleurs,dont les sept glaives avaient ete au-

tant de foudres pour ses ennemis. Quand il entra à Paris en triomphe, il se iendit avant tout H la cathédrale dédiée à MARIE, il entra dans l'Eglise à cheval, et s'avança jusque l'autel du Crucifix. La, il descendit, se dépouilla de ses armes, les offrit et les laissa comme un tribut à MARIE dans les douleurs, qui était placée auprès de la Croix, reconnaissant que c'était elle qui avait remporté .cette grande victoire.

PRATIQUE

Visitez une image de MARTE dans les douleurs, et récitez le Statut Matei\ }oi\ trois fois le Salve Regina.

ORAISON JA«ULATOIRE.

Vierge très-afSigée, priez pour nous.

(Lundi.)

Douleur de Marte à cause des injure? proférés contre son Fils.

Considérez quelle douleur ce fut pour le Cœur de MARIE d'entendre les injures et

52 jLE carnaval sanctifie.

les calomnies que les Juifs vomissaient contre son Fils. Tantôt ils disaient que c'était un homme de vile extraction, Ie ^s d'un artisan, tantôt ils prétendaient que c'était un ignorant, parce qu'il n'avait rien appris. Les uns le traitaient de séducteur, les autres de blasphémateur, ';de possédé du démon. MA- IRIE écoutait et méditait tout dans le fond de son cœur. a

Il n'est pas de mère qui puisse entendre injurier son fils, même quand il est coupable, que sera-ce s'il est innocent, mais surtout «'il est orné de toutes les vertus 1 Quelle dut donc être la peine de MARIE quand elle entendit injurier celui qui était par essence la sainteté et la sagesse même 1 Elle sacrifiait volontiers son propre honneur, mais elle ne pou*aît sans peine voir ainsi avilir l'honneur du Fils qui était Dieu, et du Père qui était aussi Dieu. Ah ! quand on vous blesse en Totre honneur, rappelez - tous Marie ! â l'on méprise votre famille, votre science, votre *ertu, vous ne savez arrêter votre colère. Etes-vous donc plus noble et plus vertueux que Jésus ? Si l'on vous calomnie, que de vengeance ne voulez-vous pas tirer de vos ennemis ? Cependant quand MARIE fut regar-

tlée comme la Mère d'un blasphémateur, d'un démoniaque, on ne sait pas qu'elle ait jamais repondu nn seul mot.

EXEMPLE

Une Dame distinguée avait un fils unique ( Siniscalchi, p* 58. ), sur lequel reposaient toutes ses espérances et qu'elle aimait tendrement. Il se battit nn jour en duel et fut malheareusnment tué. Le meurtrier, pour ne pas tomber dans les mains de la justice, se réfugia da» un château voisin, ignorant que c'était la demeure de celui qu'il arait tué. La mère, qui ne connaissait pas l'événement, l'accueillit avec beaucoup de charité. Mais bientôt cette mère apprit la mort de son fils, et elle faillit en expirer de douleur. Quand elle eut repris connaissance, elle se rappela que Marie avait généreusement pardonné aux bourreaux de son fil», elle prit la résolution de pardonner elle-même pour l'amour de MARIE dans les douleurs, et de combler de bienfaits le meurtrier de son Fils, Elî§ Le garda autant qu'elle le put caché dans ta maison, ensuite elle lui donna un cheval, de l'argent, des habits et tous les moyens de se sauver. Une action si héroïque fut bientôt ré-

compensée par MARIE : le fils mis à mort apparut à sa mère tout joyeux et content^ et lui dit qu'en vue de la charité qu'elle avait exercée MARIE l'avait dèlirré du Purgatoire, et qu'il allait jouir du Paradis.

PRATIQUE

Offrez toutes vos actions à MARIE, le matin, le midi, et le .soir.

ORAJSON JACULATOIRE.

Faites, ma tendre Mère, que je pleure avec vous.

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