TROISIÈME PARTIE
naisons de ces suites ; non-seulement toutes les combinaisons physiques^ mais toutes les combinaisons du physique avec le moral, et toutes les combinaisons du naturel avec le surnaturel. Il a comparé ensemble toutes ces suites avec toutes les suites de toutes les combinaisons possibles dans toutes sortes de suppositions. Il a, dis-je, tout comparé dans le dessein de faire Touvrage le plus excellent par les voies les plus sages et les plus divines. Il n*a rien négligé de ce qui pouvait faire porter à son action le caractère de ses attributs ; et le voilà qui, sans hésiter, sfe détermine à faire ce premier pas. Tâchez de voir où ce premier pas conduit. Prenez garde qu'un grain de matière, poussé d'abord à droite au lieu de l'être à gauche, poussé avec un degré de force plus ou moins grand, pouvait tout changer dans le physique, de là dans le moral, que dis-je? dans même le surnaturel. Pensez donc à la sagesse infinie de celui qui a si bien comparé et réglé toutes choses, que dès le premier pas qu'il fait, il ordonne tout à sa fin, et va majestueusement, invariablement, toujours divinement, sans jamais se démentir, jusqu'à ce qu'il prenne possession de ce temple spirituel qu'il a construit par Jésus-Christ, et auquel il rapporte toutes les démarches de sa conduite (1). » Avec un style qui rappelle Platon, Malebranche emploie les 10*, 1 1% 1 2* Entretiens à dévoiler cette sagesse dans l'in - Animent grand et l'infiniment petit qu'enferme l'univers matériel, dans les merveilles des cieux, des ani-
(1) Bn(r. fwé*.,X,i7.
maux, des plantes, dans les merveilles de runion de l*âme avec le corps, de son union naturelle et surnaturelle avec la raison souveraine, dans les merveilles de Tefficacité de la cause efficiente ou volonté divine, déterminées par les causes occasionnelles, telles que le choc des corps, les désirs des créatures pensantes, ceux de Pâme humaine de Jésus-Christ ; et transporté d'admiration, il s'écrie : cQue Dieu est admirable dans ses oeuvres! que de profondeur dans ses desseins! que de rapports^ que de combinaisons de rapports il a fallu comparer, pour donner à la matière cette première impression qui a formé Tunivers avec toutes ses parties, non pour un moment, mais pour tous les siècles ! que de sagesse dans la subordination des causes, dans T enchaînement des effets, dans Punipn de tous les corps dont le monde est composé, dans les combinaisons infmies, non-seulement du physique avec le physique, mais du physique avec le moral, et de Tun et de Tautre avec le surnaturel I >
« Si le seul arrangement de la matière, si les effets nécessaires de certaines lois de mouvement très-simples et très-générales nous paraissent quelque chose de si merveilleux, que devons-nous penser des diverses sociétés qui s'établissent et se conservent en conséquence des lois de l'union de l'âme et du corps? que jugeronsnous du peuple juif et de sa religion, et enfin de l'Église de Jésus-Christ? Que penserions-nous de la céleste Jérusalem, si nous avions une idée claire de la nature des matériaux dont sera construite cette sainte cité, et que nous pussions juger de Tordre et du concert de toutes