‹ Le cas de conscience: comédie en un acte, en proseChapitre 10 sur 26 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LE COMTE, exaspéré.

Tu le veux? Eh bien, seigneur Dieu, je vais te faire annoncer. Tu vas voir ma femme, parler à son imagination, à son cœur, à son âme, tout ce que tu voudras... Seulement, si tu reçois un congé des plus brusques, je m'en lave les mains;... tu es prévenu !

RAOUL, t'arrôtant et lui saisissant la main avëo force.

Àrchibald, est-ce que tu ne comprends pas que cette démarche, cette insistance, cette importunité dont je te persécute, me coûtent horriblement?... que c'est une angoisse affreuse pour un père de sentir qu'il est un obstacle au bonheur de son enfant, et d'être forcé de la livrer aux étrangers? Est-ce que tu ne comprends pas, sous la légèreté de mes paroles, que je souffre, que je suis déchiré, et que je fais à ton amitié, à ton humanité, le plus sérieux des appels?

LE COMTE

Mon Dieu, mon ami, je sens tout cela parfaitement;... mais enfin que veux-tu que je fasse ?

RAOUL

Aie le courage, aie la bonté de préparer ta femme à ma visite et à la requête que je viens lui adresser,

LE COMTE, avec effort.

Eh bien, soit! je vais essayer.

RAOUL

Je t'en sais gré.

LE COMTE*

Allons! je vais essayer! (n se dirige ters la porte à droite, et, près de sortir, il répète encore:] Je vals eSSayer! (n sort.)

* Raonl, le comte.

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