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Le Castel Béranger

-B’;4s PLiRHS, DESSINS D’ ARCHITECTURE ET DE DÉCORATIOH (Seulptures, Ferronnerie, IMosaïques.

Vitraux, Cheminées, Papiers Peints, Tentures, Revêtements, Grès, Faïences, Ameublements d’intérieurs, Bronzes, ete.) Rüi forment 1 ensemble

du “ CASTELl BÉRAHGER ” ont été eomposés par HeetOP GUitnaPd, et sont sa propriété.

AliTJWEYER. — JWaçonnerie.

BAIiET. — Serrurerie et pepponnepie.

JWÜQÜET. — Charpente.

UE COEÜH et Cip. — JWenuiserie.

SEÜRAT et DESCfiAJWPS. — Couverture.

Soeiété des Chéneaux et Tuyaux en fonte, système BIGOT -REVAUX, GEORGES GIRARD, Administpateur-Dipeeteur. — Chéneaux.

CpHTEIlttltl et GUIEEET. — Peinture et Péeopation.

flÉJ^AÜLiT. — JWarbrerie.

(Pap suite du déeès de JW. Rénault, les eheminées en mapbre sont exécutées pap JW. JWAYBOHL)

GAiiLll. — pumisterie.

•L’ exécution des principaux modèles a été confiée à 4VNYI.

JANSOflIÉ et SEGÜIJSL — Canalisation.

y OIIiLiAÜ JW E . — Cappelages eépamiques.

CJ-i. JWAGJ'IE. — ÉleetPieité.

d.-JW. JOJWAIJ4. — Pepsiennes en fep.

LiACOllR. — Jalousies en fep.

RIJ4GEE DTIlGZHCft et RflPfiH[lEE, — EXéeution des modèles de seulptupe.

G. UAUREJSlT. — Staff.

G. JSlÉRET. — VitPauX.

UAJ'iTmiiOJSl et C'*. — Panneaux « Fibroeortehoïna ».

DE SJWET. — JWosaïque.

DÜREJ'iJSlE. — Fonte.

GIEHRDOflI FIES, H, BRHÜET et C”. — Terre cuite et briques émaillées.

A. BIGOT et Ci9. — Gpès flammé.

E, GILiUET. — üatfe émaillée.

C'e LklJ'lCRUSTA WAUTOJ* FRANÇAISE. — hambpis des salles à manger.

SCfHJBERT. — Cordolova.

UE JWARDEUÉ. — Papiers Peints.

GÜEJ'iJ'iE et GmQÜIJ*. — JWiPoiteFie.

H- et U. FOJ'iTAIJSLE. — Quineaillepie.

SAÜZIJ'l. — Boutons eépamiques.

JOEEY FIES et H. SHUVHGE. — Étoffes de tentures.

HOJ'iORÉ FRÈRES. — Tapis.

R. COTTIJ^. — Bronzes d’art et d’ameublement.

E. RÉZHFIIER. ~ Tapissier,

iriTÇODUCTIOfi

Près la gare de Passy, au n° 16 de la rue Lia Fontaine, à l’angle du H^raeau Béranger, un immeuble de rapport, à plusieurs corps de bâtiment, dénommé le GASTELt BÉ^Al'iGEf^, force aussi bien l’attention qu’il éveille la curiosité, par son allure imprévue.

Gertains prétendent se trouver en présence d’un « Style français contemporain » ; pour tous, il est certain qu’il y a lâ plus qu’une nouveauté.

Il est malaisé de définir l’impression que l’on éprouve, mais, plus on examine cette JVIaison, plus on s’y attache.

Si, soi-mème, on parcourt les dédales du raisonnement, on est obligé de percevoir, dans la masse que l’on a sous les yeux, la traduction d’une pensée bien mûrie, l’affirmation de principes très arrêtés et la conception de l’Art Architectural comme de la Décoration, sous un aspect quelque peu révolutionnaire.

Lies Critiques d’Art ont une superbe occasion d’exercer leurs plumes autorisées en décrivant le caractère de cette oeuvre, les côtés artistiques ou les défaillances et en déterminant la portée

de l’idée directrice ainsi que son influence sur les conventions usuelles.

Quel que soit leur verdict, ils ne pourront méconnaître une somme de travail considérable, un effort tangible et une prodigalité d’imagination auxquels ils rendront hommage.

En tout cas, ils rencontreront un champ de recherches infinies et comprendront très bien que l’auteur a voulu livrer une grande bataille, sans crainte d’affirmer crânement ses convictions.

Lies Sociétés d’Arehiteetes inscriront assurément, dans le programme de leurs Congrès annuels, une visite â cette JWaison, car il s’y trouve une unité de sentiment si caractéristique que l’examen d’ensemble peut seul en traduire l’harmonie.

Est-ce â dire que l’oeuvre est irréprochable? — 11 ne nous appartient pas de nous prononcer ; nous estimons qu’il faut en dégager surtout l’idée créatrice et les principes affirmés par Hector Guimard. Dans l’application, elle est déjà loin de l’état embryonnaire : elle demande seulement à être parachevée.

HSlT^ODÜCTIOISl,

Avant de connaître les appréciations de nos JVIaîtres en Architecture, avant d’entendre les controverses auxquelles ils se livreront aux points de vue de l’Art, du Style et des Écoles, ne vous semble-t-il pas intéressant de suivre d’ores et déjà les impressions du bon public, de ce publie qui, avec son intuition particulière, rend la justice exacte même sans qu’on l’y convie.

Il vous dira que la façade sur rue est très mouvementée; que l’Architecte y a donné une note ingénieuse et agréable, en créant trois façades distinctes là où, d’ordinaire, on n’en perçoit qu’une; que le prospect sur les cours est des plus réussis et que les intérieurs, tout en variant peu comme distribution, ont une telle différence de disposition que chaque locataire sans quitter l’immeuble peut, en changeant d’appartement, goûter des sensations nouvelles.

Inattention est à peine attirée sur un point qu’elle est détournée sur un autre, tant les détails sont innombrables et les courbes variées.

On est en face d’une série de contrastes d’où ressort une idée directrice, celle de tout accuser franchement, de se soustraire à la ligne droite trop prolongée et à la voiler ailleurs, tout en la laissant soupçonner. Des nécessités mêmes de la construction, l’Architecte a tiré le parti le plus heureux.

Lia variété et la tonalité des matériaux imprègnent la vue d’un sentiment de douceur en même temps qu’elles déterminent une mobilité étrange dans toute une gamme de coloris.

Tels ces oiseaux exotiques au plumage si chatoyant et si chaud de nuances que, par imagination, l’on suit fiévreusement sautillant de branche en branche, se montrant, se dissimulant, traversant rapidement les rayons du soleil, frôlant capricieusement les feuilles et distribuant sans compter l’ombre et les demiteintes.

JVIais l’esthétique, à notre époque, tient une bien petite place.

jSle sommes-nous pas à une fin de siècle entièrement vouée à la diffusion par le bon marché? lie côté pratique de toutes choses doit être avant tout envisagé et c’est justement parce que l’esprit trop pratique caractérise celui du siècle qu’il faut féliciter, avant tout et sans réserves, ce Propriétaire, ayant eu pleine confiance en son Architecte, lui ayant laissé carte blanche et n’ayant pas craint d’exposer hardiment ses capitaux en les mettant au service d’une tentative dont le succès pouvait être problématique. Lie fait est assez rare pour que ce Client reçoive les plus vives félicitations. Il a facilité une manifestation d'art; il a droit à des égards exceptionnels.

JVIais un esprit attentif et expérimenté constatera que sa hardiesse n’a pas été vaine; l’effort a été pleinement couronné de succès. En effet, l’intérêt du capital engagé dans cette construction est rémunérateur, car les 36 appartements dont se compose l’immeuble sont loués et, malgré leurs prix de location extrêmement modiques (de 700 à 1 500 francs), ils assurent le revenu prévu par l’Architecte.

Lies Entrepreneurs eux-mêmes ont droit à quelque reconnaissance; ils se sont associés à une oeuvre qui sera pour eux la plus belle référence.

Quant à l’Architecte, son rôle a été considérable, car il a tout conçu et tout dirigé, depuis la maçonnerie et la sculpture jusqu’au moindre détail ornemental de l’aménagement des appartements.

Combien se lanceront dans la voie ouverte? Combien s’assimileront assez profondément les préceptes de cette École nouvelle pour oublier les fatales nécessités de la vie, chaque jour plus criantes?

JVIalgré tout, la phase de transformation qui est indiquée avec autant d’originalité que de puissance par HECTOR GUUVIA^D ne saurait être que profitable.

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