Le castorisme [microforme]
Le parti conservateur a toujours puisé sa force dans l'union, la bonne entente et la discipline. Dans les grandes luttes de Cartier contre le rougisme, dans le Bas-Canada, et contre Brown et les grits, dans le Haut, le parti n’a triomphé que par sa cohésion, son inébranlable union. A cette époque, qui constitue les plus beaux jours du parti conservateur, on savait mettre de côté les préférences individuelles, les intérêts personnels, pour ne voir en tout et partout que le triomphe du parti ou de son programme. Le clergé, qui ne peut pas être libéral, n'ayant à choisir qu'entre deux partis bien tranchés, était en masse solide conservateur et nous donnait comme appoint une influence énorme, qui nous permettait de tenir nos adversaires dans une impuissance complète.
Jamais parti politique, plus fort et plus invincible, n’a existé dans ce pays ni ailleurs.
Le parti conservateur, dans la province de Québec, possède-t-il encore cette force et cette invincibilité ?
Poser la question, c’est la résoudre.
Les faits sont là pour répondre. Nous avons perdu le pouvoir en 1878, nous l’avons perdu en 1886 et sans les excès du régime Mercier, nous serions encore dans l’opposition pour vingt ans.
Quelle est la cause de ces échecs ?
Nous avons reconquis le pouvoir, nous avons une majorité écrasante dans la législature de Québec ; cependant, il existe dans le parti un malaise qui annonce la décadence et nous conduira encore promptement à la ruine, si nous ne prenons pas, sans tarder un instant, les moyens de remédier au mal.
Quelle est la cause de ce malaise ? quelle est l’origine de cette décadence ?
Voilà autant de questions que se posent tous les vrais conservateurs, tous les hommes sincèrement dévoués au bien du part: et du pays.
Il faut donner sans retard une solution pratique à ces graves questions: c’est précisément le but de cet opuscule, redigé par des hommes qui n’ont jamais. abandonné le drapeau, et adressé à ceux qui s'intéressent sincèrement à J’avenir du vrai parti conservateur.