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Qu'est-ce que l'homicide ? M'est- il jamais permis

L'homicide est le meurtre volontaire et injuste commis contre la personne du prochain. Il prend le nom de parricide, fratricide, infanticide, régicide, selon que la personne assassinée est un père, un frère, un enfant, un roi.

L'homicide est un crime horrible, formellement défendu : « Vous ne tuerez pas » (Deut.,'xxv); un attentat contre le souverain domaine de Dieu; une injustice envers celui qu'on tue, envers sa famille et envers la société. Aussi les lois humaines punissent généralement de mort les meurtriers, et l'Église les déclare excommuniés.

On est coupable d’homicide, — non de fait, mais de volonté, — quand on en a le désir et qu'on tente de tuer, bien qu'on ne réussisse pas.

L'homicide par imprudence n'est pas absolument imputable; cependant il peut être une faute plus ou moins grave, selon le degré de l’imprudence commise.

L'homicide est permis en trois circonstances :

1° C'est le droit de la société de se débarrasser des criminels, et il est permis aux exécuteurs d'appliquer la peine de mort, quand elle a été prononcée par la justice.

2° Le droit de la guerre autorise les belligérants à blesser ou à tuer les ennemis, quand la guerre est juste et légitimement déclarée.

3° Le droit de légitime défense permet, — si on ne peut s’en débarrasser autrement, — de tuer un injuste agresseur qui attente à notre vie.

593. — Qu'est-ce que le duel, et comment doit-on l’apprécier ?

Le duel est un combat entre deux personnes qui, devant des témoins désignés, en viennent aux mains

avec danger de perdre la vie ou d’être blessés, après avoir concerté le lieu et l'heure de la rencontre ; ainsi

DES COMMANDEMENYS DE DIEU | 189 É que la mauière de se battre. — Le duel est sévèrement … défendu : | … 1° Par le droit naturel. — Fn etïet. aucun homme > n'a de droit sur sa vie et sur ses membres, non plus - que sur la vie et les membres du prochain. = - 2 Par le droit divin. — La loi, qui interdit l’homi- - cide, défend tout aussi bien de s’exposer à perdre la. - rie et d’attenter à celle d'autrui. Cette faute est d’au- - tant plus grave qu'on s'expose et qu'on expose l'adversaire à mourir dans l'acte même du péché inortel et à mériter l'Enfer. ; 3° Par le droit ecclésiastique. — En effet, lÉgliss Joint sa défense à celle de Dieu ; elle frappe d’excom- -munication les acteurs et les témoins, et les prive de la « sépulture chrétienne s’ils meurent sans avoir fait péni- . tence. = C'est une erreur de croire que les chefs militaires ont le droit d'imposer ie duei à leurs subordonnés: * s'ils le font, c'est contre leur droit et contre la loi, et ce serait le cas de répondre par la parole de l'Apôtre : - & Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. »

54.— N'y a-t-il pas encore d'autres défenses por- -tées par le cinquième commandement ?

» Bien que le précepte ne parle que de l'homicide, il

défend encore, avons-nous dit, tout ce qui en est le

principe et peut y conduire, et à plus forte raison les

coups, les blessures, la mutilation. Si les mauvais traitements exercés à l'égard du prochain sont graves en eux-mêmes ou dans leurs suites, la faute est mor-

telle, et elle entraîne le devoir de réparer tout le préjudice qui en résulte. — Si cette faute est commise à l'égard d’un prêtre ou de personnes consacrées à Die, il y a excommunication réservée au Pape.

Non seulement les mauvais traitements sont défendus, mais l'Évangile de Jésus-Christ, perfectionnant l'ancienne loi, qui permettait les représailles et autorisait la peine du talion, « œil pour œil, dent pour dent, »

va jusqu'à interdire toute haine, toute injure, toute parole et même toute pensée contre le prochain. «€ Et moi je vous dis, — déclare Notre-Seigneur, — que tout homme qui conçoit dans son cœur de la colère contre son prochain mérite que la justice de Dieu le juge; que s’il dit à son frère : Raca (c'est-à-dire une parole d'impatience ou de mépris), il mérite d’être puni, et s’il le traite de fou, il ne mérite pas moins que l'Enfer. » (S. Matth., v, 22.)

CONCLUSION PRATIQUE

Le préservatif de tous les péchés contre le cinquième commandement, c'est la charilé: la charité envers Dieu nous prémunit contre le désespoir ét nous inspire la résignation; la charité envers le prochain nous fait oublier et pardonner, elle éloigne de notre cœur tout sentiment de haine et tout désir de vengeance. # Quand la charité est dans un cœur, elle le domine, elle dompte les impaliences, les vivacités, les premières émotions de la colère ; elle pousse un saint Jean Gualbert, non à se venger, mais à se jeter dans,les bras du meurtrier de son frère ; un saint François de Sales à écouter tranquillememt les injures et à répliquer : « Je vous aime encore comme mon frère. » L'apôtre saint Jean a donc raison de conclure : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et pour lui il n'y a pas de sujet de chute. » (IS. Jean, x, 10.)

$ II. — Atteintes contre la vie spirituelle du prochain par le scandale.

Le scandale : diverses espèces. — Appréciation théologique. — Scandales graves et fréquents.

DD. — Qu'est-ce que le scandale ?

Le scandale est une parole ou une action qui porte le prochain à offenser Dieu, et expose ainsi à donner la mort à son âme.

Le scandale est direct, quand on a l'intention de porter le prochain au péché : ce qui a lieu quand on enseigne le mal, quand on commande ou qu'on conseille de le commettre, quand on en facilite l'accom-

plissement. Dans ces cas, le péché de scandale est évidemment plus grave.

DES COMMANDEMENTS DE DIEU 194 » Ilest indirect, quand on n'a pas l'intention de faire . tomber le prochain dans le péché, mais qu'on fait hnéanmoins ce qui est de nature. à donner le mauvais “exemple. C'est le cas de ceûx qui, publiquement, blas- . phèment , transgressent les lois de Dieu et de l’Église, * mènent une conduite irrégulière.

Le scandale peut être donné, et non reçu, quand d'une part quelqu'un donne de mauvais exemples ou de mauvais Conseils, sans que pourtant ces conseils et ces exemples produisent de mauvais fruits. Il est reçu, quoique r0n donné, quand le prochain prend occasion de mal faire d’une chose qui cependant n'était pas mau- - vaise en soi. C’est ainsi que les Pharisiens se scanda- “lisaient des meilleures actions de Notre-Seigneur : c’est - pourquoi ce genre de scandale est appelé pharisaique.

- 56. — Que faut-il penser du péché de scan- . dale?

Le scandale vraiment donné, qu'il soit directement » ou indirectement voulu, est une faute qui ajoute une - nouvelle mälice au péché que l’on commet, et il cons- - titue une circonstance qu'il est est nécessaire de déclabdrer en confession, lorsqu'il a pu avoir pour résultat » de faire tomber le ‘prochain dans un péché mortel. - La gravité du péché de scandale consiste : 1° en ce » que le pécheur scandaleux travaille, avec le démon, à perdre des âmes que J ésus-Christ est venu sauver et . racheter de son sang. Or, s’il est criminel d'enlever à son prochain la de du corps, combien plus grave est . Je crime de perdre son âme ! — 2° Elle:vient de ce que : le mal produit par le scandale est souvent irréparable. Le prochaih, scandalisé, a pu communiquer à son tour, à d’autres victimes, le mal qui lui avait été transmis. Et qui dira le nombre infini de péchés dont un premier scandale a pu être la cause? Et où porter le remède ? Ce sont ces graves considérations qui faisaient dire à Notre-Seigneur, dans son Évangile : « Malheur à celui par qui le scandale arrive! Il aurait mieux valu pour

lui qu'on lui mit au cou une meule de moulin, et qu'on le précipitât dans la mer! »(S. Matth., xvnt, 7.)

57. — Donnez lee exemples des scandales plus graves et plus fréquents.

Nous devons considérer comme gravement coupables de scandale :

1° Ceux qui affichent l'impiété et en donnent le triste exemple , travaillant à éteindre la foi dans les âmes et le sentiment religieux dans les cœurs.

2° Ceux qui publient, composent, vendent des livres ou des journaux traitant de sujets immoraux ou impies.

3° Ceux qui composent des pièces de théâtre contre la religson ou les mœurs, et ceux qui les exécutent.

4° Ceux qui font ou qui exposent des statues, des peintures ou des dessins immodestes.

5° Ceux qui affichent la dépravation et blessent les lois de la décence dans leur mise et dans leur tenue.

Ce ne serait pas assez d'accuser de tels scandales en confession : il faut les réparer, et, si le mal a été public et considérable, la réparation ou la rétractation doit

être elle-même publique et solennelle.

CONCLUSION PRATIQUE

1° Relativement au scandale reçu, la charité chrétienne nous fait un devoir d'interpréter avec indulgence les paroles ou les actes qui pourraient y donner lieu ; la vigilance nous commande d'en écarter de notre esprit et de notre cœur les mauvais effets, et la générosité doit nous faire mettre en pratique le conseil du divin Maître : « Si votre œil, votre pied, votre main, — c'’està-dire ce que vous avez de plus cher au monde, — vous scandalise, arrachez-le et jetez-le loin de vous. » (S. Matth., xvinr, 8.)

29 Relativement au scandale donné : ne jamais dire une parole ui faire un acte qui soit une occasion de scandale et de chute; omeltre même ce qui pourrait nous sembler bon, mais n’est point commandé, du moment où nous prévoyons que nous pourrions scandaliser les faibles ; réparer nos scandales de paroles par de meilleurs conseils, et nos scandales d'actions par de meilleurs 2xemples.

« Seigneur, répétait le saint roi David, purifiez-moi de mes péchés secrels, et épargnez à votre serviteur le châtiment des péchés d'autrui, dont il aurait été cause. ». (Ps. xvur, 13.)

VIe ET IX° COMMANDEMENTS

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