Donnez les principales preuves de l'existence de Dieu
Parmi les preuves de l'existence de Dieu, nous en rappellerons quatre principales, qui sont à la portée de toutes les intelligences : 4° la révélation ; 2 le témoignage de la raison; 3° le témoignage de tous les peuples, et 4° celui du sens intime ou de la conscience.
4e La révélation. = D'abord nous croyons en Dieu | parce qu'il s’est révélé, c'est-à-dire qu’il s'est lui-même fait connaître. « Au commencement, dit l'historien sacré, Dieu créa le ciel et la terre. » S'il crée, donc il PE — Puis il s’est manifesté à Adam, à Noé, à
Abraham, aux patriarches, à Moïse. Et quand celui-ci . demande à Dieu comment et sous quel nom il devra le
faire connaître à Pharaon : « Je suis, dit-il, celui qui est. » — Plus tard, sur le mont Sinaï, le Seigneur se manifeste et dit à son peuple : « Je suis Jéhovah, le Seigneur : vous n LE pans pas de dieux étrangers : je suis le Dieu puissant...
Enfin, Dieu s’est Lt révélé et fait connaître au monde dans son Fils unique, Jésus-Christ, € en sorte que, dit saint Jean, nous avons vu sa gloire..., etil
s’est fait chair et il a habité parmi nous. » .
Dieu se révélant lui-même : voilà le premier et irré-
cusable témoignage de son existence.
ÿ AE Témoignage de la raison. — La raison nous dit
qu'il n'y à pas d'effet sans cause. Si nous voyons une
maison, un tableau, une statue, nous concluons qu'il
yaun maçon, un peintre, un sculpteur qui a fait cette
œuvre. Or nous avons sous nos yeux le spectacle du ciel, de la terre, de tout ce qui existe ; il faut bien que tout cela ait une cause : ce n’est pas l'homme, done “c'est Dieu.
En vain croirions-nous trouver la cause des êtres actuels en d’autres êtres qui les ont produfts : il faut bien arriver à une cause première et nécessaire, dre est Dieu.
La raison nous dit encore que plus une œuvre est Houte plus la cause est parfaite... Or le spectacle du monde, le ciel avec son immensité et ses millions d astres, la terre avec toutes ses merveilles, prouvent . un Être ‘infiniment intelligent et souverainemient puissant. C’est lui que nous appelons Dieu.
3° Le témoignage de tous les peuples. — C'est un fait que dans tous les ferips et dans tous les pays, les
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peuples barbares ou civilisés, anciens ou modernes, ont toujours cru à l'existence de’ Dieu. Ce qui le prouve, ce sont les temples, les autels, les sacrifices, les adorations, qu'on rencontre partout dans l'antiquité, chez les Juifs, les Grecs, les Romains, les Assyriens, les Perses, les Égyptiens, ete., et aujourd’ hui encore chez les Chmois les Indiens, le Américains, les Océaniens, les sauvages du centre de l'Afrique, etc., comme l'attestent les récits des missionnaires et des voyageurs. Cette croyance, — étant universelle, — ne peut venir de l'erreur : elle atteste donc la vérité.
4° Enfin, le sens intime et la conscience nous font connaître l'existence de Dieu. Instinctivement, dans le calme et surtout dans la peine, nous nous écrions : « Mon Dieu! » C’est le cri du cœur et de la nature. C'est encore cette conviction qui se révèle dans la voix de la conscience, qui nous fait connaître à l’avance le bien et le mal, nous reprend et nous punit si nous faisons mal, nous encourage et nous félicite si nous faisons bien, et nous dit que nous serons punis ou récompensés selon ce que nous aurons fait. Cette voix qui nous instruit, ce témoin qui nous juge, ce n’est pas nous-même, mais Dieu dont notre âme a besoin.
C’est ainsi que l’existence de Dieu nous apparaît comme une vérité tellement claire et tellement certaine, qu'il faut être insensé pour refuser d’y croire. Cependant il est des hommes qui se disent athées, et prétendent que Dieu n'existe pas. Souvent ils s’abusent eux-mêmes et leur cœur dément leurs paroles, comme leurs actes contredisent leurs théories : car on les voit, dans le péril et dâns la douleur, se recommander à Dieu. D'ailleurs, ils ont beau nier Dieu, ils sont absolument incapables d'apporter une raison solide contre nos preuves, et ils ne peuvent, de leur côté, apporter une seule preuve en faveur de leur athéisme.
CONCLUSION PRATIQUE
Un Arabe disait : « Je suis assuré qu'il y a un Dieu de la même
façon que je reconnais, par les traces marquées sur le sable, s'il a passé un homme ou une bête. » En voyant l'univers, il êsé impossible de ne pas s'écrier: « Dieu a passé par là! » Le savant Linnée proclamait que partout il rencontrait Dieu dans ses œuvres. Newton s'inclinait chaque fois qu’il entendait prononcer le nom de Dieu. Voltaire, au spectacle de RDS du monde, disait : 1
Pour ma ae , plus j'y pense, et moins je puis songer Que cette horloge marche et n'ait poirt d'horloger,
Ne nous contentons point de tirer cette conclusion théorique; mais, ainsi que faisaient les saints, et en particulier saint François d'Assise et saint François de Sales, servons-nous de tous les êtres de la création pour nous élever à Dieu et pour lui chanter l'hymne perpétuel de notre reconnaissance.
$ II. — De Dieu : sa nature et ses perfections.
Dieu défini d'après sa nature. — Diverses perfections de Dieu : 1° perfections essentielles ; 2° attributs opératifs ; 3° attributs moraux.
A1. — Qu'est-ce que Dieu?
Diéu est un pur esprit, éternel, infiniment parfait, créateur du ciel et de la terre, et souverain maître de
toutes choses.
Telle est la définition exacte que, grâce à la révéla-
tion, nous pouvons donner de Dieu. Tandis que les
anciens philosophes, tout en reconnaissant l'existence de Dieu, ont erré sur la nature de cet Être suprême, nous savons, nous chrétiens, ce qu il est.
C’est un pur esprit, c'est-à-dire un Être invisible, bien que réel, qui est une intelligence vivante, n ayant .ni corps ni figure, et qu'on ne peut ni voir ni toucher. — Sa nature, € ‘est encore de n'avoir ni commence- ment ni fin, car il est éternel ; c'est aussi de réunir en
lui-même toutes les perfections dans un degré infini.
‘Puis, par rapport au monde et à nous, il est Créa-
teur, c'est-à-dire qu'il a fait de rien le ciel et la terre,
et tout ce qu'ils renferment ; et il en demeure le maitre L ; .
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absolu, c’est-à-dire qu LE gouverne tout et pourrait tout anéantir.
+ + none Faites connaître les principales perfections de Dieu.
Une perfection est une qualité qui rend meilleur celui qui la possède. En parlant de Dieu, nous disons qu'il est infiniment parfait, c'est-à-dire qu'il a toutes les perfections désirables et possibles, et qu'il les possède dans un degré infini, c’est-à- dire que ses Pere tions n’ont pas de bornes.
‘Toutefois ce serait se tromper que de croire que les perfections en Dieu, sont distinctes les unes des autres, ét conséquemment multiples. Non, Dieu a la souveraine perfection, l'infini, et c'est tout dire. Mais
notre esprit borné, lorsqu'il envisage Dieu, pour ainsi dire, dans le détail, découvre eñ lui des attributs ou perfections de divers genres.
Il y a des perfections qui constituent l'essence divine, et qui n’appartiennent qu à Dieü. Ce sont :
40 L'éternité. — Dieu étant l'Êtne nécessaire, la cause première, a toujours existé et existera toujours; puisqu'il existe par lui-même, il ne peut avoir ni commencement, ni succession, ni fin.
2 L'unité. — Il est également essentiel à la nature divine d'être unique, autrement Dieu ne serait plus l'Être suprême. La raison nous dit qu'un seul Dieu suffit pour tout expliquer, et que, l'infini ne pouvant avoir d'égal, plusieurs Dieux s’excluraient mutuellement.
.4° La simplicité. — Ge mot exprime l'exclusion de toutes les imperfections du composé et de la matière; c'est là ce que signifie l'expression : pur esprit. l
4 L'immutabilité. — C'est-à-dire que Dieu ne change pas, ne peut rien acquérir m1 rien perdre; il ne modifie pas ses prévisions ni ses volontés, et les variations qu'on lui prête ne sont que par rapport à nous.
5° L'’immensité. — Sans bornes dans la durée, Dieu
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+ ©) pu SYMBOLE DES APOTRES 27
est aussi sans terme dans l'étendue. Il est partout, au ciel, sur la terre, en tous lieux, non pas à la façon des corps, qui ont besoin d’une portion limitée de l’espace, mais à la façon des esprits et à peu près comme notre âme est tout entière et partout dans le corps qu’elle anime.
Il y a en Dieu d’autres perfections qu’on désigne sous le nom d’attributs opératifs et qui sont les principes de ses actes; il les possède dans le suprême degré, mais il en accorde à l’homme une certaine participa tion. Ce sont : 5
1° L'intelligence, qui prend en Dieu le nom de toute-
science ; par elle, Dieu voit tout ensemble : le passé, le
présent, l'avenir, et jusqu à nos plus secrètes pensées, et cela sans entraver le moins du monde notre liberté.
20 La volonté : c'est, en Dieu, une faculté librement active de faire ce qu’il dui plaît ; la volonté humaine en est l’image, mais avec cette différence qu'en Dieu l’infinie perfection veut vs la volonté n'agisse que pour le bien.
3° La A TR c'est-à-dire que Dieu a fait
et qu'il peut faire encore tout ce qu’il veut, sans efforts -et par sa seule volonté, en dehors de ce qui implique
péché ou contradiction.
Enfin, Dieu possède encore d’autres perfections que l'ôn appelle attributs moraux. Ce sont comme les
vertus de Dieu, que les créatures raisonnables doivent s’efforcer d’imiter. De cette catégorie sont :
1° La sagesse : c’est cette perfection morale en vertu
- de laquelle Dieu agit toujours pour des fins dignes de
Jui. :
2 La bonté : c'est cette propension qui porte Dieu à faire du bien à toutes ses créatures. — La bonté de Dieu est tellement manifeste, que nous nous sommes accoutumés à désigner Dieu par cet attribut, et nous disons : Le bon Dieu! Quand là volonté s'exerce vis-à-
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vis du pécheur, qu’elle veut sa conversion et tend à lui pardonner, elle devient la miséricorde. -
‘8° La sainteté : nous désignons par ce mot là ‘haïne infinie du mal. En réalité, Dieu est saint : car ilne peut aimer le péché, : ‘ilest, au contraire, l’auteur detoutes les vertus. La sainteté a pour conséquence la justice, qui consiste à punir le mal et à récompenser la vertu.
4 Enfin, la Providence : c'est une perfection qui résume la sagesse, la bonté et la sollicitude de Dieu dans le gouvernement du monde. En vertu de sa providence, Dieu (prend :soim de toutes ses créatures. Il gouverne le monde physique, le soleil, les astres, la terre , les saisons, l'Océan. fl veille en particulier sur Thomme, « ne permettant pas qu’un cheveu tombe de notre tête sans son ordre. » H gouverne pareïllement les peuples, et l'histoire de l'humanité f'est que le résultat de l'action de Dieu sur les empires, ainsi .que le montre admirablement Bossuet dans son livre de l'Histoire universelle. $
Quelques désordres apparents dans le monde physique ou dans le monde moral n’infirment pas le dogme de la Providence; ici-bas nous ne pouvons apprécier les’ raisons de Dieu: nous ne les comprendrons bien
que dans l'éternité.
-CONCLUSION PRATIQUE
« Seigneur, s'écrie le prophète David, vous avez de loin deviné mes pensées, vous avez prévu toutes mes voies.… Vous connaissez de moi l'ancien et le nouveau.
« Où pourrai-je fuir loïn de votre face ? Si je monte au ciel, vous y'êles ; sije descends dans l’abîime, vous y êles encore;et c'est votre droite qui me conduit.
« Voïci que les ténèbres n'ont point d'obscurité pour vous, et la nuit vous apparaît lumineuse comme le jour.
«Rien n'est caché pour vous ,:et vos yeux voient mes imperfections.
« Tous auront leur vie écrite dans le livre de vos jugements. » (Ps. Cxxx VIN 9:)
« Comment donc pourrais-je faire le mal, disaït le ‘patriarche Joseph, et pécher à la ace de rion Dieu ? » (Gen., xxxix, 9.)