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Racontez l'institution de l'Eucharistie

C'était le Jeudi saint, veille de sa mort; Notre-Seigneur, vers la fin du jour, avait célébré avec ses A pôtres,

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dans le Cénacle, la Pâque prescrite par Moïse, etmangé

avec eux l'agneau pascal. Sur la fin du repas, il se leva de table, se ceignit d'un linge, se fit apporter de l’eau dans un bassin, et il lava les pieds de ses Apôtres, pour leur donner une lecon de pureté, d'humilité, d’obéissance et de charité. Puis il se remit à table, prit du pain, le bénit, le rompit et le distribua à ses Apôtres, en disant : € Prenez et mangez, ceci est mon corps. » Prenant ensüite le calice où était Le vin, il le bénit et le leur donna de même, en disant : &« Prenez et buvez-en tous : ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui sera répandu pour la rémission des péchés. » — Il ajouta : « Faites ceci en mémoire de moi. » (S. Matthieu, xxvr, 26-28; S. Mürce, xiv, 22-24; S. Luc, xxn, 19-20.) Par ces dernières paroles, Notre-Seigneur conféra à ses Apôtres et à leurs successeurs, jusqu’à la fin du monde, le pouvoir de faire ce qu'il venait d'accomplir Iui-même.

. Or il avait changé le pain en son corps, et le vin en

son sang. L'Eucharistie était dès lors instituée comme

. sacrifice, comme sacrement et comme signe de sa

présence jusqu’à la consommation des siècles.

SO. — Quelles sont les vérités dogmatiques enseignées par l’Église, relativement à la sainte Eucharistie ?

Deux grandes vérités dogmatiques découlent des paroles jque nous venons de rapporter, ét sont enseignées par l'Eglise comme des vérités de foi, que tous lés catholiques doivent croire sous peine d'hérésie et d’anathème : la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, et la transsubstantiation, c'est-à-dire le changement absolu et complet du pain et du vin au corps et au sang de Notre-Seigneur.

1° En vertu des paroles de la Consécration, prononcées par le prêtre, suivant la volonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur l’hostie-et sur le calice, nous avons le corps, le sang, l’âmeet la divinité du Sauveur, c’est-àdire que sa personne divine, revêtue de notrehumanité,

devient véritablement présente : c’est là ce qu’on appelle le mystère de la présence réelle. 5

2 Mais cette présence se substitue complètement au pain et au vin, de telle sorte qu'il ne reste plus de ceuxci que des espèces ou apparences, mais non leur réalité. En leur place sont substantiellement le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Christ, et ce changement s'appelle transsubstantiation, ce qui veut dire changement d'une substance en une autre substance.

Mais comme Jésus-Christ est maintenant ressuscité, glorieux, immortel et impassible, son corps et son sang. participent à ce glorieux état; et des dogmes de la présence réelle et de la transubstantiation découlent, comme conséquences, ces autres vérités dogmatiques :

4° Jésus-Christ est‘tout entier, avec sa chair et son sang , soûs l'espèce du pain, tout entier également sous l'espèce du vin.

2° Si l’on partage en plusieurs fragments l’'hostie consacrée , si l'on divise en plusieurs parts le vin consacré du calice, le corps de Jésus-Christ n’est point partagé ni divisé, mais il reste tout entier présent sous chaque partie de l’hostie, tout entier sous chaque goutte du précieux sang, et-cela tant que les parcelles de l’hostie ou les gouttes du vin consacré demeurent perceptibles.

C’est ainsi que notre âme est tout entière dans notre corps et dans chacun de nos membres ; c’est ainsi qu'une lumière se reflète dans une glace et dans chacun des fragments de cette glace, si on la brise.

3° Jésus-Christ est présent tout à la fois au Ciel et dans la sainte Eucharistie, à autant d’endroits qu'il y a d’autels où il s’immole, de tabernacles où l’on conserve des saintes hosties consacrées. Ce n’est pas le corps de Jésus-Christ qui se multiplie, mais sa présence ; de même que le soleil, sans se multiplier, fait cependant pénétrer sa lumière et sa chaleur sur tous les points du globe, avec cette différence, quela présence de Jésus-Christ estréelle.

4° Jésus-Christ reste présent sous les saintes espèces consacrées jusqu'à ce qu’elles soient altérées au point

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de m'avoir plus apparence du pain ou du. vin, par conséquent jusqu'à ce qu'elles aient été données en communion aux fidèles et dénaturées par la digestion, ou bien sensiblement altérées par le temps, l'humidité ou quelque accrdent.

… 5° Enfin Jésus-Christ, vraiment où substantiellement présent dans la sante Eucharistie, peut et doit y être ‘adoré du même culte suprème de latrie que l’on rend à Dieu, car sa présence eucharistique est réelle : les na- * tures divine et humaine y subsistent, et sont dignes de -nos adorations. De là l'usage catholique d’adorer solen- “nellement le saint Sacrement dans les saluts, expositions, “prières de quarante heures, 'etc. ; de là aussi la pratique de la visite au saint Sacrement, pour y rendre nos > devoirs à Jésus-Christ et solliciter ses grâces.

SA.— Sur quelles preuves s'appuie notre foi ca- . tholique à l'Eucharistie? 7 Lies fondements de notre foi catholique à l'Eucha- » ristie sont multiples, autant que solides-et Inébranlables. Nous en rappellerons trois principaux : les paroles de Jésus-Christ; 2 l'enseignement traditionnel de l'Église, et 3° l'autorité du miracle.

* I. Paroles de Jésus-Christ. — En deux circonstances mémorables, Notre-Seigneur a parlé très clairement de la sainte Eucharistie : quand il en a fait la promesse, et quand il en à réalisé l'institution.

4° Paroles de la promesse. — C'était l’année qui pré | céda sa mort : Notre-Seigneur venait de multiplier, dans le désert, cinq pains d'une manière si prodigieuse, qu'il en avait nourri cinq mille hommes. La fête de la Pâque était proche. Profitant de cette double circonstance, le Sauveur dit à la multitude qui le suivait : « Je suis le pain vivant descendu du Ciel : celui qui mangera de ce pain vivra éternellement... Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang . aura la vie éternelle. » (S. Jean, vi, 48 et suiv.)

Les Juifs eurent beau murmurer et s'éloigner, Notre- Seigneur maintint ses affirmations et félicita ses Apôtres de ne point se laisser intimider par ce langage qui pou.

vait paraître étrange.

2% Les paroles de l'institution. — Nous les avons déjà rappelées : « Ceci est mon corps... Ceci est mon sang. » (S. Matth., xxvr, 26.) Or Notre-Seigneur pouvait accomplir cette merveille par sa toute-puissance. N’avait-il pas, à Cana, changé l’eau en vin; dans le désert, multiplié cinq pains au point de nourrir cinq ” mille hommes ?.… Ce prodige que pouvait opérer Jésus- Christ, il l’a fait, puisque Lui, la vérité même, il l’af-

firme : « Ceci est mon corps... Ceci est mon sang. » Et en ajoutant : € Faites ceci en mémoire de moi, » il a ‘manifestement voulu que la même merveille se perpétuât par le ministère des A pôtres et de leurs successeurs. IL. Enseignement traditionnel de l Église. — Il n’a jamais varié dans cette Église, qui est la colonne et le fondement de la vérité. Saint Paul écrivait aux Corinthiens: « J'ai recu du Seigneur l’enseignement que Je vous ai transmis, à savoir : que, dans la nuit même où il devait être livré, le Seigneur Jésus prit le pain, le bénit, etc. » Et après avoir raconté l'institution de l'Eucharistie, l'Apôtre en déduit cette conclusion : « Celui qui mange indignement de ce pain et boit indignement au calice du So nede est coupable du corps et du sang de Jésus- Christ. » (I Cor., x1, 23-29.) Depuis lors les docteurs de tous les siècles, la tradition constante et universelle de l'Église, les enseigne- * ments de tous les conciles, ont professé la même foi. Tous les monuments des siècles chrétiens : catacombes, églises , autels, sculptures ou peintures primitives, tout se réunit pour attester la même croyance que saint Thomas d'Aquin a si bien rendue dans le Lauda Sion, et que le concile de Trente a formulée avec tant de précision contre les erreurs protestantes. (Sess. XIIL.) 3° L'autorité du miracle. — Combien de fois, à travers les siècles, Dieu n’a-t-ii point parlé en faveur du

dogme eucharistique !: Apparitions visibles de Jésus dans hote. ; profanateurs punis, hosties sanglantes, Eucharistie conservée dans les flammes, etc., sans parler de ce miracle, encore plus certain, dans V ordre moral : la vertu conservée, l’héroïsme devenu vulgaire, la charité et la sainteté pratiquées avec éclat dans une nature faible, et au milieu d’un monde dévoré par l’égoïsme et les passions.

Le dogme eucharistique est donc l’une des vérités les mieux établies, et qui ne peut laisser aucun doute dans l'esprit de quiconque étudie de bonne foi la religion de Jésus-Christ.

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