Quels effets produit en nous la sainte Gommunion
Les effets de la sainte Communion nous sont indiqués par ces paroles de Notre-Seigneur, dans la promesse de l'Eucharistie : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Celui qui
2, PRÉ 370 TROISIÈME PARTIE me mange aura la vie à cause de moi, et il vivra éternellement. » (S. Jean, vi, 57-59.) De ces paroles il résukte que l'Eucharistie a pour effets :
+ 1° De nourrir et de fortifier l'âme, comme le pain et le vin nourrissent et fortifient le corps, en sorte qu elle \ produit une augmentation de vie surnaturelle ou de grâce citant, | 90 De nous unir étroitement à Jésus-Christ: CIlesten . nous, et nous sommes en lui. » C'était le but de la création de nous unir à Dieu par la charité. Le péché avait brisé cette union; Notre-Seigneur l’a établie par l’Incarnation et la Rédemption ; mais c'est par la Communion que nous sommes personnellement unis à Jésus-Christ et à Dieu; réalisant la parole de $S. Pierre « nous par- UE à la nature divine ». (ITS. Pierre, 1, 4.) C'était le rêve de toutes les religions. Dans le catholicisme et grâce à l’Eucharistie, ce rêve devient une réalité. 3° En venant à nous, Jésus-Christ nous apporte la sainteté dont il ést la source. [1 nous communique un principe de dignité et de grandeur; il élève nos pensées, échauffe notre cœur, et nous donne son secours et sa force pour corriger nos défauts et nous élever aux plus hautes vertus, On comprend dès lors les avantages de la Communion plus fréquente, que le saint concile de Trente appelle « l’antidote des fautes vénielles et le préservatif des péchés mortels ».
4 Enfin, principe de la vie surnaturelle et sainte, la Communion nous est un gage de la vie éternelle et de - la résurrection glorieuse. C’est Jésus-Christ qui l’enseigne positivement : & Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » (S. Jean, vi, 55.)
CONCLUSION PRATIQUE
Jésus-Christ l'affirme par serment : « En vérité, en vérité, je vous le dis... » il faut recevoir la sainte Eucharistie et s'en nourrir : autrement on ne vit pas, on meurt. -
« Ceux qui cherchent un prétexte ou une excuse pour se tenir
éloignés de l'usage fréquent dw Païn des Anges, ressemblent à
ces convives invilés dont parle la parabole de l'Évangile, et qui,
avec toutes leurs excuses, en apparence plausibles, s'attirent
néanmoins la colère du père de famille. » (Saint François de
Sales.)
, Lorsqu'un homme, pendant un cerlain temps, ne prend au-
cune nourriture, bientôt il devient faible et se trouve mal: ainsi
en est-il du chrélien privé de la force divine, parce qu'il refuse à
son âme la nourriture nécessaire à sa vie. N'est-ce point la cause trop fréquente du malaise et des dé:aillances de bien des âmes ?
Les Saints, au contraire, se sont tous montrés pieusement
avides de la sainte Communion : l'Eucharistie était leur vie, el
quand ils ne pouvaient la recevoir sacramentellement, ils y. suppléaient par la Communion spirituelle ou de désir.
8 IV. — Ministre, Sujet de l'Eucharistie. — Dispositions à la sainte Communion.
Ministre du sacrement de l'Eucharistie. — Sujet de ce Sacrement. —
Dispositions requises : 4° pour l'âme; 2° pour le corps. — Communion bonne, indigne, tiède. é
93. — Quel est le ministre dispensateur du sacrement de l’Eucharistie?
Le ministre ordinaire, dansla dispensation du sacrement de l'Eucharistie, est le prêtre dont les doigts sont consacrés par l'huile sainte pour toucher le corps adorable de Jésus-Christ. — Les diacres, dans la primitive - Église, étaient souvent chargés de distribuer la sainte Communion et de la porter aux absents. En cas de nécessité, le simple diacre, qui a déjà le pouvoir de toucher: l'hostie sainte, pourrait encore remplir cette fonction, parce qu'il est ministre extraordinaire de la dispensa- tioneucharistique. Un simple fidèle, dansun cas extrême, et pour soustraire l'Eucharistie à un péril de profanation, pourrait se donner à lui-même ou donner à d’autres les saintes hosties en communion : il serait alors ministre extraordinaire de la dispensation de l'Eucharistie.
94. — Quel est le sujet du sacrement de l'Eucharistie? , Tout chrétien baptisé peut recevoir validement le
sacrement del’Eucharistie. Si quelqu'un, non baptisé, recevait l’hostie consacrée, il recevrait l'Eucharistie matériellement, mais non sacramentellement, parce qu’i. en est incapable. — L'usage existait, dans la primitive Église, de donner la sainte Communion aux nouveaux baptisés, même aux tout petits enfants et à plus forte raison à l’âge où ils pouvaient déjà posséder quelque notion de la religion et de ses pratiques. Avec le temps, cette discipline s'était modifiée en certains paÿs comme en France, où dans les derniers siècles les enfants n’étaient généralement admis à la première Communion que vers l’âge de onze ans. Par décret du 8 août 1910, S. S. le Pape Pie X, précisant la doctrine des Conciles de Latran et de Trente, donne au précepte évangélique de là Communion son véritable sens et l’applique aux enfants parvenus à l’âge de discrétion. « L’âge de discrétion, dit le décret, aussi bien pour la Communion que pour la Confession, est celui où l'enfant commence à raisonner, c'est-à-dire vers sept ans, soit au-dessus, soit même au-dessous. Dès ce moment commence l’obligation de satisfaire au double précepte de la Confession et de la Communion. » Mêmes droits et mêmes obligations atteignent les enfants relativement au Viatique et à l'Extrême-Onction,
On ne donne pas la Communion aux indignes, c’està-dire aux pécheurs publics et scandaleux, ni à ceux qui n’ont pas l'usage de la raison.
Pour recevoir licitement et avec fruit la divine Eucharistie, il faut avoir les dispositions requises.
95. — Quelles sont les dispositions requises pour bien communier?
Parmi ces dispositions, il en est qui regardent l'âme, d'autres le corps.
L. Dispositions de l’âme.— La première et principale, c'est l'état de grâce, c'est-à-dire l'exemption de tout péché mortel. « Que l’homme. dit saint Paul, s’éprouve lui-
même,etnemangequ'avecdiscernementde cepain, et ne boive qu'avec précaution de ce vin : car celui qui mange indignement la chair ou boit indignement le sang -du Seigneur, mange et boit son propre jugement. » (I Cor., xt, 27-29.) ,
Il résulte de ces paroles que ce serait commettre une faute grave, appelée sacrilège, que d’aller communier si on se sent coupable de péché mortel. Lors même que l'on croirait avoir la contrition parfaite, il ne serait pas permis de s’approcher de Ia sainte Table avant d’avoir purifié sa conscience par une bonne confession et par l'absolution sacramentelle : ainsi le prescrit le concile de Trente. (Sess. XIII, vit, et can. 11.)
Cette règle n'admet que de très rares exceptions : par exemple, s’il y avait obligation de communier et que l'on manquât d’un confesseur ; ou bien, s’il ÿ avait lieu de soustraire la sainte Eucharistie à un péril ou à une profanation imminente, ou si, étant déjà à la sainte Table, on se rappelait un péché mortel involontairement oublié. Dans ces divers cas, il est nécessaire d'avoir la contrition parfaite.
20 Une autre disposition nécessaire, outre la pureté de conscience, c’est de se préparer à la sainte Communion par le recueillement de l'esprit, la dévotion du cœur, la foi, la confiance, l'amour envers Jésus-Christ, le regret de ses péchés.
II. Dispositions du corps. — La première et essentielle disposition du corps est d’être à jeun, c'est-à-dire de n'avoir, depuis minuit, absolument rien pris par manière de nourriture ou de boisson. Cette règle est fort ancienne dans l'Église, et elle est fondée sur le respect dû aù corps de Jésus-Christ, qu'il ne conviendrait pas de méler, dans notre estomac, à une nourriture vulgaire. Pour le même motif, il convient de ne pas manger ni boire immédiatement après la Communion : autant que possible, et à moins de raisons particulières, il est bon d'attendre au moins un quart d'heure. Il faut aussi, dans le même intervalle, s'abstenir de cracher, des la
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