Quel est le Sujet du sacrement de l'Ordre
Tout homme baptisé, en possession de sa raison et consentant à être ordonné, recevrait validement ce sacrement; mais, pour le recevoir licitement, il faut d'autres conditions que l'Église a pris soin de fixer.
Et d’abord, pour la validité, la première condition est d'être du sexe masculin. Les femmes ont toujours été réputées incapables de l'Ordre : leur condition dépendante ne leur permet pas d'exercer lautorité spirituelle sur une assemblée chrétienne. — Ensuite il faut être baptisé : le Baptème est nécessaire pour faire partie de la société des fidèles, et à r'us forte raison pour y exercer des pouvoirs..— Enfin, comme le sacrement de l'Ordre impose de nombreuses et graves obligations, il est nécessaire de les connäître et de les accepter sous peine de nullité.
445. — Quelles sont les conditions requises pour recevoir licitement le sacrement de l'Ordre?
Pour recevoir licitement le sacrement de l'Ordre, il faut, outre l’état de grâce nécessaire pour les sacrements des vivants, et spécialement pour l'exercice des fonctions saintes, en être. jugé digne. Or pour cela deux conditions principales sont requises : 1° avoir la vocation; 2° être exempt de toute irrégularité.
I. Avoir la vocation. — La vocation est un appel de Dieu, par fequel 1f destine chaque homme à tel ou tel état de vie, et lui prépare en conséquence les grâces nécessaires pour accomplir sa destinée et atteindre sa fin. Parlant de l'exercice du sacerdoce, saint Paul trace cette règle : « Nul ne s’attribue à soi-même cet hon-
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neur, mais il faut y être appelé de Dieu. (Hébr., v,4.) Les marques de cette vocation divine sont:
1° D'avorr mené une conduite pieuse et édifiante dans sa jeunesse.
90 De se sentir un attrait persévérant pour cet état : non pas pour les honneurs, la considération etles avantages qu’on peut y rencontrer, mais pour les fonctions et les devoirs qui y sont attachés, et surtout en vue de procurer la gloire de Dieu et le sälut des âmes.
3° De présenter les conditions de science et de vertu que l’Église exige de ses futursministres. C'est al'Évêque ou aux prêtres délégués pour cette œuvre dans les petits et les grands séminaires, qu'il appartient de juger si ces conditions sont remplies exactement. L’aspirant aux saints Ordres doit s’en rapporter à leur décision. Il commettrait une faute grave, source d’uneinfinité d’autres, s'il s'ingérait dans les Ordres sans vocation; et d'autre part, il serait grandement coupable et il compromettrait gravement son salut s’il déclinait l'honneur que Dieu lui fait et refusait les saints Ordres y étant appelé. Mais, en outre, pour répondre dignement à sa vocation, il doit se livrer avec ardeur à l'étude des sciences humaines et surtout divines, et progresser dans les vertus nécessaires au prêtre.
II. Être exempt d’irrégqularité. —Onnomme irréqularité tout empèchement canonique qui rendrait incapable dessaintsOrdres.Certains empêchementsrésultent de défauts naturels ou deconstitution : telsseraientl’état d'idiotisme, une difformité, une infirmité grave; — d'autres viennent du défaut d'âge, descience, de qualités requises. D’après les règles de l'Église, il faut avoir vingt et un ans accomplis pour recevoir le sous-diaconat, vingt-deux ans pour le diaconat, vingt-quatre ans pour la prêtrise, trente ans pour l’épiscopat; il faut aussi avoir satisfait aux épreuves et examens prescrits. D'autres irrégularités proviennent du défaut de naissance : on n'ordonne pas les fils illégitimes ; du défaut de liberté :
on n’accepterait pas les esclaves. L'Église, qui reçoit aux
* ‘ saints Ordres des hommes veufs, après un premier mariage, n’admet plus les veufs en secondes noces, et à plus forte raison céux qui sont-encore engagés dans le mariage. — Enfin certains crèmes qu devis : l'Eglise exclut les personnes frappées d’infamie juridique, les juges qui ont rendu une sentence de condamnation à mort, les personnes ayant fait métier de bourreau; l’effusion du sang humain, même dans la profession chirurgicalé ou dans le métier des armes, toute participation même légitime à une condamnation juridique à la peine de mort, constituent autant d'irrégularilés. Parmi ces incapacités, il en est dont les évêques et le souverafh Pontife peuvent dispenser; d’autres dont on ne dispense jamais.
#4G. — Quelles sont les principales cérémonics
usitées dans les ordinations 7
Les cérémonies usitées dans ies diverses ordinations sont fort iongues, très belles et très instructives. Déjà nous avons fait connaître celles qui sont essentielles à la matière et à la forme de chaque ordre en‘particulier; mais, de plus, chaque ordination est accompagnée de prières et d’allocutions qui en rappellent l'importance et ies devoirs.
L'Évèque peut conférer 1a tonsure hors de la Messe, partout et à toute heure : il coupe les cheveux à l’ordinand sur le front, au sommet de la tête et de chaque côté, pour indiquer 1e renoncement au monde, — et il le revêt du surplis, signe d’innocencé et de profession cléricale. “
Les Ordres mineurs peuvent être conférés en dehors de la Messe, les dimanches et fêtes, dans la matinée. Des prières, des exhortations , la présentation des objets ou instruments qui indiquent chacun des Ordres, forment
‘le cérémonial de ces diverses ordinations.
Les Ordres majeurs du sous-diaconat, du diaconat et de la prètrise ne peuvent être conférés qu'aux jours prescrits, sauf dispenses du souverain Pontife, et la
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cérémonie à lieu pendant la Messe, avant l'Évangile.
Aux sous-diacres l'Évêque adresse une graveadmonition, leur rappelant que l’engagement qu’ils vont prendre est irrévocable, et il leur dit d’approchers’ils persévèrent dans leur dessein, Ceux ci font un pas: dès lors ils appartiennent à Dicu pour toujours.
Après que ceux qui doivent être ordonnés diacres ca
prêtres se sontapprochés, tous, sur l'invitation de l’Archidiacre, tombent à genoux et sc prosternent, étendus sur le pavé du sanctuaire. Pendant qu'ils sont ains: anéantis devant Dieu, dans un état d'immclation et de
mort, l'Évêque et les assistants récitent pour eux les Litanies des saints, et par ‘rois fois l'Évôque se retourne pour les bénir, ïes sanfetifier et les consacrer. Tous se relèvent alors, #t ’Évêque procède à ! ’ordination des sous-diacres, puis des diacres.
-Gelle des prêtres, qui vient ensuite, est a plus solennelle. Dans un magnifique langage, l Évèque leur rappelle leur dignité et .eurs devoirs; il leur impose les mains, ainsi que nous l'avons dit, ies revêt des insignes sacerdotaux, l’étoie et :4 chasubie, qui n’est encore déployée qu'à demi; puis, au chant du Veni Creator, 1 leur consacre les mains avec huile sainte, leur fait toucher ie calice contenant au vin et ia patène couverte d’un pain d’autel, et ieur confère le pouvoir d'offrir le saint sacrifice.
> Dès lors ils sont prôtres, et, rangés autour de l'autel, ils offrent conjointement avec le Pontife ie sacrifice de la Messe, tous prononçant à haute voix, en même temps
. que lui, les prières liturgiques qui d’ habitude se disent à voix basse. À la communion, tous les nouveaux prêtres reçoivent de sa main l’hostie consacrée.
A la'fin de la Messe, ils récitent ensemble à haute voix le Credo, résumé de la foi qu'ils devront prêcher au peuple. Puis chacun s'approche de l'Évèque et se met à genoux. Le Pontife étend ses deux mains Sur la tête 4e nouveau prêtre et dit : «Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez
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et retenus à ceux à qui vous les retiendrez ». Puis il déploiecomplètementlachasuble, pourmontrerquele nouvel élu à maintenant la plénitude de la puissance sacerdotale. Et enfin il lui demande s'il promet d obéir à lui et à ses successeurs... Le prêtre ayant répondu : « Je le promets, » le Pontife l’embrasse en disant : «Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ! »
417. — Faites connaître le cérémonia de la consécration d’un Évêque.
La consécration épiscopale est plus solennelle encore que l'ordination des prêtres. D’après les lois concordataires de 1809, le chef de l'Etat, en France, intervenait dans les nominätions épiscopales. Depuis la loi de Séparation (1905), le Pape, usant de son plein droit, choisit et préconise le nouvel Evêque. Après qu’il a reçu ses bulles d'institution celui-ci peut se faire sacrer. [1 faut trois Evêques pour procéder à la consécration du nouveau Pontife. La cérémonie se fait à la Messe, un jour de dimanche ou de fête.
La lecture des bulles pontificales commence la céré: monie. Un long interrogatoire sur la foi et les devoirs de l'Évèque ; la promesse d'y être fidèle ; la récitation des Litanies des saints sur l'élu prosterné ; l’imposition de l'Évangile sur la tête et les épaules ; l'imposition des mains par le prélat consécrateur et ses assistants ; puis l’onction du saint-chrème sur la tête et dans les mains ; la bénédiction et la présentation des insignes épiscopaux : l'offrande du saint sacrifice par l'Évêque élu, éonjointement avec l'Évêque consécrateur, pour marquer l'union de l'Épiscopat : telles sont les principales cérémonies du sacre des Évèques.
A la fin de la Messe, on remet la crosse entre les mains du nouvel Evêque, et il est intronisé au chant du Te Deum, après lequel il donne sa première bénédiction épiscopale.
DE L'ORDRS " N 207
CONCLUSIONS PRATIQUES
I. C’est une grande gloire pour un chrétien et pour sa famille
que celle d'une vocation ecclésiastique. Celui qui se reconnaît
cette vocation doit s’en rendre digne par une-correspondance . fidèle à la grâce.
Les parents ne peuvent contraindre à recevoir les Ordres un fils qui n'y est point appelé; d'autre part. ils seraient bien coupables d’entraver une vocation qui paraîtrait certaine : ils se priveraient par là de beaucoup de grâces et encourraient une grave responsabifilé.
IH, Tous les fidèles doivent s'intéresser vivement xux vocations ecclésiastiques, desquelles dépendent la vie religieuse d’un diocèse et le bien général de l'Église. Ils doivent les provoquer par h prière, les encourager par la bienveillanee et les utiles conseils, et, s'ils Le peuvent, par {eurs aumônes et leur charité.
Dans les temps difficiles où nous sommes, c’est un devoir particulier de s'intéresser aux Séminaires, el de prêter son concours généreux à cette œuvre capitale. A l’époque des Quatre- Temps, où se font les Crdinations, ils doivent plus particulièrement prier et faire pénitence en vus d'obtenir de bons prêtres à l'Église.
III. Les chrétiens comprendraient mieux ra dignité du Prêtre s'ils pouvaient assisier aux belles et imposantes cérémonies de l'Ordination. Ils sauraient par quelles épreuves et par quelle gradation le ministre de la Religion est élevé peu à peu au rang
‘qu'il oceupe dans l'Église; ils seraient moins exposés à le. traiter en homme et plus disposés à reconnaître en lui un autre Jésus - Christ.
C'est pourquoi, les cérémonies de l'Ordination étant publiques et souverainement instructives, il est désirable que les fidèles y assistent quand la facilité leur en est donnée.
IV. Un autre étal qui suppose également une vocation spéciale, c'est la vie religieuse. On entend par ces mots la condition de personnes qui font profession d'être à Dieu et de le servir sous une règle approuvée. L'état religieux n'implique pas nécessairement pour les hommes qui l’embrassent la dignité du sacerdoce. Mais cet état de vie, fondé sur la pratique des conseils évangéliques et habituellement des trois vœux d’obéissance, de pauvreté etde chasteté, est appelé état de perfection. C'est une grâce et un honneur que d'y être appelé; c'est aussi un devoir. de’ correspondre à cette vocation quand on l'a reçue de Dieu. L'Église et la société en recueillent de précieux secours, et l'âme fidèle à l'appel de Dieu un accroissement de mérites et
de gloire pour l'éternité.
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$ I. — Notions générales de ce Sacrement.
Jéfinition. — Institution divine du sacrement de Mariage. — Propriétés essentielles du mariage chrétien : 4° unité, 2° indissolubilité: — Signe sensible : matière et forme.