‹ Le catechisme expliqueChapitre 74 sur 288 · VEN. A · texte numérisé non relu

VEN. A

chain comme nous-mêmes. En conséquence nous devons : 4° ne vouloir de mal à personne; 2° désirer au contraire, pour tous, le bien spirituel et temporel que nous désirons pour nous-mêmes; 3° faire en réalité aux autres tout le bien que nous voudrions raiSONNnablement qu'on nous fit; 4° prier pour notre prochain. Mais, dans le détail particulier, nous trouvons dans le devoir de la charité trois obligations spéciales : 1° l'amour des ennemis ; 2 l'aumône; 3° la correction fraternelle. $ 1° L'amour des ennemis n’est pas un conseil de perfection, mais bien un précepte imposé par Notre-Seigneur. € Et moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (S. Matth., v, 44.) Ceci doit s'entendre au moins dans ce sens que nous devons pardonner au fond du cœur, bannir tout désir de haine et de vengeance, accepter les excuses de ceux qui nous ont offensés, s’ils sollicitent un rapprochement, et les comprendre au moins dans la charité commune. Autrement, de quel droit dirions-nous à Dieu : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons...? »

29.1: aumône, non plus, n’est pas seulement un conseil, mais bien un précepte positif pour tous ceux qui sont en état de la faire. Le mauvais riche de la parabole est condamné à l'Enfer, uniquement pour n'avoir pas fait l’aumône. Sous peine de faute grave, les riches doivent, dans la proportion de leur surabondance, soulager les pauvres qui se trouvent dans la nécessité commune, c'est-à-dire qui ont de la peine à vivre; à plus forte raison, doivent-ils venir en aide à ceux qui sont dans une nécessité plus pressante et ne pas se contenter alors de prélever le superflu.

3° La correction fraternelle. — C'est une œuvre de charité spirituelle, comme l’aumône est une œuvre de charité corporelle. Elle consiste à reprendre le prochain de ses défauts et de ses fautes quand on le peut sans crainte d'inconvénients sérieux, et quand on espère

ï DES COMMANDEMENTS DE DIEU 145

d'ailleurs que la correction sera profitable. Ce devoir ‘incombe plus spécialement aux supérieurs.

A7. — Quels sont les péchés contraires à l'amour du prochain ?

L'omission de chacun des devoirs que nous venons de rappeler constituerait une faute contraire à l'amour du prochain. — Mais il y a plusieurs péchés qui sont plus particulièrement opposés à cette vertu. C’est, dans l'ordre naturel, la haine et la discorde, et, dans l ‘ordre spirituel, le scandale. ;

4° La haine est un sentiment volontaire d’aversion contre le prochain; elle nous porte à lui vouloir ou à lui souhaiter du mal : les injures, les mauvaistraitements, les blessures et les homicides en découlent naturellement. Si la haine est violente et réfléchie, elle est certainement un péché mortel.

2° La discorde. — Ce mot désigne, en général, toute dissension qui divise les esprits et les cœurs, et brise les liens de la charité par des paroles blessant es ou des procédés déloyaux.

3° Le scandale blesse le prochain dans son âme. On appelle scandale toute parole ou tout acte qui devient pour le prochain une occasion d’offenser Dieu. — Nous aurons occasion de reparler de cette faute dans l’explication du cinquième commandement.

CONCLUSION PRATIQUE

« Si quelqu'un a des biens en ce monde, écrit saint Jean, et que, voyant son frère en nécessité, il lui ferme son cœur et ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui? Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car la charité est de Dieu. Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu, » et ne laisse pas de haïr son frère, c'est un menteur; car, comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas?» (1 S. Jean, ur.)

Les maitres de la vie chrétienne ont dislingué et recommandé sept œuvres de miséricorde spirituelle : 19 corriger ceux qui manquent; 2° enseigner les ignorants ; 3° donner des conseils à ceux qui en ont besoin; 4° consoler les affligés ; 5° pardonner

fi

Page 1