Quels sont les “rte péchés opposés à l’adoration
On peut d’abord les partager en deux classes : les uns sont opposés à l’adoration par défaut, et on les nomme péchés d'irréligion; les autres par excès, et on les appelle péchés de superstition.
I. Les principaux péchés d'irréligion sont : la tentation de Dieu, l’irrévérence et le sacrilège.
1° La tentation de Dieu. — Elle a lieu quand on lui demande sans motif raisonnable, et seulement pour éprouver sa puissance, des fayeurs extraordinaires ou des miracles, sans prendre les moyens efficaces, propres à les obtenir.
2 L'irrévérence. — C'est le péché de ceux qui traitent sans respect la religion, ses ministres, les lieux saints, les objets bénits, etc.
9° Le sacrilège est plus que l’irrévérenee : c'est une profanation des choses saintes. On peut se rendre Coupable de sacrilège de bien des manières : 4° envers les personnes consacrées à Dieu par les ordres sacrés ou par les vœux de religion, où simplement de chasteté,
en Ts SE ou en commettant de onipiiuité avec elles des péchés de luxure ; 2 envers les lieux saints, tels que les églises et les cimetières en les profanant
par l'incendie l’homicide, les actions indécentes, la sépulture d’ a. infidèle ; 3 envers les choses RATE
comme sont les RAA les saintes huiles, les vases sacrés, les reliques, les croix, les images, les ornements et linges sacrés; c’est un sacrilège de mal recevoir un sacrement, et en particulier la très sainte Eucharistie, de faire un usage profane ou impie des objets sacrés et surtout d'outrager les saintes hosties consacrées. !
IT. La superstition, en général, consiste à rendre à une créature l'honneur et le culte qui ne sont dus qu'à Die, ou à.rendre à Dieu un culte qu'il n’approuve pas. . . — Les principaux péchés de superstition sont :
4° L’idolätrie. — C'est le culte d’adoration rendu à une créature. La pire idolâtrie est certainement de rendre le culte suprême au démon, l'éternel ennemi de Dieu; or c’est là le péché de l’ancien paganisme, où
Je Dee se faisait adorer dans les idoles. Mais n’est- :
ee point une idolâtrie à peu près équivalente que de recourir d'une facon directe au démon, pour obtenir de lui des choses que Dieu seul peut accorder ?
20 Le culte illégitime.— C'est un culte rendu à Dieu, mais d'une facon qu'il n'approuve pas. Ce serait un culte faux, si on l’appuyait sur de faux miracles, de
fausses révélations ; superflu, si l'on mélait à des actes.
religieux approuvés par l'Église d'autres pratiques vaines et inutiles, comme, par exemple, d'ajouter des cérémonies à la messe, d'honorer les saints par des usages dérisoires, etc.
3° La superstition proprement dite. — On réserve cette appellation pour désigner certaines pratiques par lesquelles, au moyen d’un pacte exprès ou tacite avec le démon, on demande où on attend un effet extraordinaire d'une cause qui n'est pas capable par elle-même de le produire. Et ici les détails abandent, et les noms
changent selon le genre de superstition employé. C'est la vaine observance, si on demande la guérison de: maladies ou la préservation d'accidents à certaines causes incapables de nous procurer ces effets : signes cabalistiques, amulettes ou talismans, observation des jours fastes ou néfastes, etc... C’est la divination, si l'on attend la connaissance de l'avenir ou des choses cachées de moyens également impuissants par euxmêmes : recours aux devins, consultation des astres, du vol des oiseaux, des cartes, bonne aventure, etc. C'est la magie, si l’on tente de faire des choses merveilleuses, qui passent les forces de l’homme, et que l’on n'obtient que par le secours du démon. La magie devient sortilège ou maléfice, si elle a pour résultat 4 nuire au prochain. — L'Église condamne toutes. ces pratiques éomme Dieu les condamnait déjà et les interdisait à son peuple ; s’y livrer par malice et par impiété serait certainement une faute grave. L'ignorance et la bonne foi peuvent servir d'excuse aux gens simples, et l’on admet pour certains cas la légèreté de matière.
4° Enfin il faut placer parmi les superstitions répréhensibles et coupables ces pratiques anciennes, ressuscitées en notre siècle : les opérations magnétiques qui, outre le sommeil et le somnambulisme, produisent certains effets extraordinaires tels que la science des maladies et des remèdes, la connaissance de l’avenir,-etc.….
Il faut en dire souventautant des fables tournantes, et surtout parlantes. La crédulité publique a beaucoup exagéré les effets surprenants obtenus par ces procédés; mais si les résultats sont réels, l’intervention diabolique est manifeste, et c’est pourquoil’Eglise interdit de se livrer à ces pratiques soit sérieusement, soit même par simple curiosité. Le spiritisme, évocation et consultation des esprits de l’autre monde, n'est ni moins impie, ni moins diabolique. Dieu, dans l’ancienne loi, en avait fait une défense sévère. L'Eglise n’est pas moins rigoureuse dans ses défenses
actuelles, et l’expérience montre qu’elle a raison. Ces superstitions, essentiellement mauvaises, mènent au . renversementdetoutereligionetdetoutemorale; elles jettent Le trouble dans les familles et conduisent très souvent à la ruine et à la folie, au criine ou au suicide.
CONCLUSION PRATIQUE
Les ennemis de la religion accusent quelquefois les chrétiens d'être superstitieux, c’est là un reproche qui ne saurait tomber sur l'Eglise. Fidèle aux enseignements de l&raison et de la révélation, le vrai chrétien résérve pour Dieu seul ses adorations. Il sait distinguer le culte vrai et légitime de tout ce qui sentirait la superstition; autant il a en vénération les cérémonies et les usages autorisés par l'Église, autant il a en suspicion et il évite les observances vaines et ridicules. — Il se défie spécialement de tout ce qui ressemblerait à un commerce avec le démon, et il se souvient de cette parole d’un saint docteur: « Celui qui plaisante avec le diable ne pourra jamais se réjouir avec Jésus- Christ. » (S. Pierre Chrysologue.)
$ V. — Du culte de la très sainte Vierge, des Anges et des Saints.
Culte de Dulie ou d'honneur: hyperdulie. — Légitimité et utilité du culte des Anges et des Saints. — Légitimité du culte spécial rendu à la très sainte Vierge.
22, — Quel culte rendons-nous à la sainte Vierge, aux Anges et aux Saints ?
Le culte que nous rendons à la sainte Vierge, aux Anges et aux Saints n'est pas l’adoration, mais un hommage de vénération et de respect, nous les honorons comme les àmis de Dieu, et nous les invoquons comme nos protecteurs auprès de lui. — Un mot exprime ce culte, c’est celui de Dulie (du grec àouieiw, je sers), qui signifie respect, déférence. Ainsi, tandis que le culte de Latrie ou d’adoration caractérise l'hon mage suprême que nous ne rendons qu'à Dieu seul, celui de Dulie exprime notre vénération pour les Anges et les Saints, qui ne sont que des créatures et des serviteurs de Dieu. — Comme parmi les élus, la très
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sainte Vierge Marie, par sa dignité et sa sainteté, tient le premier rang, nous lui ep orhoïe un culte d'honneur supérieur à celui des Saints : on l’appelle Hyper- . dulie (bé, au-dessus). Mais ce n'est pas non plus l'adoration, et les catholiques mettent une très Srande + différence entre les hommages qu'ils adressent à Dieu et ceux qu ils décernent à More. La formule usitée ‘dans le prières de l'Église marque très bien cette différence ; à Dieu nous Lbhee «Donnez-nous notre pain LU A pardonnez-nous, etc. ; » à la sainte Vierge : « Sainte Marie, priez pour nous. ; » à Notre-Scigneur: « Ayez pitié de nous; » aux Anges et aux Saints :
€ Intercédez pour nous. ». Se
23. — Le culte des Anges et des Saints est-il rai- sonnable et légitime ?
Oui, ce culte est parfaitement raisonnable et légitime.
ACT comprend. avons-nous dit, deux choses : nous les honorons, et nous les invoquons.
11 Or, 4° quoi de plus juste que de les Pne er? Nous Let: rendons bien, ici-bas, des témoignages de vénération
et de respect à nos parents, à nos supérieurs, et parti- GE culièrement aux grands hommes qui se sont signalés en par leurs bienfaits et leurs vertus; nous gardons leur " souvenir, nous leur dressons des statues. Les Anges sont des créatures plus parfaites que nous, et ils nous protègent ; les Saints, des bienfaiteurs et des modèles : le culte que nous leur rendons est, par conséquent, + fondé sur la raison et sur la reconnaissance. Il trouve aussi son appui dans la tradition chrétienne, c'està-dire dans les enseignements et les exemples de l'Église depuis son origine.
20 Est-il légitime et bon dé les invoquer? Oui, assurément. Si la prière du juste, ici-bas, a de la puissance et obtient succès Guprès de Dieu, n'est-il pas raisonnable de croire qu'au Ciel elle a Dis de crédit encore? C’est là précisément ce qu'enseignent nos saintes Écritures.. Onias et Jérémie le prophète, morts depuis
longtemps, priaient efficacement pour le peuple d’Is-
raël. (II Mach., xv.)
Le concile de Trente a donc raison de recommander
- comme salutaire et utile l’invocation des Saints, et l’ex-
périence d’ailleurs nous met chaque jour sous les yeux
-Ix preuve de l'utilité et de l'efficacité de nos prières,
offertes à Dieu par l’intercession des Anges et des Saints.
2%. — Ne devons-nous pas à la sainte Vierge un
culte particulier ?
Oui, les mêmes raisons qui sollicitent et rendent.
- légitimes nos hommages à l'égard des Anges et des
Saints réclament pour la très sainte Vierge un culte particulier.
1° Elle est Mère de Dieu, et, par ce titre, elle occupe
une place glorieuse et unique dans la création.
2° Elle est notre Mère, elle en avait déjà la tendresse et les sentiments, ayant été appelée à coopérer, avec son Fils, à l'œuvre de notre rédemption; et de plus, sur la Croix, Jésus nous l’a donnée pour Mère lorsqu'il nous a dit, en la personne de saint Jean : € Voilà votre Mère ! » Or une mère mérite des témoignages particuliers de tendresse et de reconnaissance.
3° Enfin la sainte Vierge a été, sur la terre, plus sainte que tous les élus, et au ciel elle est plus puissante.
Pour toutes ces raisons, l'Eglise a toujours pratiqué:
et enseigné la dévotion envers la très sainte Vierge. Dix-huit siècles de bienfaits attestent suffisamment que la confiance en Marie n’est pas une chose inutile, et que Dieu tient pour agréables les hommages que nous rendons à sa Mère, devenue la nôtre.
CONCLUSION PRATIQUE
Constamment environnés de la protection de nos amis du Ciel, ne laissons passer aucun jour sans adresser un souvenir el une prière à ceux qui sont constitués plus particulièrement nos intercesseurs; à notre bon Ange, à notre saint Patron, dont nous avons reçu le nom au baptème; aux Saints qui ont vécu dans notre région, ét plus spécialement à Celle que nous inyoquons