III. Attributs moraux
i. La Bonté et l'amour. — Dieu est le bien, le souverain bien ; il est la bonté, la bonté souveraine ; c'est dire qu'il est souverainement aimable* Il est en même temps souverainement amour.
L'amour va au bien, naturellement ; tous les actes de la volonté le supposent comme leur première racine, comme leur principe générateur. Nul être Intelligent ne désire que le bien aimé, nul ne se délecte que dans le bien aimé, nul ne hait que ce
x. Jac, iv, 6.
qui s'oppose au bien aimé (i). Partout où se trouve la volonté se trouve donc l'amour. Par suite l'amour doit se retrouver en Dieu, à l'état parfait, puisqu'en Dieu la volonté est parfaite.
Dieu étant le bien, la bonté, la sagesse et la volonté, dans leur perfection absolue, s'aime luimême nécessairement, en vertu même de sa nature, ainsi que nous l'avons déjà dit.
Il aime aussi les créatures, toutes les créatures, par le seul fait qu'il leur a donné l'être, ou la vie, ou l'intelligence et la volonté, parce que tout cela est un bien qu'il leur a libéralement départi. Mais il ne les aime pas toutes de la même manière. Celles qui sont privées de raison, incapables par suite de lui rendre amour pour amour et de participer à sa béatitude, il les aime sans doute, mais ce n'est pas à rigoureusement parler d'un amour d'amiiié, c'est plutôt d'un amour de quasi concupiscence, non qu'il les désire ou qu'il en ait besoin, mais parce que, en les créant et les conservant, c'est le bien des créatures raisonnables qu'il a en vue, pour leur manifester sa bonté et leur faire du bien. Quant aux. créatures raisonnables, celles-ci, par un mouvement de leur intelligence et de leur volonté, pouvant répondre à son amour, Dieu les aime d'un amour d'amitié, de bienveillance, et il les aime en proportion du bien qu'il communique à chacune d'elles et du bien que chacune d'elles accomplit. Mais si, par le péché, elles viennent à se détourner de lui, il les aime encore, non pas en tant que coupables, mais, quoi qu'elles soient coupables, en tant qu'êtres qui sont et qui sont par lui.
L'Ecriture renferme d'innombrables témoignages de la bonté et de l'amour de Dieu envers les hom-
t. Sum. theol, I, Q. xx, a. i.
mes ; elle nous représente Dieu sous les traits d'un père, d'une mère, d'un ami, d'un époux. Dieu nous traite, en effet, comme des êtres de prédilection ; il nous couvre de bienfaits ; et saint Jean l'a défini avec raison, quand il a dit : « Dieu est charité (i). »
« Une femme oublier a-t-elle son nourrisson,
Qu'elle n'ait pas pitié du fruit de ses entrailles ?
Quand les mères oublieraient,
Moi, je ne t'oublierai point (2). »
« // l'a entouré (le peuple juif), il a pris soin de lui,
Il l'a gardé comme la prunelle de son œil.
Pareil à l'aigle qui excite sa couvée,
Et voltige au-dessus de ses petits,
Jehovah a déployé ses ailes, il a pris Israël,
// l'a porté sur ses plumes (3). »
« Comme un homme que sa mère console, ainsi je vous consolerai (4). »
C'est à l'âme chrétienne que peuvent s'appliquer ces paroles d'Ezéchiei : « Tu fus renommée parmi les nations pour ta beauté, car elle était parfaite, grâce à ma splendeur que f avais répandue sur toi, dit le seigneur Jéhovah (5). » L'âme chrétienne, en effet, objet de la tendre sollicitude de Dieu est sa fille adopfcive, destinée à jouir de sa propre gloire dans le ciel. De combien de bienfaits n'est-elle pas redevable ici bas à ce Dieu bon et généreux? Et de combien de gloire ne sera-t-elle pas un jour récompensée? En possession delà grâce présente et dans l'espérance de la gloire future, dont l'homme ne saurait se faire une idée, combien ne doit-elle pas s'efforcer de rép ndre par son amour reconnaissant à l'amour inlini ?
1. ÏJoan., iv, 16. — 2. haï., xlix, i5. — 3. Deut., xxxii, io-ii. — 4. Isaï., lvi, i3. — 5. Ezech., xvi, i4.
2. La Miséricorde. — C'est particulièrement à l'égard des malheureux, et de la manière la plus touchante, qu'éclate la bonté divine, ou la Miséricorde. Ce mot, dit saint Augustin, vient de « miserum cor facere condolentis alieno malo (i). » Il s'applique à l'âme qui compatit aux peines des autres.
Dieu, évidemment, ne possède pas cette attribut comme une passion affective (2), car il ne saurait être atteint dans sa béatitude infinie par la misère d'autrui ; mais il lui convient éminemment de la soulager, de la faire disparaître, parce que toute misère est un défaut. Or, qui est plus malheureux que le pécheur, puisqu'en lui cette misère morale qu'est le péché constitue un défaut dont il est responsable ? Et qui plus que le pécheur, surtout quand il est pénitent, attire les bienfaits de la miséricorde divine ?
« Reviens, infidèle Israël, dit Jéhovah ;
Je ne veux pas vous montrer un visage sévère,
Car je suis miséricordieux, dit Jéhovah,
Et je ne garde pas ma colère à toujours.
Seulement reconnais ta faute,
Car tu as été infidèle à Jéhovah, ton Dieu...
Revenez, fils infidèles, dit Jéhovah,
Car je suis votre maître (3). »
« Prendrai-je plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur Jéhovah ? N'est-ce pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses voies et qu'il vive ?... Détournez-vous et convertissez-vous de tous vos péchés, et l'iniquité ne deviendra .pas votre ruine. Rejetez loin de vous toutes les transgressions que vous avez commises, faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël ? Car je ne prends point plaisir à la mort de
1. De mor. Eccles., I, xxvii, 53. — 2. Sum. theol, I, Q. xxi, & 2, 3. — 3. Jcrera., in, 12-14.
celui qui meurt, dit le Seigneur Jéhovah ; convertissezvous donc et vivez (i). »
a Cest moi, moi seul, qui efface tes prévarications pour l'amour de moi (2). »
« SoUviens-toi de ces choses, 6 Jacob,
0 Israël, car tu es mon serviteur ;
Je t'ai formé, tu es mon serviteur,
0 Israël, tu ne seras pas oublié de moi !
J'ai effacé tes transgressions comme un nuage,
Et tes péchés comme une nuée ;
Reviens à moi, car je t'ai racheté.
deux, poussez des cris de joie, car Jéhovah a fait cela F
Retentissez d'allégresse, profondeurs de la terre !
Eclatez de joie, montagnes,
Forêts, avec tous vos arbres,
Car Jéhovah a racheté Jacob
Et manifesté sa gloire en Israël (3). »
Qui n'a présents à la mémoire les accents de David pour remercier Dieu de ses bienfaits (4) ? Qui ne se rappelle ce psaume cxxxve, sous forme de litanie, où à chaque verset revient comme un relrain, le quoniam in œlernum misericordia ejus, sa miséricorde est. éternelle ? Et n'est-ce pas sous le nom de Pèie que Notre Seigneur nous a appris à, prier Dieu : « Noire Père, qui êtes aux deux!)) Saint Paul a raison d'appeler Dieu « le père des miséricordes et le Dieu de toute consolation (5). » La miséricorde ! quel attribut plus consolant pournôtre humaine misère ! En quels traits inoubliables le divin Maître l'a marqué dans ces paraboles si touchantes de la brebis perdue et de l'enfant prodigue ! Et quel thème fécond sous la plume et sur les
1. Ezech., xvin, 3o-32. — 2. haï., xliii, 25. — 3. haï., xlïv, 21-23. — (\. Psal., en ; on le trouvera à la fin de cette leçon. — 5. II Cor., 1, 3.
lèvres des Pères de l'Eglise ! Mais, par contre, de la part du pécheur, quelle folie de rester sourd aux appels de la miséricorde divine, de s'attarder dans le péché, de s'y endurcir 1 Et quel malheur d'y mourir ! Car si Dieu est bon et miséricordieux audelà de tout ce qu'on peut dire, il est juste également ; sa bonté ne saurait entraver sa justice.
3. La justice. — Dieu est bon, miséricordieux, patient, d'une longanimité à toute épreuve ; mais il est juste. Il n'a pas, il ne peut pas avoir la justice commutative , celle qui règle les échanges, les transactions, les achats ou les ventes ; car, comme l'a dit saint Paul, « qui lui a donné le premier, pour qu'il ail à recevoir en retour (i) ? » Mais il a la justice distributive, qui consiste dans une répartition équitable des biens et des maux, et qui s'impose comme une règle à tout souverain, à tout administrateur, à tout juge. N'est-il pas le Maître, le Souverain, le Législateur, le Juge par excellence ?
Il est tenu sans aucun doute, dès qu'il se décide à faire quelque acte extérieur, d'accomplir les desseins de sa sagesse et de manifester la munificence de sa bonté (a). Ayant donc créé les êtres, il est tenu de plus d'accorder à chacun ce qui lui est dû selon sa nature et sa condition. Nulle difficulté pour les êtres sans raison. Mais vis-à-vis de l'homme ? L'homme peut mal user de sa liberté, il désobéit et il pèche ; il peut aussi en faire un excellent usage, s'en servir pour vaincre ses passions, pratiquer la vertu et accumuler de bonnes œuvres. En présence de cette alternative, Dieu se doit à lui-même et il doit à l'homme de traiter l'homme selon le bon ou mauvais usage de sa liberté. Nécessairement, il doit
i. Rom., xi, 35. — 2. Sam. iheol, I, Q. xxi, a. i, 2.
LA JUSTICE DE DIEU 53y
récompenser le bien et punir le mal. Dans quelle mesure et de quelle manière, c'est ce que nous verrons plus tard.
Cet attribut divin se retrouve, cela va sans dire, à toutes les pages de nos saints Livres. Tobie disait dans sa prière : « Vous êtes juste, Seigneur ; justes sont tous vos jugements, et toutes vos voies sont miséricorde, vérité et justice (i). » Le psalmiste, dans son éloge de la loi de Dieu, s'écriait :
« Tu es juste, Jéhovah,
Et tes jugements sont équitables (2). »
Saint Mathieu (3) et saint Paul (4) répètent : « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. » L'Apôtre raisonnait de la sorte : « Ainsi, qui que tu sois, ô homme, toi qui juges, tu es inexcusable : car en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque tu fais les mêmes choses, toi qui juges. Car nous savons que le jugement de Dieu est selon la vérité contre ceux qui commettent de telles (fautes). Et tu penses, ô homme, toi qui juges ceux qui les commettent, et qui les fais toi-même, que tu échapperas au jugement de Dieu ? Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa ■ patience et de sa longanimité ? Et ne sais-tu pas que la bonté de Dieu t'invite à la pénitence ? Par ton endurcissement et ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres : la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance dans le bien, cherchent la gloire, l'honneur et l'immortalité ; mais la colère et l'indignation aux enfants de contention, indociles à la vérité, dociles à l'iniquité (5). » C'est en quelques mots,
1. Tob., m, a. — 2. Psal., cxvm, 187. — 3. Matth., xvi, 27% — 4. Rom., 11, 6. — 5. Rom., 11, 1-8.
l'indication de la rétribution finale. Et si, d'une part, on comprend, devant cette alternative formidable, la vérité de celte sentence . « II est effroyable de tomber dans tes mains du Dieu vivant (i), » car la justice de Dieu n'est redoutable qu'aux pécheurs, on comprend aussi, d'autre part, la confiance, la sérénité, le calme et la paix du serviteur bon et fidèle, qui faisaient dire à saint Paul : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi; il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que me donnera en ce jour-là le Seigneur, le juste juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront aimé son avènement (2). »
4. La Sainteté. — La Sainteté est l'abrégé et comme un précis des perfections divines. C'est elle qu'exaltait en particulier Moïse, après le passage miraculeux de la Mer Rouge.
« Je chanterai à Jéhovah, car il a fait éclater sa gloire : Il a précipité dans la mer cheval et cavalier.
Qui est comme toi parmi les Dieux, ô Jéhovah ? Qui est comme toi auguste en sainteté (3) ? »
Dieu se manifeste à ses prophètes comme le saint, le très saint, le trois fois saint. Isaïe raconte ainsi l'une de ses visions • « Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient audessus de lui ; ils avaient chacun six ailes... Et ils criaient l'un à l'autre et disaient :
Saint, saint, saint est Jéhovah des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire (4). »
1. Heb., x, 3i. — 2. II Tim., iv, 7-8. — 3. Exod., xv, 1, n# — 4. Isaï, vi, i-3.
LA SAINTETÉ DE DIEU 53g
Dans la vision de saint Jean, ce sont les quatre animaux symboliques, recouverts eux aussi de six ailes, qui ne cessent de dire jour et nuit : « Saint, saint, saint est le Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui vient (i). »
Saint, tel est le titre que Notre Seigneur donne à son Père avec celui de juste, dans sa dernière prière : Pater sancte (2), Pater juste (3); ces deux titres n'en font qu'un, ils résument toutes les perfections morales de Dieu.
La sainteté de Dieu est incompatible avec tout péché, avec toute imperfection d'entendement et de volonté, avec tout défaut; car Dieu est bon par essence ; il n'entend et ne veut que ce qu'il faut ; son intelligence et sa volonté sont sa nature même qui est excellente. En lui se confondent sa perfection morale et sa perfection naturelle.
A raison de cette sainteté, Dieu veut que les créatures raisonnables s'appliquent de tous leurs efforts à lui ressembler. « Je suis Jéhovah, votre Dieu ; vous vous sanctifierez, et vous serez saints, car je suis saint (4). » Et c'est pourquoi il entoure de tant d'égards prodigieux ceux qui travaillent à se sanctifier sur la terre. Il les encourage, il les engage à redoubler d'efforts, à progresser sans cesse. « Que le juste pratique encore la justice : et que le saint se sanctifie encore (5). »
Jéhovah aime la justice,
Et il n abandonne pas ses fidèles (6). »
Les abandonner n'est pas assez. C'est en eux qu'il établit sa demeure. « Si quelqu'un m'aime, dit Notre Seigneur, il gardera ma parole, et mon Père
i. Apoc, iv, 8. — 2. Joan., xvn, 11. — 3. Joan., xvn, a5. — 4. Levit., xi, 44 ; xix, 2 ; 1 Petr., 1, 16. — 5. Apoc, xxn, 11. — 6. PsaL, xxxvi, *8.
l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure (i). » L'âme du saint, en effet, est, selon l'enseignement de saint Paul, le temple particulièrement choisi de Dieu (2). De ce temple béni s'élèvent des prières, justement comparées aux parfums de l'encens (3). Voici comment la Sagesse dépeint la vie des saints :
« Les âmes des justes sont dans la main de Dieu,
Et les tourments ne les atteindront pas.
Aux yeux des insensés ils paraissent être morts,
Et leur sortie de ce monde semble être un malheur.
Et leur départ du milieu de nous un anéantissement ;
Mais ils sont dans la paix.
Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châ-
Leur espérance est pleine d'immortalité. [timents,
Après une légère peine, ils recevront une grande récompense.
Car Dieu les a éprouves
Et il les a trouvés dignes de lui,
Il les a essayés comme l'or dans la fournaise,
Et les a agréés comme un parfait, holaucausle.
Au jour de leur récompense, les justes brilleront,
Semblables à la flamme qui court à travers les roseaux.
Ils jugeront les nations et domineront les peuples,
Et le Seigneur régnera sur eux à jamais (4). »
Le psalmiste a raison de dire :
« Elle a du prix aux yeux de Jéhovah,
La mort de ses fidèles (5). »
« Les fidèles triomphent dans la gloire
Et tressaillent de joie sur leur couche (6). »
La récompense assurée aux élus dépasse tout ce que l'on peut concevoir. Car, dit saint Paul, « notre
1. Joan., xrv, a3. — 2. T Cor., in, 17 ; vi, 19 ; II Cor., vi, 16. ■ — 3. Apoc, v. 8. — 4- Sap., m, 1-8. — 5. l'&al., cxv, i5. 6. PsaL, cxLix, 5.
légère affliction du moment présent produit pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire (i). »
Le pécheur ne saurait aspirer à une telle récompense ; sa vie répugne à la sainteté de Dieu : c'est le sentiment de David, dans sa prière matinale :
« Jéhovah, dès le matin, tu entendras ma voix;
Car tu n'es pas un Dieu qui prenne plaisir au mal;
Avec toi le méchant ne saurait habiter.
Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux ;
Tu hais tous les artisans d'iniquité.
Tu fais périr les menteurs ;
Jéhovah abhorre l'homme de sang et de fraude (2). »
« Les pécheurs attaquent Dieu inutilement par leur rébellion, dit Bossuet; et sa sainteté demeure inviolable au milieu des impiétés, des blasphèmes, des impuretés, dont tout l'univers est rempli par la malice des hommes et des démons. Il demeure saint, quoique pour punir les pécheurs il les livre à leurs mauvais désirs, parce que les y livrer n'est pas les produire. Dieu ne fait que se soustraire luimême à un cœur ingrat ; et cette soustraction est sainte, parce que Dieu se soustrait justement luimême à ceux qui le quittent, et punit leur égarement volontaire en les frappant d'aveuglement. Il fait tout dans l'homme, excepté le seul péché, où son action ne se mêle point. Celui qu'il permet ne le souille point, parce que lui seul il en peut tirer un bien infini, et plus grand que n'est la malice de tous les péchés ensemble (3). »
Dieu, par bonté, par miséricorde, est toujours prêt à pardonner au pécheur repentant, à purifier
1. II Cor., iv, 17. — 2. Psal, v, 4-7. — 3. Elévations sur les mystères, Ie Sem., élév. xi.
sa conscience, à laver ses souillures, à le recevoir dans ses bras et sur son cœur, à le revêtir de la robe nuptiale et à' se réjouir de sa conversion. Car, au ciel, « il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de se repentir (i). » Mais si, .malgré tout, le pécheur s'obstine et meurt dans son péché, Dieu lui dira : « Je ne vous ai jamais connus. Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité (2). » Et la sentence du souverain juge, condamnant les maudits au feu éternel, sera l'expression de sa sainteté méconnue et de sa justice suprême.
En présence de la question de la nature de Dieu, l'homme, même avec les secours de la révélation, est impuissant à la résoudre d'une manière adéquate, il ne peut que « balbutier, » disions-nous en rappelant le mot de saint Grégoire. Et nous ne pouvons pas mieux terminer que par ces paroles de Fénelon : « Je ne puis m'accoutumer à vous voir, ô Infini simple, au dessus de toutes les mesures par lesquelles mon faible esprit est toujours tenté de vous mesurer. J'oublie toujours le point essentiel de votre grandeur, et par là je retombe à contre-temps dans l'étroite enceinte des choses finies. Pardonnez ces erreurs, ô bonté qui n'est pas moins infinie que toutes les autres perfections de mon Dieu ; pardonnez les bégayements d'une langue qui ne peut s'abstenir de vous louer, et les défaillances d'un esprit que vous n'avez fait que pour admirer votre perfection (3). »
1. Luc., xv, 7. — 2. Matth., vu, a3. — 3. Traité de Vexistence de Dieu, à la fin.