‹ Le catéchisme romainChapitre 47 sur 230 · Nature de rame · texte numérisé non relu

Nature de rame

i° Spiritualité de l'âme. — L'âme humaine est d'abord un esprit distinct du corps. Cette distinction, l'Ecriture ne l'expose nulle part d'une manière didactique, mais elle la suppose et Fexprime en termes équivalents, en parlant de leur création, de leur séparation par la mort et de leur réunion future par la résurrection ; de même elle n'enseigne pas la spiritualité de l'âme en termes philosophiques, mais soru langage est assez expressif sans cela ; car elle dit que. l'âme est indépendante du corps, qu'ellemet l'homma au-dessus des animaux, qu'elle est douée d'intelligence et de liberté, qu'elle est faite à l'image et à la ressemblance de Dieu et qu'elle survivra au corps ,

Dans la tradition, la spiritualité de l'Ame pcirt être regardée comme un dogme de foi. Les Pères* en effet, considèrent l'homme comme un composa

de deux substances, distinctes et irréductibles entre elles, l'âme et le corps, unis pendant la vie, momentanément séparés par la mort, le corps rentrant dans la poussière jusqu'au jour de la résurrection, l'âme retournant à Dieu son principe jusqu'à sa réunion définitive avec le corps ressuscité. Leur langage est tout à fait explicite. Obligés de défendre cette vérité contre les matérialistes du temps, les Apologistes ont écrit pour la plupart des traités de l'âme où ils se sont clairement expliqués sur la nature du composé humain. L'un de ceux qui ont soutenu que l'âme est corporelle, qu'elle est un corps, c'est Tertullien, dont la langue théologique est encore hésitante et dont la pensée reste obscure ; car, tout en disant que l'âme est un corps, il a soin de faire remarquer que c'est un corps à part, sui generis, et qui ne saurait en rien préjudicier à sa simplicité (i). Ce n'est là du reste qu'une opinion isolée, erronée dans les termes sinon dans la pensée, car elle a trouvé des défenseurs qui ont plaidé les circonstances atténuantes (2).

Quant aux documents de l'Eglise, ils sont formels sur ce point. Les symboles de foi, notamment, proclament la spiritualité de l'âme par là même qu'ils font profession de croire à son immortalité par Farticle de la vie éternelle ou qu'ils enseignent que Jésus-Christ, en prenant la nature humaine, a pris une âme raisonnable en même temps qu'un corps charnel (3). Le iv° concile de Latran, i2i5, a défini que Dieu a créé l'homme avec un corps matériel comme le monde et une âme spirituelle comme les anges ; et le concile du Vatican a reproduit cette

1. De anima, 7, 9, 10 ; Pair, lai., t. 11, col. 656-662. — 2. Cf. Freppel, Tertullien, 3e édit., Paris, 1887, t. 11, p. 320-323. — 3. Denzinger, Enchir., n. 29, 118, 195, 2o3, 23o, 293, 368, 384» 4o8, 601, 873.

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définition contre les matérialistes du xixe siècle qui rejettent l'existence de toute substance spirituelle.

La spiritualité de l'âme humaine est donc un dogme de foi catholique.

20 Immortalité de l'âme. — L'immortalité de Fâme, philosophiquement parlant, est la conséquence de sa spiritualité.

Mais c'est encore une vérité qui appartient à la révélation. On a reproché, il est vrai, aux juifs antérieurs à la captivité de Babylone, de n'avoir point cru à l'immortalité de l'âme parce que, parmi les anciens livres de la Bible, les uns ne promettent qu'une récompense temporelle à la vertu, et que les autres, celui de Job par exemple et de VEcclésiaste, qui ont étudié le problème du mal qui frappe le juste sur la terre, n'ont pas signalé cette solution si simple que c'est dans l'autre vie que Dieu rend à chacun selon ses œuvres.

Ce reproche est exagéré ; car, en fait, sur la question de l'immortalité de l'âme et sur la sanction des récompenses ou des peines éternelles, les hébreux, eurent des notions exactes, même avant la captivité ; et la doctrine de leurs livres sacrés l'emportait de beaucoup sur celle des plus grands philosophes de l'antiquité. Au reste, la survivance de l'âme est affirmée dans la Bible en termes de plus en plus explicites. La Pentateuque représente la mort des patriarches comme une réunion à l'âme de leurs pères (i) ; le livre de Job et les Psaumes déclarent que les âmes des justes seront délivrées du scheol{i) ; celui des Rois rapporte des faits d'évocation et do

i. Gen.. xv, i5 ; xlix, 22, 29 ; Deut., xxxi, 16 ; xxxn, 5o. — 2. Job., xiii, i5, 16 ; xiv, i3 ; xvi, 18-21; xix, 23, 27; PsaL, xv, 9, 10; xvi, i5 ; xlviii, i5, 16 ; lxxii.

résurrection des morts (i) ; les Prophètes annoncent la résurrection de la chair et la vie éternelle (2) ; le livre de Tobie et les Sapientiaux rappellent' la récompense que Dieu réserve aux justes dans r autre vie (3). Et combien de ibis les livres du Nouveau Testament ne parlent-ils pas de la survivance de rame, de la résurrection de la chair et delà vie éternelle (4) !

L'enseignement patris tique n'a pu que faire écho à renseignement biblique : l'immortalité de l'âme a été regardée unanimement par les Pères comme l'un des principaux dogmes de la foi catholique. Et en définissant directement cette vérité, le ve concile de Latran, i5i2-i5i7, xvmc œcuménique, n'a fait que ratifier la croyance chrétienne, telle que la Bible et les Pères l'avaient enseignée (5).

3° Spirituelle et immortelle, l'âme est d'une autre nature que les anges ; car, de création postérieure à ceUe des esprits célestes, elle est en outre destinée à être unie à un corps pour constituer l'être humain-. Ceci ressortira mieux de ce que nous allons dire des fonctions de l'âme et de ce que nous avons déjà dit de la nature des anges.

lx° Enfin les âmes humaines sont distinctes les unes des autres. Les Origénistes d'abord, certains philosophes de la Renaissance ensuite, prétendirent que l'entendement, et par conséquent l'âme intellectuelle, est unique pour tous. C'est une erreur qui fut anathématisée par le 11e concile de Constantinople, 553, ve œcuménique (6) avec les autres doctrines

1. I Reg., xxviii, ; III Reg., xvn, i9-a3 ; IV Reg., iv, :*9-36;xiii, ai. — *. Dan., xn, 1, 3; Os., vi, 3; Is.9 xxvi, 19-21 ; Ezech., xxxvii, 1-14. — 3. Tob. 11, 18; Eccl., xn, 7 ; Sap.,n, 21 ; m-v. - 4. Alatlh., x, 28; xxv, 46 ; Joan., m, 5 ; xii, 25; Rom., n, 6 ; I Cor., xv, 32 ; I Petr., 1, 10. - 5. Denzmger, Enchir., n. 621. — 6. Denzinger, ibid., n. 188.

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