‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 191 sur 312 · SOLUTION CHRÉTIENNE DE LA QUESTION SOCIALE · texte numérisé non relu

SOLUTION CHRÉTIENNE DE LA QUESTION SOCIALE

prend la sienne. Les fils sont quelque chose de leur père; ils sont en quelque sorte une extension de sa personne ; et, pour parler avec justesse, ce n'est pas immédiatement par eux-mêmes qu'ils s'agrègent et s'incorporent à la société civile, mais par l'intermédiaire de la société domestique dans laquelle ils sont nés. (( De ce que les fils (i) sont naturellement quelque chose de leur père, ils doivent vivre sous la tutelle des parents jusqu'à ce qu'ils aient acquis l'usage du libre arbitre. » Ainsi, en substituant à la providence paternelle la providence de l'Etat, les socialistes vont contre la justice naturelle et brisent les liens de la famille . »

D. Conséquences funestes . «. Mais, en dehors de l'injustice de leur système, on n'en voit que trop les funestes conséquences : la perturbation de tous les rangs de la société, une odieuse et insupportable servitude pour tous les citoyens, la porte ouverte à toutes les jalousies, à tous les mécontentements, à toutes les discordes ; le talent et l'habileté privés de leurs stimulants, et, comme conséquence nécessaire, les richesses taries dans leur source ; enfin, à la place de cette égalité tant rêvée, l'égalité dans le dénuement, dans l'indigence et la misère.

« On comprend dès lors que la théorie socialiste de la propriété collective est absolument à répudier, comme préjudiciable à ceux-là même qu'on veut secourir, contraire aux droits naturels des individus, comme dénaturant les fonctions de l'Etat et troublant la tranquillité publique. »

IL Solution chrétienne, i. La solution n'est que dans r Eglise. La question sociale, comme on se plaît souvent à l'appeler, requiert les efforts convergents des pouvoirs publics, des capitalistes et des prolétaires ; chacun doit y mettre du sien. Mais leur action commune est fatalement vouée à l'impuissance en dehors des principes religieux, dont l'Eglise a la garde et requiert l'application. « C'est l'Eglise, en effet, qui puise dans l'Evangile des doctrines capa-

î. Sum. iheol, II» ÏI", Q. x, 3: la.

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blés, soit de mettre fin au conflit, soit au moins de l'adoucir, en lui enlevant tout ce qu'il a d'âpreté et d'aigreur. » Le premier principe à mettre en avant, c'est que l'homme doit prendre en patience sa condition ; car l'inégalité est d'ordre naturel, et la peine attachée au travail est la conséquence du péché qui ne disparaîtra pas d'ici bas.

2. Erreur sur V antagonisme des classes. « L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies nées l'une de l'autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu'ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné. C'est là une aberration telle qu'il faut placer la vérité dans une doctrine contrairement opposée. Car, de même que, dans le corps humain, les membres, malgré leur diversité, s'adaptent merveilleusement l'un à l'autre, de façon à former un tout exactement proportionné et qu'on pourrait appeler symétrique, ainsi, dans la société, les deux classes sont destinées par la nature à s'unir harmonieusement et à se tenir mutuellement dans-un parfait équilibre. Elles ont un impérieux besoin l'une de l'autre ; il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. La concorde engendre l'ordre et la beauté ; au contraire, d'un conflit perpétuel il ne peut résulter que la confusion des luttes sauvages. Or, pour dirimer ce conflit et couper le mal dans sa racine, les institutions chrétiennes possèdent une vertu admirable et multiple. »

3. A chaque classe ses devoirs. 11 faut rappeler aux deux classes leurs devoirs mutuels et, avant tous les autres, ceux qui dérivent de la justice. — « Parmi ces devoirs, voici ceux qui regardent le pauvre et l'ouvrier : il doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s'est engagé par contrat libre et conforme à l'équité ; il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne ; ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la forme de sédition : il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours artificieux, lui suggèrent des espérances exa-

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