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Le catholicisme contemporain

Nous assistons depuis bientôt un siècle à une évolution du catholicisme qui paraît devoir être la dernière. En ce moment, les événements se précipitent avec une telle rapidité qu*à peine a-t-on le temps de les saisir au passage et de les ranger dans les suites historiques auxquelles ils appartiennent. Tout le monde sent que TÉglise romaine court à sa perte : ceux qui désirent sa ruine et les indifférents ne sont pas les seuls à s'en apercevoir; les catholiques pratiquants ne se le cachent plus, et ceux dont la foi est la plus robuste se demandent par quelle voie pourra continuer d'être vraie la parole fameuse : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai une église éternelle. »

Comment donc cette Église, qui compte plus de dix-huit cents ans de durée et qui a traversé tant d*éciieils, en est-elle venue à cette extrémité? Quelles sont les causes secrètes ou visibles, les forces sociales qui sont en lutte avec elle et contre lesquelles elle ne peut presque plus se défendre ? que lui reproche-t-on ? Pourquoi s*éloigne-t-on d'elle? D'où vient que, malgré les grands ressorts qu'elle peut encore mettre en jeu, elle voit les hommes se séparer de son corps, insouciants ou hostiles, et les femmes, qui ont été, depuis l'origine, son meilleur appui, faiblir à leur tour et lui échapper ? Y a-t-il dans la constitution des sociétés modernes, dans la science ou ailleurs, des principes généralement admis qui ne puissent plus s'accorder avec ceux qu'admet l'Église catholique et sur lesquels elle repose ?

C'est ce que nous voulons rechercher. Nous prions le lecteur de ne pas étendre notre pensée au delà des limites que nous lui donnons nous-môme. Nous ne faisons point de la religion catholique un éloge qui a été fait tant de fois; mais nous n'avons pas non plus la vaine pensée de porter un coup, aussi faible qu'inutile, à celle qui succombe ; nous voudrions seulement savoir si tous les moyens de salut sont épuisés, s'il n'y a plus rien à faire. Quand

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