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SOMMAIRE

Introduction. — Il existe une doctrine officielle de la haute Université, gouvernant l'ensemble des sciences communément appelées morales, c'est-à-dire la Philosophie, la Politique, l'Histoire et l'étude de la Littérature. Définition générale de cette doctrine ou philosophie de l'Université.

La Doctrine officielle m "Politique, — ï. La bocîo1< gie oniver

sitaire. — II. Le socialisme universitaire. — III. L'apO logétique démocratique dans l'Université.

La Doctrine officielle en Histoire. — Conception univ taire de la méthode historique. Les formes « scientifiques » du messianisme révolutionnaire.

La Doctrine officielle appliquée à V étude des Littératures et des Œuvres d'Art. — Conception universitaire de la critique. Fins assignées par l'Université à la culture littéraire et esthétique de l'esprit.

On dit que M. Lasserre n'est pas croyant. Je l'ignore, mais un critique aura de la peine à trouver dans son volume de quoi le taxer d'incroyance. Il n'en est pas de même de M. Georges Valois. Avec lui le doute est impossible. Son livre, L'homme qui vient, se termine par cette prière :

« Seigneur, vous êtes le Fils de Dieu, je viens à Vous avec toute ma raison et toute ma science, comme une humble offrande, des ténèbres où j'ai cherché la trace de vos pas. Je remets ma force entre vos mains, parce qu'elle me vient de Votre Père, et parce que je sais qu'il n'y a point de salut hors de Votre loi et de Votre amour.

» Seigneur, j'ai cru que vous étiez venu pour les hommes d'un autre âge et que vous aviez quitté notre monde. L'homme dans le clair matin se lève avec l'espérance de la vie, « il se ceint lui-même et s'en va où il veut aller » ; mais lorsque vient le soir ou le jour des douleurs, sombre comme la nuit, « il étend les mains », regarde le ciel avec lassitude et le dé-

sespoir dans les yeux. Alors vous venez vers lui, les mains étendues, et vous lui dites, avec Votre douceur et Votre amour impitoyables : « Crois et espère! et travaille! Car c'est la volonté de mon Père. Et tu sais bien que mon Père et moi nous t'aimons ». Ainsi parle le Père à ses enfants. Et l'homme sent renaître son courage et sa force, et il rentre dans sa maison, auprès de sa femme et de ses petits, avec la paix et l'espoir dans son cœur...

» Seigneur, celui qui Vous a trouvé écrit : « Joie, joie, pleurs et joie », car Vous nous donnez l'équilibre, la paix, la lumière et l'amour. Vous nous libérez de l'antique esclavage. Le fort et le faible se rencontrent à vos pieds, et, lorsqu'ils se relèvent marqués de Votre sang, ils se connaissent tous deux » non pas comme un maître et un esclave, mais comme deux hommes indispensables l'un à l'autre, tous deux, faibles créatures devant Vous, et tous deux serviteurs de Dieu,

Ave Crux, Spes unica ».

Georges Valois est un père de famille, très lié par ses fonctions à l'existence des syndicats réunis dans la confédération générale du travail. Il appartient à cette génération qui s'inclina devant le prestige ^des « maîtres de la petite science », des Primaires. Avec eux, comme beaucoup d'autres, il pataugea dans le « marécage démocratique et humanitaire ». Il fut athée et collectiviste. Le bonheur inamissible lui apparaissait

au terme de L'évolutiof humaine el sociale. Nietzsche l'arracha à son rêve. IL n'en resta point là. De lectures en lectures, do méditations en méditations, il constata quelques nécessités auxquelles les hommes ne peuvent se soustraire. Ce fut un retour réfléchi et scientifique à la tradition, aux enseignements de de Maistre et de de Bonald. Les vérités qui se sont imposées à son intelligence durant les étapes de cette marche à reculons, lui ont fourni la matière d'un beau livre, que l'Académie française a couronné. L'homme qui vient, tel en est le titre. L'explication qu'en donne l'auteur, est à lire : « Mais pourquoi, dira-ton-, tant d'efforts pour arriver à suivre une loi que suivaient nos pères, et à pratiquer une sagesse qui était celle des plus simples parmi nos/ancêtres? — Oui, mais il y a quelque chose de changé; la solidité de cet édifice moral est accrue. Notre père, U homme qui a vécu, agissait par tradition; et sa foi, son acceptation de la loi du travail, son respect de l'autorité pouvaient être entamés, même détruits par des sophismes; notre enfant, U homme qui vient, agira de même, mais sans craindre aucune attaque de la demiraison, car il aura détruit, avec sa raison, tous les obstacles que la demi-raison avait dressés devant notre foi; conscient, il ne pourra être détourné, par aucune tentative de la fausse science, de la voie de son salut. »

Je tiens d'un converti cette parole inoubliable : « L'Eglise a besoin de défenseurs ayant passé par l'incroyance ». Ils peuvent écrire et parler

des préjugés qui lui aliènent les hommes en connaissance de causes. Ayant eu la mentalité qui les tient éloignés d'elle, ils savent les idées capables de les éclairer et la langue qui a chance d'être entendue. Les raisons de notre foi qu'ils présentent ont l'immense avantage d'avoir été d'abord vécues par eux.

Parmi les écrivains dont je vous ai entretenus, il en est qui cheminent encore sur les routes menant de l'incroyance à Dieu. Leur sincérité personnelle et l'admiration qu'ils vouent à l'Eglise et à ses œuvres, sont des titres nouveaux à une sympathie, qu'ils méritent déjà par leur talent littéraire. L'accueil fait par nous à leurs services désintéressés est le meilleur moyen de rapprocher le terme d'une évolution, dont ils seront les premiers à se réjouir.

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