SCENE VI
THÉRÈSE, puis JULES.
THÉRÈSE, seule.
Allons, bien !.. iMonsieur qui voulait rester chez
lui!., le voilà encore dérangé!.. Par où donc ce
Destoujac est-il entré?., j'avais recommandé au
portier de ne lai^ser monter personne.
Air : In Bonne aventure.
Ces garçons viennent chez mol
Tirer des carottes !
Chaque jour, on les voit tous
Y traîner leurs bottes!
C'est à qui nous grugera !
Ah! qui nous délivrera
Des compatriotes, \
Oui-dii* > (^><«)
Des compatriotes ! ./
JULES, (1) entrant par le fond.
Thérèse ?..
Encore le petit!
JULES
Savez-vous quelque chose ?..
THÉRÈSE
Non et vous... Vous êtes donc bien pressé?
JULES
Si je le suis! grand Dieu !
Air : les Cinq codes que je me flatte.
Un matelot qui voit la terre, Un malheureux cerf aux abois, Un employé retardataire, Une assemblée allant aux voix.
Un chev.il pur sang qui s'élance, Au chemin de fer un convoi, Ma chère, ayez-en l'assurance.
Ne sont pas plus presses que moi 1
JULES
Il n'a donc palu la lettre?
THÉRÈSE
Même air.
J'aime votre ardeur, jeune homme , Mais à quoi bon tant nous presser, Puisque vous me semblez, en somme.
Ne rien faire pour avancer.
Vous craignez un père inflexible.
Vous parlez avec embarras.
Vous vous dépêchez, c'est possible, Et pourtant vous n'avancez pas.
Ma foi, je n'en sais rien.
JULES
Ah! Thérèse, vous qui m'aviez promis...
THÉRÈSE
Croyez-vous que je n'aie que cela à penser!
JULES
Vous voulez donc me faire mourir ?
THÉRÈSE
Calmez-vous, jeune homme, calm«z-vous !
JULRS.
C'est bien facile à dire.
THÉRÈSE
Mais, enfin, si Monsieur a recula lettre de voire oncle...
JULES
Eh bien ?..
THÉRÈSE
Eh bien ! il a dû la lire...
JULES
Eh bien ?
LES COMPATBiOTES,
THERESE
Eh bien ! il lui a peut-être répondu.
JULES
C'est vrai, il a peut-être répondu... je n'y pensais pas... je cours chez mon oncle... Et si vous apprenez quelque chose...
THÉRÈSE
Je vous le mettrai en réserve.
{Jules sort par le fond.)