‹ Le cavalier, Cours d'équitation pratiqueChapitre 11 sur 22 · CHEVAL DE DLUX PISTES · texte numérisé non relu

CHEVAL DE DLUX PISTES

posées aux épaules, alors le cheval s'arrêterait nécessairement, et le mouvement, devenu pénible, si ce n'est impossible, amènerait la défense dans le cas où Je cavalier insisterait.

Ce travail , qui demande beaucoup de soin et beaucoup d'attention,. et ne peut être obtenu avec une mauvaise position, devient très-simple dans la bonne ; placé comme je l'indique, le cheval répondra aux moindres effets de jambes et de main, et se portera en avant de deux pistes sans opposer la moindre résistance.

A la démonstration orale, le professeur doit, en temps convenable, joindre l'exemple en exécutant lui-même, devant l'élève, le mouvement demandé, car des volumes de théories ne sauraient remplacer un enseignement par l'exemple donné à propos.

^ LE RECULER

lY

LE RECULER

Le reculer doit s'obtenir par le mouvement naturel qui porte le cheval à conserver un équilibre dont l'instinct est commun à tout être animé.

A cet effet, le cavalier, par la pression des

deux jambes, poussera d'abord le cheval sur la main. La main, s'emparant alors de l'impulsion transmise, formera un demi-temps d'arrêt, doux et ferme, destiné à refouler le poids du corps sur l'arrière-main. Ce poids venant à dépasser le centre de gravité, le cheval reculera instinctivement pour conserver son équilibre, et le mouvement sera obtenu.

Le résultat serait tout différent si on tentait de le faire reculer avant d'avoir provoqué l'impulsion en avant; la force qu'on emploierait n'aurait pour résultat que de le forcer à s'arc-bouter sur ses jarrets.

Dans cette position, le mouvement des membres postérieurs devient impossible, et la contrainte, la douleur qu'éprouverait le cheval acculé sur ses jarrets le feraient indubitablement résister.

LE RECULER 89

Ce n'est donc pas par l'emploi et l'insistance de la force qu'on doit faire reculer le cheval ; il suffît de le placer dans une position telle, qu'il soit forcé de reculer de luimême.

Les conditions du reculer s'obtiendront par les moyens que je viens d'indiquer. Le cheval ayant reculé d'un pas ou deux, le cavalier doit se contenter de cette concession et le porter en avant. Il le caressera avant de recommencer le travail.

Le professeur aura soin de faire observer que, pour continuer le reculer^ les moyens sont les mêmes que pour le commencer; c'est-à-dire que le cheval doit toujours se trouver dans les conditions successives de la perte d'équilibre qui amène un pas ou deux en arrière, pour rétablir cet équilibre.

La continuation du mouvement s'obtient

par la répétition des moyens déjà employés.

Si, après avoir obtenu les premiers pas rétrogrades, la main ne rendait pas à propos, le cheval ne tarderait pas à résister, car, après un bon commencement d'exécution, il se trouverait placé dans les mauvaises conditions que j'ai fait connaître plus haut.

Pour décrire un cercle, le travail des aides est beaucoup plus compliqué que dans le doublé. J'ai dit que la position de corps du cheval doit toujours être en rapport avec la ligne qu'il parcourt : droit sur la

ligne droite; arrondi, incliné sur la courbe.

Pour maintenir le cheval sur le cercle, la main agit par demi-arrêts, qui doivent cesser tant que les épaules suivent fidèlement cette ligne, et ne se faire sentir que lorsqu'elles tendent à s'en éloigner.

Les jambes ne doivent pas se borner à transmettre l'action ; mais, agissant d'accord avec la main, elles doivent aussi arrondir le cheval en raison de la courbe plus ou moins prononcée qu'il parcourt, selon que le cercle est plus ou moins rétréci.

D'autre part, la jambe du dehors, en maintenant les hanches, ne leur permettr^r pas de se jeter en dehors de la ligne qu'a parcourue l'avant-main, et la jambe du dedans ne les laissera pas entrer dans le cercle."

Le professeur fera remarquer quelle scrupuleuse attention il faut apporter dans l'em-

ploi de ces moyens d'aide, qui, agissant simultanément, concourent à cet ensemble parfait d'où résultent la position, l'équilibre, et, par conséquent, la régularité du mouvement.

Ici comme pendant toutes les leçons, le professeur doit savoir mettre à profit les fautes mêmes de l'élève, car une faute commise, mais sentie, est plus profitable au progrès qu'une bonne exécution due au hasard.

Offrons quelques exemples.

Le cheval en mouvement est naturellement porté à marcher droit devant lui, il tendra nionc d'abord à quitter la ligne circulaire pour suivreladroite.Selon toute probabilité, ce sont les épaules qui entameront cette direction.

Pour le replacer sur le cercle, l'élève commettra plusieurs fautes ; je me contenterai d'en indiquer ici quelques-unes.

En supposant, par exemple, qu'il soit en cercle à droite, si la main se porte trop vivement et avec trop de force de ce côté, les épaules du cheval — de dehors qu'elles étaient — se trouveront portées en dedans.

Supposons pourtant que par hasard" la main n'ait pas imprimé aux épaules un mouvement plus grand que celui nécessaire pour les replacer sur le cercle ; quelque restreint qu'ait été ce mouvement, il aura cependant fait sortir les hanches en dehors du cercle, si elles n'ont pas été maintenues par la jambe gauche, car il en est du cheval non maintenu par les aides j comme d'une barre sur un pivot: le mouvement d'une extrémité déplace l'autre.

Si, au contraire, ce sont les hanches qui pendant la marche se portent en dehors du cercle, et que pour les y replacer le cavalier se serve isolément de la jambe gauche, sans

que la main contienDe les épaules, il déplacera ces épaules par le mouvement des hanches, de même que dans le premier cas les hanches avaient été déplacées par celui des épaules.

Ce n'est pas tout. Il ne suffit pas que la main sache contenir les épaules pendant l'action de la jambe gauche (celle du dehors), il faut encore que celle du dedans empêche les hanches d'entrer dans le cercle.

Pour qu'un cheval soit placé d'une manière régulière, il faut donc que ses pieds de derrière marchent sur la même piste que ceux de devant; il faut qu'il soit arrondi et incliné en raison de l'arc de cercle qu'il parcourt.

Plus le cercle est rétréci, plus le cheval est forcé de s'asseoir sur ses jarrets, position pénible qu'on ne doit exiger qu'avec beaucoup de discrétion.

On ne commencera donc à rétrécir le cercle que lorsque dans une grande ligne courbe le cheval se portera franchement sur la main, et que ses hanches, suivant fidèlement la ligne des épaules, obéiront à la pression des jambes sans chercher à les forcer pour s'échapper en dehors ou en dedans.

Le cercle est un très-bon exercice pour l'assouplissement des hanches et des jarrets, mais il faut que la main agisse avec légèreté et rende à propos dans les demi-arrêts.

Un effet trop soutenu, uti soutien trop prolongé auraient pour résultat Tacculement, et dans cette cotiditioti le cheval ne matiqueraît pas de déplacer ses hanches enlesjetatitd'uii Côté ou d'un autre.

Il est donc essentiel que le cavalier entretienne l'action, l'impulsion, avafat de chercher à diriger.

Il faut bien se pénétrer de cette vérité, base première de l'équitation, qu'il n'y a pas de direction possible sans impulsion préalable; sans elle, en tentant de diriger le cheval, on n'arrivera jamais qu'à l'acculer.

les hanches jusqu'aux genoux, doivent s'al- . longer par leur propre poids, en embrassant également le corps du cheval.

Le pli des genoux liant, les jambes tombant naturellement.

Les pieds de même, sans chercher à en soutenir la pointe.

Une rêne de bridon dans chaque main; les doigts fermés se faisant face, le pouce allongé sur chaque rêne, les poignets séparés l'un de l'autre de quinze ou seize centimètres et soutenus à la hauteur de l'avant-bras.

Page 1