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DE L'ÉQUITATION

L'équitation peut se diviser en deux parties : l'art et la science; à l'écuyer seul l'étude approfondie de la science; l'art suffit au cavalier.

Cet art consiste à savoir faire tourner un

li LE CAVALIER

cheval à droite ou à gauche, — lerapger de deux pistes, — reculer, — faire un demi-tour, — le mettre au galop sur le pied droit ou sur le pied gauche, à volonté, et enfin changer de pied.

Quelque simples que paraissent ces mouvements pour toute personne étrangère à Téquitation, ils ne peuvent cependant être obtenus sans le secours de Tart. — Il me serait facile de le démontrer ici en quelques pages, naais, pour éviter un double emploi, j'en ferai seulement ressortir la preuve des principes qui suivront dans ce traité.

Je considère comme impossible une règle fixe, immuable pour la position uniforme de toutes les parties du corps. Chez des hommes de constitution différente, cette position doit nécessairement être modifiée en

raison de l'organisation physique du cavalier.

Un homme ne peut pas plus être tout à fait semblable à un autre à cheval, qu'il ne l'est à pied.

C'est donc au professeur à juger de ce qu'il peut exiger de l'élève pour obtenir une position naturelle et non factice^ tout en se rapprochant autant que possible d'un type général dont il sera donné plus loin la description.

La position du cavalier est à l'équitation ce que la grammaire est à l'art de parler et d'écrire.

On peut écrire sans savoir l'orthographe, parler sans être grammairien, et monter à cheval sans être cavalier ; seulement les mots easterole et colidor ne sont pas plus ridicules

dans le langage que certaines positions en équitation.

Ajoutons en passant que, dans ce dernier cas, les fautes peuvent entraîner des conséquences bien autrement graves que dans l'autre.

Il est donc essentiel de soigner cette première partie de Téducation équestre, car de même qu'on doit parler et écrire correctement avant de penser à devenir littérateur, il faut savoir la grammaire de l'équitation, c'est-à-dire être cavalier, avant d'ambitionner le titre d'écuyer.

La première chose dont on devra s'occuper est la position.

Le corps du cavalier se divise en plusieurs parties, dont chacune a son emploi spécial; elles concourent, les unes à la tenue, les autres à la direction.

J'insiste dès à présent sur cette spécialité , me réservant de prouver plus loin que cet ordre ne peut être interverti sans compromettre gravement la sécurité du cavalier.

Deux éléments constituent la tenue : la force d'une part, de l'autre, le liant et la souplesse.

Cette souplesse est aussi nécessaire à la tenue que la force; car, ainsi que l'indique le mot, c'est par le liant que le cavalier se lie au cheval.

Les cuisses tournées sur leur plat et adhérant à la selle , les genoux qui en pressent les quartiers, et au besoin les jarrets et les gras de jambe, constituent la tenue par la force.

Le torse droit et èouple doit être en parfaite harmonie avec le cheval et se lier à tous

ses mouYements. De cette harmonie naît l'équilibre.

L'équilibre est la condition de tout corps oscillant sur sa base. Or la base du cavalier étant Vassiettôy elle doit suivre tous les mouvements du cheval, car déplacée, l'équilibre serait détruit et avec lui la tenue, conséquence qui rendrait les moyens de direction impossibles.

Le corps formant une ligne droite dont l'assiette est la base, la perpendiculaire est nécessairement la condition normale de la position. Ce corps, dans son rapport avec celui du cheval, doit donc agir dans les mêmes conditions qu'une barre perpendiculaire fixée par un pivot mobile sur une autre base transversale ; elles forment une croix.

Si une des extrémités de la barre horizontale s'élève, c'est-à-dire si lé cheval pointe

OU rue, celle qui est perpendiculaire ne doit pas quitter sa ligne; le cavalier reste droit de fait, quoiqu'il porte le corps en avant par rapport au cheval si ce dernier pointe, ou en arrière s'il rue.

La souplesse et la force constituent donc la solidité à cheval ; par la souplesse, les flexions de reins sont au haut du corps ce que les ressorts d'une voiture sont à la caisse; elles arrêtent et interceptent en l'annihilant la réaction qui part du sol.

Entre le cavalier qui a du liant et celui qui n'en a pas, il y a donc la même différence qu'entre une voiture bien suspendue et un char posé sur l'essieu ; en continuant ma comparaison, je dirai que, par leur adhérence, les cuisses et les genoux sont les écrous qui fixent les ressorts au train ; que le cheval est ce train, et qu'enfin le cavalier

comme la caisse en suivent tous les mouvements.

Mais j'insiste sur une recommandation :

le liant ne doit pas entraîner le mol abandon du corps, ni la force avoir pour résultat la roideur.

Un mot sur la fausse position.

Si les cuisses ne sont pas tournées sur leur plat, elles ne peuvent adhérer à la selle dans toute leur longueur, et les genoux se trouvent détachés des quartiers sur lesquels ils n'opèrent par conséquent aucune pression.

Dans ces conditions le cavalier n'est que posé sur le cheval, il n'y est pas fixé, et a la moindre réaction le corps se trouve jeté hors de la ligne perpendiculaire.

Si c'est en arrière, les genoux remontent, et, n'étant plus en contact avec les points

d'appui qui consolident la tenue, ne trouvent plus que le vide. Si au contraire le corps penche en avant, toute tenue disparaît, et la plus légère réaction le fait tomber sur Tencolure.

Dans Tun et l'autre cas le cavalier ne peut plus se servir de ses jambes, ni comme tenue ni comme aides. Entraînée forcément par un mouvement instinctif et spontané, la main s'attache avec violence aux rênes, les talons s'accrochent aux flancs du cheval, ch^z lequel le désordre du cavalier fait naître le désordre dans les allures d'abord, les défenses ensuitès. Si le cheval est vigoureux, brusquement comprimé par deux effets contraire, dont l'un le pousse brutalement en avant, tandis que l'autre le rejette avec force en arrière, il se renverse ou s'emporte en plongeant sur la main.

S'il est froid, il s'accule en tournant sur lui-même et finit presque toujours par se débarrasser de son cavalier.

Pour revenir à la bonne position, je ne saurais trop répéter que Ton doit apporter le plus grand soin à bien placer un élève, car (cette remarque est de la plus grande importance) une bonne position est tellement indispensable, que la pesanteur spécifique du corps bien placé est presque aussi utile que la pression des cuisses et des genoux pour rester en selle lorsqu'un cheval bondit.

Le cavalier dont la tenue est assurée par la position, par la pression des cuisses et des genoux, par la souplesse et l'équilibre du corps, est maître du mouvement de ses jambes.

Leur pression derrière les sangles sert à

donner l'impulsion ; cette pression qui doit être progressive et plus ou moins énergique, suivant la sensibilité du cheval, ne peut se faire sentir régulièrement et par degrés que lorsque le cavalier n'est pas troublé par le désordre de la tenue; mais, cette tenue assurée, le cavalier, maître de ses mouvevements de jambes, s'en servira avec tact, avec une délicatesse fine et moelleuse ou toute la puissance d'énergie et de force qu'il jugera nécessaire*

II n*aura pas à redouter alors les acoups, les brusques attaques qui arrivent toujours lorsque le cheval n'est pas complètement enveloppé.

L'aisance, le calme et Télégance qu'on remarque parfois chez certains cavaliers prouvent que chaque partie du corps, remplissant seulement les fonctiofas qui lui sont

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attribuées, concourt à cet ensemble parfait qui lie l'homme au cheval et semble en former un seul être; car Tidéal de Tart équestre est la fable du Centaure, et non l'histoire de Mazeppa, bien qu'il fût extrêmement lié à son cheval, mais pas précisément par les moyens que j'indique.

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