‹ Le Centre de la FranceChapitre 238 sur 249 · III. II · texte numérisé non relu

III. II

Tramways: 10 lignes desservant la ville et la banlieue, les principales marquées sur le plan : place le Viste (pl. D 5) -ifonplainr (pl. 06, marge); — place le Viste-gare de Vaise (pl. Al), prolongement de la ligne précédente ; — place le Viste -Montchat (pl. O 6, marge) ; — Cordeliers (pl. E 4) - Villeurbanne (pl. G3, marge); — parc (pl. E i)-la Mouche (pl. E 7); — Bellecour gpl. D5)pont d'Ècully (pl. A 2, marge) ; — place du Pont (Guillotière ; pl. E 5)- Terreaux (pLDS)-pare de Vaise: — Perrache (pl. C D 6) - Brotteaux (pl.G2); — pont de la Guillotière (pl. E 5) - St - Clair (pl. El, marge); — place de la Charité (pl. D5 yûullins (pl.C8, marge). Prix ordinaires : l rc cl., 20e. ; 2 e el. (impe'r.), 10 e. ; 5 e. de plus pour la correspondance, 10 et 5 c. hors de l’octroi.

11 y a en outre des tramways à vapeur desservant des endroits sans intérêt’pour le touriste: Vénissieux, au S.; asile de Bron, à l’E. ; Fontaines et Neuville-sur- Saône, au N. (chemin de fer, p. 220), etc., et l’on doit encore ouvrir de nouvelles lignes, par ex. une de la place Carnot (Perrache) à la gare de Genève et au parc de la Tfte-d'Or.

Bateaux-omnibus. — Sun la Saône: les Mouches , entre Perrache (pont du Midi; pl. C6), Vaise (pont Mouton; pl. A 2), et St-Rambert (Ile-Barbe), à 10 e. en sem. et 15 c. les diin. et fêtes pour Vaise, 20 ou 30 e. pour tout le trajet; les Parisiens de la Saône, en été, entre Lyon (quai St-Antoine; pl. U 4) et Collonges (p. 220), par Vaise, l’Industrie, Hochecardon (en face, la tour de la Belle-Allemande), la Caille, le Lycée, Cuire, l’Ile-Barbe et le quai du Vernay (25 et 50 c.), et plus loin pour Chalon-sur-Saône (p. 216). — Sur le Rhône: les Parisiens, du quai St-Clair (pl. E2) à Aix-les-Bains (v. le Midi de la France)-, les Gladiateurs , du quai de la Charité (pl. D E ô)à Avignon (v. le Midi)

Chemins de fer funiculaires, dits Ficelles. 1° De la place Salhonay (pl.D3) à la Croix-Rousse (p. 290); départ toutes les 5min.; prix, 10e. Ce petit chemin de fer, construit en 1860, monte de 72 m. sur une longueur de 486 fet abrège beaucoup. Il se rattache à la ligne de Sathunay- Bourg (p. 263), qui a des bureaux dans le bas , mênie pour les bagages. Deux trains y sont attachés aux extrémités d’un câble en fer, et une machine fixe fait monter l’un et descendre l’autre simultanément. — 2° De la place Croix- PAquet (pl. D2), également à la Croix-Rousse (76 m. sur 520), nouveau et dans le même genre, comme le suivant. — 3° De l’arenwe de l'Archevêché (pl. C 4) à St-Just (97 m. sur 840); prix: l re cl., 25 c.; 2 e cl., 15 c., sur lesquels on rend 5 c. dans la semaine à ceux qui s’arrêtent à la >stat. des Minimes", qui dessert Fourvière (p. 282). Cette dernière ligne se rattache à St-Just a celle de Mornant et Vaugneray (p. 293). On doit en construire une 4 e pour desservir le plateau de Fourviere (120 m. sur 260).

Poste: bureau principal, place de la Charité et place Bellecour (pl.D5); bureaux auxiliaires, rue de l’Hôtel -de -Ville, 3, et dans les faubourgs.

Télégraphe: bureau central, ouvert jour et nuit, place de la République, 53; bureaux auxiliaires, gare de Perrache, etc. — Téléphone entre Lyon, Paris et Marseille, à la Bourse; 2 fr. et 1 fr. 50 par 5 min. de conversation.

Théâtres: Grand- Théâtre (pl. DE 3), place de la Comédie; théâtre des Céleslins (pl. D4), place du même nom; théâtre Bellecour (pl. D4-5), rue de la République, 85. — Près de ce dernier, n°79, le Casino, un café-concert. — Théâtres de Guignol , caractérisques pour Lyon, où a été inventé le type, de Guignol (canut, p. 290) : place des Célestins (pl. D 4), passage de l’Argue (entre la rue de la République et la rue Centrale), quai St-Antoine (pl. D4) et cours Lafayette, 245 (pl. F 3-4). — Cirque (pl. F a), avenue de Saxe.

Bains: de la Grotte, rue de la Charité, 4 (pl. Bellecour); du Rhône, sur le Rhône, quai de Retz et quai de l’Hôpital ; Chantre, rue de la République, 71, etc.

Tekplbs fbotestants : nouveau temple, quai des Brotteaux, près de la passerelle du Collège (pl. E3); église anglaise, quai de l’Est (pl. E2); église réformée, place du Change (pl.C3-4); église de la confession d'Augsbourg , rue Pavie, 2, près de la place des Cordeliers (pl.E4); chap. évangélique (pl.D3), rue Lanterne, 10, etc.

SYNACoevE (pl.C5), quai de Tilsitt, 13.

LYON

Histoire.

Lyon (170-310 m. d’altit.), le Lugdunum des Romains, l’anc. capitale du lyonnais et actuellement le chef-lieu du départ, du Rhône, le siège du commandement du xiv® corps d’armée, d’un archevêché, d’une académie universitaire (5 facultés), de l’école du service de santé militaire, etc., est une ville de 438077 hab., la première de France après Paris, non seulement par son étendue, mais encore par son industrie et son commerce. Elle occupe un des premiers rangs par sa magnifique situation, au confluent de deux grandes rivières navigables, le Rhône et la Saône, bordés de 10 kil. de beaux quais , et sur les versants des collines qui en forment le bassin et qui en portent les fortifications.

Lyon fut fondée par des Grecs, en 560 av. J.-C., mais son importance ne date que de l’an 41 av. J.-C., où le consul Lucius Munatlus Plancua y commença des constructions importantes , par ordre du sénat romain. Auguste en fit la capitale de la Gaule Celtique, qui fut nommée Lyonnaise. La ville romaine occupait la colline de la rive droite de la Saône, qui porte le nom de Fourviire, du latin Forum Velus. L'empereur Claude, qu'elle a vu naître, lui fit accorder le privilège de colonie romaine (v. p. î89); Néron la rebâtit après un grand ineendie, Trajan y construisit un édifice magnifique, qui fut le Forum Vêtus. Le christianisme y fut apporté par St Pothin, au n e s., et elle eut à souffrir la persécution de Marc-Aurele, mais surtout celle de Septime- Sévère. Abandonnée par les empereurs lors des invasions des Barbares , Lyon changea ensuite bien des fois de maîtres et eut bien des calamités à subir, par suite de son importance et de sa situation, jusqu’à l’époque où elle se donna au roi de France, au commencement du xiv e s. L’industrie et le commerce s’y développèrent dès lors considérablement; mais elle fut encore durement éprouvée pendant les guerres d’Italie et les guerres de religion. Assez paisible ensuite durant deux siècles, elle eut des jours encore plus néfastes a la révolution. Attachée à l'ancien régime, elle se révolta contre la Convention, dut être assiégée deux mois, en 1793, et fut condamnée à être démolie. Afin d’aller plus vite, l’infâme comédien Collot d'Herbois employa la mine et la mitraille; mais il ne put heureusement achever son œuvre de destruction et de carnage, par suite de la chute de Robespierre. Napoléon I er releva Lyon de ses ruines, et alors commença une nouvelle période de prospérité sans égale, qui ne fut plus troublée que d’une manière transitoire, par une crise commerciale en 1831 , par une insurrection politique en 1834 et par une inondation terrible en 1856. C’est surtout de ce temps que datent ses beaux quais et les grandes transformations qui en ont fait une des plus belles villes modernes. Lyon fabrique annuellement pour plus de 400 millions d'articles dans lesquels la soie domine. — Cette ville est la patrie des empereurs Claude, Marc-Aurèle , Caracalla et Géta, de St Irénee, Sidoine Apollinaire , St Ambroise , Philibert Delorme , Barrême, Coyzevox, Coustou, de Jussieu, Suchet, Ampère, Jacquart, Flandrin, Meissonier, etc.

Le Rhône et la Saône divisent Lyon en trois parties bien distinctes : la ville proprement dite, dans la langue de terre formée par le confluent des deux rivières, avec l’ancien faubourg de la Croix- Rousse (p. 290) , sur la colline du même nom ; la rive droite de la Saône , avec la colline de Fourvilre et l’ancien faubourg de Vaise (p. 220) et la rive gauche du Rhône, comprenant l’ancien faubourg de la Ouillotière (p. 291) et les Brotteaux (p. 291).

La gare de Perruche (pl. C6), la principale, sur un énorme remblai, doit son nom au quartier créé à la fin du siècle dernier par le Lyonnais Perrache , qui agrandit la ville en faisant reculer plus au S. le confluent du Rhône et de la Saône, auparavant à l’E. de la

Place Bellecour. LYON. III. R. 47. 281

gare. On en descend au large cours du Midi, qui s’étend entre le Rhône, à dr., et la Saône, à g.

La place Carnot, au delà du cours, naguère encore place Perrache, est une belle place oblongue, décorée depuis 1890 d’un monument de la République qui rappelle celui de la place de ce nom à Paris. Il se compose d’une statue en bronze de la République de 7 m. 20 de haut, par Paynot, sur un pylône de 16 m. de haut, entouré de groupes représentant la Liberté , l’Egalité et la Fraternité. Il y a déjà eu là un monument de Napoléon I er , puis des fontaines.

La rue Victor-Hugo, à la suite de cette place, conduit vers le centre de la ville. Un peu plus loin, à g., est la place Ampère, décorée en 1888 de la statue d’Amplre (1775-1836), le physicien, bronze par Textor, sur un piédestal formant fontaine. A peu de distance derrière cette place,

L’église d’Ainay (pl. C5), la plus ancienne de Lyon, fondée au vi e s., sur l’emplacement d’un temple érigé à la déesse Rome et à Auguste par soixante nations gauloises , et rebâtie aux x e et xi e s., dans le style roman. La façade, décorée d’incrustations rouges en losange, a trois portails en ogive et un clocher carré avec quatre acrotères à la base de la flèche. Sur la croisée est une autre tour carrée très basse, formant à l’intérieur une coupole qui repose sur quatre grosses colonnes antiques. Il y a cinq nefs, les trois principales à colonnes et voûtées en berceau, les autres ajoutées au xn e ou au xm e s. Les absides sont décorées de peintures sur fond d’or par Hipp. Flandrin , le Christ et divers saints. Dans le chœur se voit une mosaïque du temps de Pascal II (1099-1118), et le maître autel, œuvre moderne en bronze doré, a lui-même une belle mosaïque moderne. La chapelle de la Vierge, à dr., a un autel sculpté par Fabisch et une Vierge par Bonnassieux. Au commencement du bas côté de gauche se trouve un beau portail antique et dans la partie correspondante du bas côté de droite, un confessionnal moderne du style byzantin, fort remarquable.

Nous revenons à la rue Victor-Hugo, qui aboutit plus loin à

La place Bellecour («Bella Curia» ; pl. D5), la plus importante de Lyon. Elle est décorée d’une statue équestre de Louis XI V, en empereur romain, chef-d’œuvre de Lemot, sculpteur lyonnais (1775-1827). C’est la promenade à la mode de la ville, et la haute société habite les alentours. Il y a concert militaire tous les soirs dans la bonne saison. Les grands bâtiments à l’O. et à l’E. sont occupés par la direction de l’enregistrement et la poste centrale. L’édifice imposant sur la hauteur à l’O. est la nouvelle église de Fourvière (v. ci-dessous).

Au num. 31 de la place , au 3 e étage , se trouve un petit musée de la Propagation de la Foi, visible tous les jours, excepté les dim. et fêtes, de 9 h. à 5 h., de 10 à 5 le vendredi (sonner). Il comprend des reliques, des instruments de torture, d’autres souvenirs de missionnaires et une petite collection ethnographique. Il y a un catalogue.

A côté de la poste se voient l’église et l 'hospice de la Charité

LYON

N^-D* de Fourv.

(1217 lits), fondés par Kléberger, dit le «bon Allemand», et construits au commencement du xvn e s.

Dans l’angle N.-E. de la place Bellecour, commencent deux magnifiques rues modernes: la rue de la République , menant à la place de la Comédie, et la rue de l’ Hôtel-de-Ville, se dirigeant vers la place des Terreaux (v. p. 285).

Si le temps n’est pas brumeux, ce qui est malheureusement assez commun à Lyon, nous allons immédiatement par la rue de Bellecour, à g., du côté de Fourrière, pour jouir de son point de vue superbe, et nous jetons en passant un coup d’œil sur les rives pittoresques et très animées de la Saône. Le cours sinueux de cette rivière est traversé dans Lyon par 13 ponts et passerelles, auxquels doit s’ajouter un pont gigantesque entre les collines de la Croix-Rousse et de Fourrière , destiné à un chemin de fer allant sur St-Etienne. Le Rhône n’a que 9 ponts, dont 3 magnifiquement reconstruits de 1888 à 1891. L’église à dr. est la cathédrale, que nous verrons au retour. Au bout de l’avenue de l’Archevêché, au delà du pont, est la modeste gare de V Archevêché ou de la Ficelle de Fourvière et St- Just (v. p. 279). Il vaut beaucoup mieux prendre ce chemin de fer, qui abrège et épargne la fatigue d’une montée pénible (autres chemins, v. p. 283). De la stat. des Minimes , il y a encore 7 min. de chemin pour arriver à l’église de Fourvière. On tourne à dr. , puis à g. et encore une fois à dr. , pour arriver au sommet de la colline de Fourvière, que la Saône contourne de l’O. au S. Cette colline est formée par un éperon de granit sur lequel s’est amoncelée, à l’époque glaciaire, une moraine de 40 m. d’épaisseur.

La chapelle de Notre-Dame-de-Fourvière, à côté de la nouvelle église (v. ci-dessous) , est un édifice relativement moderne et sans valeur architecturale, mais très fréquenté comme pèlerinage. Elle possède une Vierge noire et elle est toute tapissée d’ex-voto, qui n’ont également rien de remarquable. Sa tour est couronnée d’une statue de la Vierge. On a une très belle vue du sommet (25 c.), comme du haut de l’église neuve et même des terrasses voisines (v. ci-dessous).

L’*église de Notre-Dame de Fourvière (pl. C4) est un monument fort curieux par son originalité, massif à dessein, en vue de l’effet d’ensemble à distance, mais d’un goût douteux comme style. La construction en a été entreprise à la suite d’un vœu du clergé lyonnais pendant la guerre de 1870-71. Elle n’est pas encore achevée , mais elle le sera probablement bientôt. Elle est sur les plans de P. Bossan (m. 1888) et dans une sorte de style byzantin modernisé. Elle se trouve à 122 m. au-dessus de la place Bellecour, et elle a 86 m. de long, sur 35 de large et 38 de haut. L’abside, du côté de la ville, est la partie qui attire d’abord l’attention et la plus remarquable de l’extérieur. Elle est entourée d’une galerie semicirculaire, d’où l’on donne la bénédiction à la ville le 8 sept,, et flanquée de tours polygonales terminées par des espèces de couronnes. De chaque côté sont quatre demi-tours carrées, remplaçant

N e -D e de Fourv.

LYON

les contreforts, et il y a à la façade deux tours comme à l’abside, qui achèvent de donner à l’ensemble le caractère d’un château fort. La façade présente de plus un riche portique avec quatre colonnes monolithes de 8 m. 20 de haut, en granit du lac Majeur. Une ouverture dans son perron permet de descendre directement de ce côté dans la crypte , qui communique aussi avec l’église haute (v. ci-dessous). L 'intérieur de l’église présente une grande et deux petites nefs de même hauteur, divisées en trois travées par huit groupes de deux colonnes en marbre bleu , à piédestaux et chapiteaux en marbre blanc, reliées dans le haut par de riches arcades avec des anges cariatides. Les murs et les voûtes sont ornés de mosaïques , de peintures et de dorures. Le chœur a dix colonnes en marbre rouge, d’autres anges aux retombées de la voûte, une grande clef de voûte à pendentif, des mosaïques, des revêtements de marbre, etc., encore plus riches que dans la nef. L’autel est naturellement d’une grande magnificence, fait des matériaux les plus précieux et orné de sculptures, de mosaïques, etc., avec un ciborium et une statue de la Vierge immaculée. La crypte, consacrée à St Joseph, règne sous tout l’édifice; elle est aussi décorée de mosaïques. — On peut monter sur l’édifice pour jouir de la vue, à la tour à g. du chœur, où il y a une table d’orientation. Prix: 1 fr. pour 1 pers. , puis 50 c. par pers. jusqu’à 5 et 25 c. au delà de ce nombre. — Dans la tour de dr. doit être placée une cloche pesant 13000 kilos.

Le *panobama est superbe, quand le temps est clair. Outre qu’on y a uue vue d’ensemble de la ville et qu’on peut en admirer de là le site très pittoresque et les environs, le regard embrasse une étendue de plus de 200 kil. , comprenant, à l’E., les Alpes jusqu'au Mont- Blanc, qui est, en ligne droite, à 155 kil. de Lyon, dans la direction de l’angle dr. delà place Bellecour; auS.-E., les Alpes du Dauphiné, au S., les Cévennes; à l’O., les montagnes d’Auvergne, etc.

Si ce n’est encore le cimetière de Loyasse (pl. A 4), qui est à près de 1 kil. à l’O. de l’église, la colline de Fourvière n’offre sans cela rien de bien curieux. Le vaste corps de bâtiment carré au S. est le Grand- Séminaire.

Pour redescendre de Fourvière, on pourra prendre, au-dessous de l’église, de préférence à g. , le passage du Rosaire, qui abrège considérablement (5 c.). C’est un sentier agréable en lacets , assez ombragé et bordé de quinze petits monuments d’après Bossan , avec des hauts-reliefs peints, par Fabisch, représentant les mystères du Rosaire. Il y a aussi un chemin de la croix. Ce sentier aboutit à la longue «montée St-Barthélemy», le chemin des voitures, mais de l’autre côté de la rue se trouve un escalier qui compte 242 degrés et descend directement vers la cathédrale. On y arrive ainsi à peu près en 10 min.

En prenant au contraire la rue à g. en deçà de la façade de l’église de Fourvière, on va passer à l'Observatoire Gay , un bon point de vue (50 c. au pavillon), où il y a aussi un restaurant et des antiquités , et l’on gagne par un passage (5 c.) la «montée des Carmes» , par où l’on redescend dans la direction de l’hôtel de ville.

LYON

St -Jean.

La place St- Jean (pl. C4), qui précède la cathédrale, est décorée d’une jolie fontaine moderne du style de la renaissance, en marbre blanc, avec un édicule abritant un groupe en bronze d’après Bonnassieux, le Baptême de J.-C.

St- Jean, la cathe'drale ou église primatiale (pl. C4), au pied de la colline de Fourvière, est l’église la plus remarquable de Lyon et même une des plus curieuses de France. Cet édifice date desxn e -xv e s. La façade, à dr. de laquelle est la Manécanterie dont nous reparlerons plus loin, comprend trois portails, privés de leurs statues, mais qui ont encore de petits médaillons dégradés ; puis une galerie, une rose à meneaux flamboyants et deux tours sans flèches, terminées à la fin du xv e s. Il y a deux autres tours aux extrémités du transept. — A l’intérieur, la partie la plus remarquable est le chœur, qui réunit dans ses arcades et ses fenêtres les styles roman et gothique mêlés à dessein. Le style roman se retrouve aussi dans le transept.

La grande nef se distingue par la pureté et l’élégance des lignes, bien que les travées les plus rapprochées du portail, du xve g., diffèrent un peu des autres, du siecle précédent. Les fenêtres sont à trois baies, surmontées de trois rosaces. 11 y a sur le devant une galerie comme à Notre-Dame de Dijon. Ces fenêtres, comme celles du chœur, ont de magnifiques vitraux anciens, des xm e et xiv®s., et de beaux vitraux modernes. Les deux nefs latérales ne se prolongent pas au delà du transept, et le chœur, qui était trop petit, a été agrandi de deux travées prises à la grande nef. Du côté dr. se voit d’abord une chapelle basse et longue, dans la Manécanterie (v. ci-dessous). Ensuite la * chapelle St-Louis ou des Bourbons , magnifique construction du xv« s., due au cardinal de Bourbon et à son frere Pierre, gendre de Louis XI. Les vitraux sont modernes, de Maréchal. Parmi les oeuvres d’art de l'église, il faut citer, dans le chœur, des statues modernes en marbre de St Jean et de St Etienne, la stalle de l’archevêque, également moderne, d’après Bossan; dans le croisillon de g., une horloge astronomique des xvi e et xvn®s. ; dans la 5 e chap. de g., une copie du Martyre de St Barthélemy par le Dominiquin; au portail latéral du même côté, un tableau votif par Orsel, Lyon épargné par le choléra \ dans la nef, une chaire moderne en marbre, d'après Chenavard, etc. Les deux croix processionnelles aux extrémités du maître autel y sont depuis le 2 e concile œcuménique de Lyon (1274, le 1 er en 1245), en signe de l’union des églises grecque et latine, que ce concile avait pour but de réaliser, mais ne put obtenir qu’en partie.

La Manécanterie ou maison des chantres (latin «mane cantate», chanter matin) , à dr. de la façade de la cathédrale , présente une curieuse façade du xi e s., avec des arcatures et des incrustations. Elle a malheureusement été mutilée et mal restaurée.

Près de la cathédrale, en amont, sur la même rive de la Saône, est le palais de justice (pl. C4), construction lourde dans le style classique, avec un péristyle de 24 colonnes corinthiennes. L’intérieur laisse également beaucoup à désirer.

Le pont voisin nous ramène sur la rive g. au quai des Célestins, où est le théâtre des Célestins (pl. D4), incendié deux fois depuis 1871 et reconstruit sur les plans d’André. Il a une assez jolie façade avec des bustes dorés de Scribe, Alf. de Musset et Y. Hugo.

Sur la place qui précède ce théâtre est unofontaine monumentale en fonte, dont la vasque est supportée par des cariatides.

Palais St-Pierre.

LYON

Un peu plus loin, à g., nous arrivons sur la place des Jacobins (pl. D 4), décorée d’une fort jolie fontaine monumentale en marbre, dans le style de la renaissance, par André.

De l’autre côté passe la rue de V Hôtel-de- Ville, déjà mentionnée p. 282, que nous suivons au N. ou à gauche.

L’église St-Nizieb (pl. D3), à quelque distance à g. de cette rue, est l’anc. cathédrale , rebâtie au xv e s. dans le style gothique, sauf son portail central, construction massive du siècle suivant, due à Phil. Delorme. La façade a des statues modernes par Fabisch et Bonnassieux. La belle flèche de la tour de dr. est également moderne. L’intérieur est à trois nefs , avec transept et chapelles latérales. La grande nef et l’abside ont un joli triforium à frontons et une voûte très élevée, à réseaux, avec écussons coloriés. La chaire, le maître autel et les vitraux sont des ouvrages modernes remarquables, les vitraux par Cl. Lavergne. Dans la chapelle à dr. du chœur, une statue de la Vierge par Coyzevox; dans celle de g., une statue de St Pothin, par Chinard.

La rue de l’Hôtel-de- Ville passe plus loin, à g., à côté du palais St-Pierre ou des Arts, dont il sera question ci-dessous.

L’*hôtel de ville (pl.D3) est un bel édifice, construit de 1646 à 1655 par le Lyonnais Maupin, incendié en 1674, restauré en 1702 par II. Mansart et de nos jours par Desjardins. La façade principale, sur la place des Terreaux (v. ci-dessous) , est d’une grande richesse d’ornementation. Elle a dans le haut une statue équestre de Henri IV, par Legendre - Héral , et d’autres sculptures par Fabisch, Bonnaire et Bonnet. Un peu en arrière s’élève la tour de l’Horloge, haute de 40 m. et de forme originale. L’autre façade, sur la place de la Comédie (p. 290), est plus simple et plus élégante que la première, refaite par Mansart. Elle se compose d’un bâtiment central avec deux ailes à haute toiture, que relient trois arcades, surmontées d’une galerie à balustrade. L’intérieur est également remarquable. Dans le vestibule se voient des * statues de la Saône et du Rhône, en bronze, par les Coustou; elles étaient au pied de l’anc. statue de Louis XIV, place Bellecour. Les appartements sont splendides.

La place des Terreaux (pl. D 3), devant l’hôtel de ville, est la plus importante de Lyon après la place Bellecour. Elle est décorée d’une fontaine moderne monumentale. C’est sur cette place que Richelieu fit décapiter, en 1642, Cinq-Mars et de Thou, coupables de trahison envers lui , et ici également que fonctionna la guillotine en 1794, jusqu’au jour où l’on substitua la mitraille à ce genre de supplice, trop lent à cause du grand nombre des victimes.

Le palais St- Pierre ou des Arts (pl. D3), au S. de cette place, est un vaste édifice du xvni e s., restauré depuis peu. Il appartenait jadis aux Dames bénédictines, dont le beau réfectoire a été conservé (v. ci-dessous), et il a au centre une cour transformée en jardin public et entourée de galeries à portiques en avant-corps, l’ancien cloître.

*286 III. R. 47. LYON. Musée de sculpture.

Les *mt78ées que renferme ce palais, où il y a aussi une bibliothèque, sont des plus importants. Il y a deux musées de peinture, un musée de sculpture, un musée des antiques, un musée lapidaire et un musée d’histoire naturelle. Les deux premiers et le dernier sont publics tous les jours, les autres seulement les dim., jeudi et jours de fête, de 11 h. à 4, mais visibles aussi tous les jours , aux mêmes heures, pour les étrangers. Il est difficile de tout voir en une fois. Si l’on a peu de temps, commencer par le musée de peinture du 2 e étage, puis voir celui du 1 er et le musée des antiques, etc.

Page 1