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SAINTES

De Paris

la Saintonge. Elle fut particulièrement favorisée par les Romains après la conquête des Gaules, et elle a encore des restes de monuments élevés à cette époque.

De la gare, on prend d'abord à g., puis à dr., par l’avenue Gambetta, qui traverse un faubourg où se voit, à g., dans l’enceinte d’une caserne, Notre-Dame , anc. église abbatiale fort remarquable des xi e et xii e s. , qui ne sert plus au culte et qui a été mutilée. Elle a sur le transept un très beau clocher, composé d’une tour carrée avec trois arcades sur chaque face, au-dessus de laquelle s’élève un tambour à douze arcades géminées, et qui se termine par un toit conique couvert d’écailles. — Il y a une autre église à l’entrée de la caserne, St-Palais, desxn e et xm e s., dont le portail est masqué par un porche.

On entre dans la ville par un pont en pierre, à g. duquel est une statue de B. Palissy, né à Saintes en 1510, marbre par F. Talhuet (1868). Il y a eu Là un pont romain, avec un arc de triomphe, qu’on a démoli de nos jours et reconstruit plus bas, où il est caché par des arbres. Cet arc, érigé sous Auguste en l’honneur de Germanicus, a deux arcades en plein cintre, de 4 m. d’ouverture, et il est décoré de pilastres et de colonnes engagées d’ordre corinthien.

De l’autre côté du pont commence le cours National, la rue principale. Celle d’Alsace-Lorraine, à g., mène à l’anc. cathédrale, dont on a déjà vu la grosse tour. Elle passe à dr. à l’ancien hôtel de ville, édifice de la renaissance avec une tourelle, où se trouvent la bibliothèque et un petit muse’e d’ antiquités de toute sorte (235 num.) : fragments d’architecture et de sculptures, fûts de colonnes, cippes avec inscriptions, surtout, n° 12, l’épitaphe fort curieuse, pour les archéologues, du territorial santon Julius Macer; 30 inscriptions votives à Néron, 34 en l’honneur de l’empereur Claude; des basreliefs et encore particulièrement, n° 205, un autel gaulois.

L 'e’glise St-Pierre, l'anc. cathédrale, passe pour avoir été fondée par Charlemagne, mais elle a été deux fois reconstruite, en dernier lieu à la fin du xvi e s. La tour est toutefois un reste du deuxième édifice, du milieu du xv e s., sauf le dôme qui la couronne. Enfin les bras du transept sont du xn e s. 11 y a un beau portail du style ogival flamboyant sous la tour. La nef est d’aspect lourd , avec ses gros piliers ronds sans chapiteaux et ses voûtes surbaissées. Le transept a pour voûtes de petites coupoles.

On reviendra sur ses pas et l’on continuera de monter le cours National. Sur la colline à g. se trouvait un édifice romain donné à tort, dit-on, comme le capitale, et que remplace aujourd’hui l 'hôpital. Sa destruction date des guerres avec les Anglais ; il n’en reste que des pans de murs. On tournera ensuite à g. dans le cours Reverseaux.

Ve'glise St-Eutrope, plus loin à dr., est de fondation très ancienne, mais elle a été reconstruite au xi e s. et modifiée au xv e , puis après les guerres de religion, comme la cathédrale. Son beau clocher, tout en pierre, est aussi du xv e s. La nef n'existe plus; celle d’aujourd’hui est l’ancien chœur, du style de transition, et un reste du

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à Bordeaux. PONS. I. 11. 2. 45

transept. Il y a deux chapelles latérales à absidioles romanes. Celle du fond , le chœur actuel , est du xv e s., avec des statues modernes des apôtres sous des dais anciens. Sous l’église existe une grande et belle crypte romane du xi e s., à trois nefs et avec trois chapelles, celle de l’abside reconstruite et transformée en sacristie. Cette crypte est éclairée par des fenêtres et on y entre directement de la rue. Elle a de beaux chapiteaux et derrière le principal autel se trouve le tombeau de St-Eutrope, premier évêque de Saintes, qui y fut martyrisé au m e s. : il a été refait de nos jours.

Dans un vallon près de St-Eutrope, à dr. en y arrivant, se trouvent les ruines des arènes, du I er ou du n e s. de notre ère. On y va par la rue en face ou mieux par une ruelle près de l’église, au bout de laquelle on tourne à g. C’était un amphithéâtre de forme elliptique, mesurant 133 m. sur 108et pouvant contenir 20à22000 spectateurs. Il n’y avait qu’un étage de voûtes, inclinées vers l'arène, et qu’une précinction, avec trois rangs de gradins. Sur 74 arcades, il n’en subsiste plus que 9, plus ou moins bien conservées. Il y a un gardien, dont on n’a pas besoin pour traverser Tenceinte, mais auquel il faut s’adresser pour visiter l’intérieur des arènes. Une rue qui passe de l’autre côté du vallon ramène au cours Reverseaux.

De Saintes à Nantes , v. R. 5; à Angouttme, R. 15.

498 kil. Chaniers , dont on remarque l’église romane, à dr. On traverse la Charente, pour en quitter la vallée et remonter celle de la Seugne. — 502 kil. Beillant (buffet), où s’embranche la ligne d’Angoulême. — 508 kil. Montil s- Colombier.

516 kil. Pons ( buffet ; hôt. St-Charles , rue Gambetta), ville de 4615 hab., dans un joli site, sur une colline escarpée au bord de la Seugne. La rue principale du faubourg en deçà de la gare se bifurque au pied de cette colline ; on prendra à dr., par les rues de la Paroisse et Gambetta. Sur une place à l’extrémité se dresse un grand donjon carré du xn e s., haut de 30 m. L'hôtel de ville, à côté, est l’anc. château, des xv e -xvi e s., construit en partie sur de hautes arcades en plein cintre, restes des remparts accolés aux rochers à pic qui terminent la colline de ce côté, par où l’en redescendra. A g., un joli jardin public , à l’extrémité duquel sont les ruines de l’anc. chapelle du château, avec un beau petit portail roman. Un grand escalier descend à la rue basse qui aboutit à g. à la bifurcation mentionnée ci-dessus. La vue de ce côté est très pittoresque.

De Pons à Royan: 47 kil., partie de la ligne directe de Paris à Royan; 1 h. 10 à 3 h. 10. — 38 kil. (6 e st.) Saujon , ville, de 3132 hab., sur la Seudre. Embranch. de la Tremblade. v. ci-dessous. — 47 kil. (8 e st.) Royan (p. 115).

De Pons à la Grève (Roucb-lrs-Baihs) : 61 kil. ; 2 h. à 2 h. 45. — Ligne de Royan jusqu’à Saujon (38 kil.; v. ci-dessus). — 60 kil. (12 e st.) La Tremblade (hôt. : de France , du Cheval-Blanc), ville entourée de marais salants et de dunes, dont dépend Ronce -les - Bains (hôt. du Grand -Chalet), grande et belle plage avec des bains de mer à 3 kil. de la ville (omnibus).

— 61 kil. La Ortve, port de la Tremblade, sur la Seudre, en face de Marennes (p. 68) et non loin du pertuis de Maumusson (p. 68).

Ensuite une belle vue à dr. sur Pons. On retraverse la Seugne.

— 525 kil. Mosnac-St-Oenis. — 529 kil. Clion-sur-Seugne.

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