I. De Tours à Angers
105 kil. Trajet en 2 h. 15 à 3 h. 30. Prix: 11 fr. 95, 8 fr., 5 fr. 20.
Tours, v. p. 21. On laisse à g. les lignes d’Orléans et de Bordeaux, passe sous celle des Sables -d’Olonne et laisse encore à dr. celles de Vendôme et du Mans. Du même côté est la Loire ; le Cher est à g. — 11 kil. Savonnier es, où sont des grottes assez curieuses
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ANGERS
dites caves gouttières, qu'on peut visiter (2 fr. pour 1 à 4 pers.). On traverse ensuite la Loire non loin de son confluent avec le Cher. A dr., les ruines et la pile de Cinq-Mars.
18 kil. Cinq - Mars , village dont beaucoup de maisons sont taillées dans le roc, comme il y en a encore à plusieurs endroits sur cette ligne. On y voit les ruines du château du marquis de Cinq- Mars, favori de Louis XIII, qui fut décapité à Lyon en 1642, avec son ami de Thou, pour avoir conspiré contre Richelieu. A env. l / 4 d’h. à l’E. se trouve la pile de Cinq-Mars, sorte de tour pleine de 29 m. de haut, 5 et 4 m. de large, et couronnée par 4 petites pyramides ; elle est peut-être d’origine romaine et l’on a supposé que c’était un monument funéraire.
La voie continue maintenant de suivre, à distance variable, la rive dr. de la Loire. — 23 kil. Langeais. Il y a un beau château du xv e s., renfermant d’intéressantes collections artistiques et près duquel sont les ruines d’un donjon des x e -xi e s. — 32 kil. St- Patrice. — 39 kil. La Chapelle-sur-Loire.
44 kil. Port-Boulet. Ligne de Châteaurenault , v. p. 21. Embranch. de 15 kil. sur Chinon (p. 73).
52 kil. Varennes-sur-Loire. Avant Saumur, à g., sur la Loire, le pont du chemin de fer de l’Etat (p. 36), long de 1050 m.
61 kil. Saumur (p. 36). Ligne de Paris à Bordeaux, R. 2.
On laisse ensuite à dr. la ligne de Chartres et on longe la leve'e de la Loire , digue de plus de 60 kil. de longueur, qui n’a pas toujours protégé le pays contre les terribles inondations du fleuve: elle a été d’abord construite du ix e au xm e s. — 69 kil. St-Martin-sur- Loire. — 73 kil. St-Clement-des-Leve'es. — 77 kil. Les Rosiers.
Correspond, pour Qennei (4 kil. ; 30 c.), village de la rive g., à 3 kil. en amont duquel se trouve Cunault , qui a une magnifique église romane, aux riches chapiteaux et toute décorée de bonnes peintures murales. Trêves , 1/4 d’h. plus loin, a encore un superbe donjon de plus de 30 m. de hauteur.
82 kil. La Menitre'. — 86 kil. St-Mathurin. Le chemin de fer s’éloigne maintenant beaucoup de la Loire pour gagner Angers. — 93 kil. La Bohalle.
98 kil. Trélazé (5147 hab.), où sont les plus importantes ardoisières des environs d’Angers, assez intéressantes à visiter. On aperçoit plus loin à dr. les tours de la cathédrale, et l’on rejoint la ligne de Paris par le Mans. — 105 kil. Angers (buffet).
Angers. — Gares: St-Laud (pl. E5; buffet), la principale, au S., appartenant à la cornp. d’Orléans, mais jusqu’où vont les trains del’Ouest; St-Serge (pl. Dl), au N., à la comp. de l’Ouest et spéciale pour la ligne de Segré-Laval; la Maître-Ecole (v. marge du plan, G 3), à l’E., à peu près à la même distance que les autres du centre de la ville, spéciale pour la ligne de l’Etat Loudun-Poitiers (p. 75) et aussi sur la ligne de l’Ouest.
Hôtels: Grand-Hôtel (pl. a, E3), place du Ralliement, au centre de la ville (ch. t. c. 3 à 7 fr., rep. 3 et 4); H. d'Anjou (pl. c,F4), place de Lorraine (même prix); H. du Cheval- Blanc (pl. b, E4), rue St-Aubin (pas de table d’hôte le matin); H. de Londres (pl.d, C4), quai Ligny, moins cher; — II. de la Gare, en face de la gare St-Laud.
Cafés: place du Ralliement, au Grand-Hôtel, au théâtre, etc.
ANGERS
De Tours
Voitures: 75 c. et 1 fr. 1a course, l fr. 50 l'heure.
Poste et télégraphe, place du Ralliement.
Angers est une ville très ancienne de 72669 hab., Y Andegavia des Romains, plus tard capitale de Y Anjou et aujourd'hui chef-lieu du départ, de Maine-et-Loire , bien située, sur la Maine, rivière navigable qui se jette 8 kil. plus loin, au S-, dans la Loire. La ville proprement dite est sur la rive g. ; sur la droite est le quartier de la Doutre. Angers était auparavant une ville mal bâtie et que son aspect avait fait surnommer la «ville noire® ; elle s’est presque complètement transformée de nos jours; ses vieux remparts ont été remplacés par de beaux boulevards , bordés de quartiers neufs ; de nouvelles rues ont été ouvertes , d’autres redressées, de grands édifices, des quais et des ponts construits, etc.
I/liistoire d’Angers se confondit longtemps avec celle de l’Anjou, qui fut d’abord un comté illustré par Robert le Fort (m.866), vaillant adversaire des Normands et tige des Capétiens; par Foulques Néra (m. 1040) et Foulques V, qui devint roi de Jérusalem (1131). 11 passa à l’Angleterre sous le petit-fils de Foulques, Henri II Plantagenet, mais fut réuni à la Franee dès 1304, par Philippe - Auguste, qui le confisqua sur Jean sans Terre. La province fut ensuite donnée par St-Louis h son frère Charles (1246), plus tard roi des Deux-Sieiles, passa à la maison de Valois, fut assignée comme apanage à Louis, fils du roi Jean II (1356), et revint à René d’Anjou (p. 51), à la mort duquel elle fut définitivement annexée par Louis XI (1480). Angers devint dès lors une simple commune, qui eut particulièrement à souffrir des guerres de religion (1560-1596), de la Ligue (1582) et de la Vendée (1793), mais ne joua sans cela aucun râle bien important. Cette ville fait un grand commerce d’ardoises. C’est la patrie du roi René, du sculpteur David, dit David d’Angers (p. 49) et du chimiste Chevreul (1786-1889).
La gare principale (St-Laud ; pl. E 5) est au S. de la ville. Prenant la grande rue qui part de là et celles qui la prolongent à dr., nous traversons le boul. du Roi-René (p. 51) et nous passons entre la tour St-Aubin et la préfecture, l’une et l’autre des restes de l’abbaye bénédictine du même nom.
La tour St-Aubin (pl. E4), à g., est encore un beau spécimen du type de clocher propre au S.-O. de la France au commencement de la période ogivale, c.-à-d. à base carrée surmontée d’un étage octogone à quatre clochetons à la naissance de la flèche.
La préfecture (pl. E4) a dans la cour, où l’on entre par la rue à dr., de belles arcades des xi e -xn e s., décorées de sculptures et de peintures. Le reste des bâtiments est du xvii e et du xix e s.
Au N., près de la préfecture, l’anc. e'glise St-Martin (pl. E4), ruine intéressante pour les archéologues. Elle passe pour avoir été fondée au ix e s. et elle a été reconstruite au xi e s.
Delà rue St-Aubin, rue transversale qui descend près de la préfecture, à g., à la cathédrale, part la nouvelle rue Voltaire, qui aboutit derrière le théâtre et par conséquent près de la place du Ralliement, le centre de la ville (p. 52).
La *cathédrale, St - Maurice (pl.D3-4), est un curieux édifice roman et goth. des xi e -xm e s., sauf les flèches des deux tours de la façade et une troisième tour à dôme octogonal ajoutée entre les deux,
à Nantes.
ANGERS
qui datent seulement du xvi e s. La façade, déjà un peu étroite, a été gâtée par l’addition de cette tour; mais elle est décorée de sculptures remarquables du xn e s., restaurées ou refaites de nos jours, comme diverses autres parties du monument. Les huit statues de guerriers de la tour du milieu sont aussi du xvi e s.
L'inte'rieur se compose d’une longue nef sans bas côtés, d’un effet majestueux et d’arehitecture originale. Cette nef a des voûte* domicales ou en coupole surbaissée, qui marquent pour ainsi dire la transition du dôme byzantin à la voûte d’arêtes. On remarquera ensuite les vitraux, des xn e , xm e et xvi e s., des tapisseries des xiv e et xvm e s. (catalogue); le *buffet d'orgue , avec des cariatides, du xvi e s., et la chaire, qui est moderne 1 . A g. de l’entrée, un bénitier en vert antique, supporté par deux lions en marbre blanc, exécuté, dit-on, à Byzance. l)u même côté, dans la nef, le monument de Mgr Angebault (m. 1876), avec une statue en marbre par Bouriché. Une chapelle voisine (grille) renferme un calvaire par David d’Angers, et un vieil autel orné de sculptures et de peintures. Dans le croisillon de g., un tombeau d’évêque du xvii e s. Dans le chœur, une Ste Cécile par David d’Angers.
'L'evêche, au N. de la cathédrale, a été bâti sur l’emplacement d’un ancien château des comtes. Il date du xn e s., mais il a été entièrement restauré à l’intérieur par Yiollet-le-Duc, de 1862 à 1865. C’est un curieux spécimen d’habitation dans le style du moyen âge. Nous descendons la rue et tournons à dr. pour en voir la partie postérieure, qui est fort remarquable. — Dans la même rue, à g., deux vieilles maisons en bois sculpté. Il y en a encore une plus haut, au coin de la rue de dr., derrière la cathédrale. Nous continuons de là tout droit, et nous prenons plus loin à g. la petite rue du Musée.
Le *musée (pl. DE 4) est installé, à dr., avec la bibliothèque de la ville, dans une maison curieuse de la fin du xv e s., dite le logis Barrault, du nom du trésorier de Bretagne qui la fit construire : il y a dans la cour des parties goth. et de la renaissance. Ce musée, qui comprend des galeries de sculpture , de peinture et d’histoire naturelle, est public les dim. et jeudi de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les étrangers.
Rez-de-chaussée. — Sculpture. — Vestibule: plâtres d’après l’antique et plâtres modernes. — Salle a dr. -, suite des plâtres (inscriptions); modèle du fronton du Panthéon de Paris, par David; 75, Maindron (d’Angers), Jeune berger piqué par un serpent; 54, lioudon, buste de Voltaire; 89, Canova, buste de Bonaparte; 61, Et. Falconet, buste du médecin Caïn. Faiconet.
Salles a gauche du vestibule : encore des plâtres et des dessins (salle à dr.). — Ensuite le *musée David, au commencement duquel se trouve le modèle de la statue érigée à l’artiste sur la place de Lorraine (p. 52). Cette galerie comprend, avec quelques originaux, les modèles ou des reproductions de la plus grande partie des œuvres du sculpteur, aussi illustre que fécond, qui se composent de 55 statues, 150 bustes, 70 bas-reliefs, 20 statuettes , 500 médaillons et d’innombrables dessins. Il y a des inscriptions. Les principales œuvres sont dans la 3 e salle, une longue galerie. — l re salle : 73-75, bas-reliefs du monument de Gerbert (Sylvestre II) ; 3, Mort d’Epaminondas, premier grand prix de Home; 4, Ulysse, buste, premier marbre de l’artiste ; 42, Réception du duc d’Angoulême aux Tuileries après la guerre d’Espagne, et encore des bustes. — 2 e salle: 882-884, monument de Boncbamp (p. 54); dessins; bustes; 28, statue de Bichat; 153, 120, têtes de Riquet et de Corneille; 9, stat. de Fénelon; médaillons en bronze; 13, 12, 19, stat. de Gouvion-St-Cyr, de Talma, d’Armand Carrel; 33-35, bas-reliefs du monument de Fénelon; 45, Bataille de Fleurus, bas-
Bsedeker. Centre de la France. 4 e édit. 4
50 I. R. 3. ANGERS. De Tours
relief; 61-64, Œdipe-Roi, e Cid, les Xuées, Tartufe, bas-reliefs. — 3 e salle, beaucoup de bustes, entre autres, à dr., vers le milieu, 155, Lamennais. Au fond et de l'autre côté: 24, Jean Bart, statue; 51-54, Bienfaits de l'imprimerie, bas-reliefs du monument de Gutenberg, à Strasbourg; 20, 27, 8, Ambroise Paré, Bernardin de St-Pierre, le Boi René, statues; 41, Convoi du général Foy, bas-relief; 10, le Général Fov, statue; 39 , 40, autre basrelief du monument de Foy; 128, Paganini , buste en bronze: 17, Cuvier, statue; 85, 174, Volney, Ollivier d’Angers, bustes en bronze; 7, le Grand- Condé, statue; 69-72, bas-reliefs du monument du général Gobert; 119, L. Proust, chimiste, buste en bronze ; 22, Bichat, statue; 97, Béclard, buste en marbre; 23, Mgr de Cheverus, évêque de Boston et archevêque de Bordeaux ; 57-60, bas-reliefs de son monument ; 21 Gutenberg, statue; 2o, Larrey, statue ; 65-68, bas-reliefs de son monument. Au milieu: 11, la Jeune grecque au tombeau de Marco Botzaris; 743, buste en marbre de David, par Toussaint, sur un autel de la Patrie, en bois, sculpté par le père de David; 18, 26, le Jeune Barra, le Général Gobert, statues. — 4 e salle, à côté de la précédente : quelques tableaux, modèles de monuments à David, plâtres et quelques petits marbres modernes.
I er étage. — Muséum d'histoire naturelle, surtout riche en oiseaux et curieux pour l’étude de la minéralogie du pays.
De étage. — Peinture. — Escalier: cartons de Lenepceu, artiste originaire d’Angers, entre autres, 267 et 268, ceux des plafonds du Grand- Opéra, à Paris, et du théâtre d’Angers (p. 52). — I re salle: à g. de la porte, 167, de Troy , Bethsabé au bain; 77, ran Dyck (?), portr. d’homme; a dr. de la porte. 308, d’après le Corrige, la Madeleine. — II e salle: 228, d’après Ingres , Œdipe et le Sphinx ; 131, ilénageot , Astyanax arraché des bras d’Andromaijue ; 175, VUtt, Retour de Priam avec le corps d’Hector; 132, Ménageot , Cleopâtre au tombeau de Marc-Antoine ; — 252, Lenepveu , Maladie d’Alexandre; 50, Devéria, Mort de Jeanne d’Arc ; 251, Lenepreu, Jésus dans le prétoire, œuvre de jeunesse comme le n°252; s. n°, Turpin de Crissé , pavsage d’Italie; 73, Girodel- Trioson, Mort de Tatiusj 9, de Bay, Philoctète; 110, Lehmann, Jérémie. — III e salle, à dr. de la precedente: petits tableaux de valeur secondaire. — IV e salle: 25, Mme Lebrun, l’Innocence se réfugiant dans les bras de la Justice, pastel ; 351, Murillo, Jeune homme ; 353, Ribera, tête de vieillard; 325, Giunta Pisano (xm e s.), la Vierge sur un trône; 340, Italien du xrn e s., la Chasteté de Joseph; 153, Restout, le Bon Samaritain; 318, école lombarde du xri* s., Ecce Homo; 319, Giordano, Adam et Eve; 189, Marie Bouliard, artiste angevine, son portrait; 312, le Guerchin, le Temps amenant la Vérité; 310, le Car ar âge, les Disciples d’Emmaüs; 332, Solimena, l'Annonciation; 336, le Dominiquin, St Charles Borromée; 380, van Thulden, l’Assomption; 137, Mignard , la Vierge, l'enfant Jésus et St Jean; 824, Ribera. portr. d nomme ; 373, Rubens , Silène ivre; 367 , 366, Jordaens, François Flamand; St Sébastien; 363, de Champaigne , Jésus parmi les docteurs-, 397, Ilonthorst, Joueur de violon; 358, Rottenhammer, le Festin des dieux; 316, Lor. di Credi, Ste Famille; 386, Flamand du XVII e s., Ste Famille; 37, Michel Corneille, la Vierge, l’enfant Jésus et St Jean ; 274, Italien du xrn e s., le Christ au roseau; 389, Flamand du xvi I e s., la Charité romaine; 272, Raphaël , Ste Famille, fortement restaurée ; 278, école de Rog. van der Weyden, Calvaire; 329, école de Raphaël, tête de Vierge; 9i, Lagrenée , Mort de la femme de Darius; 183, Wille, Vieillard; 277, école des Franck, les Vierges sages et les Vierges folles; 416, école anglaise du xr/" s. , portr. de femme; — 399, W.vanMieris, l’Enlèvement des Sabines; 405, Ruisdael, paysage: 393 d’après Gér. Do r, le Médecin des urines; 47, Desportes, Chasse au renard; 374, Snyders, Chien écrasé; 376, Teniers le Jeune, le Tête-à-tête; 182, Watteau, Fête de campagne; 377, Teniers le J., la Mère difficile; 324, Maratla, la Vierge adorant l'enfant Jésus; 121, J.- B. van Loo , Renaud et Arrnide; 17, Boucher, les Génies des arts; puis des tableaux de Leprince, Pater et Lancret; 364, de Champaigne, les Disciples d’Emmaiis; 38, Ant. Coypel , l’Olvmpe; 74, Greuze , Mme de Porcin. — V e salle, à g. de l'entrée: s. n°, Maignan , Louis IX console un lépreux; Lansyer, Vue de Clisson ; 255, Lenepveu, portrait; 62, Gendron, les Vierges folles ; 66, Gérard et v an Spaendonck, la Itéveillère-Lépeaux; 130, Jfau-aiic, l'Arabe pleurant son coursier; 48, Desportes, Animaux, fleurs et fruits; 805, Ary Scheffer, portr.
à Nantes.
ANGERS
■du marquis de Las Cases ; 10, Dernier, paysage -, 806. A. Srheffer, portr. du colonel de Sevret; 251, Lenepveu, Cincinnatus recevant les de'putes du sénat; 810, J. Wencker, Saül consultant la Pythonisse; 145, Patrois , Jeanne d’Arc insultée dans sa prison. — VI e salle : 237, d’après Rubens, Dame de la famille Boonen ; 172, Jos. Vernet, marine; s. n°, Ôiacomotti, Italienne, effet de lumière; 253, Lenepveu, Martyre de St Saturnin; 335, d’après le Titien, la Vierge aux anges; 383, 382, Flamands du xrn *»., Concert espagnol; Calvaire; §3, Feyen-Perrin, Episode du naufrage de l’Evening-Star.
Dans la rue qui fait suite à celle par laquelle nous sommes venus de la cathédrale, se trouvent les ruines remarquables de l’anc. église Toussaint , qu’on peut visiter en s’adressant au gardien du musée. Elle a été bâtie au xni e s. et elle dépendait d’une abbaye.
Le *château (pl. CD 4), où conduit plus loin la rue Toussaint, est encore extérieurement un des plus imposants que l’on puisse voir, bien que ses 17 tours aient été en partie rasées et que le percement d’un boulevard au S. en ait fait disparaître un bastion et l’immense fossé. Ce puissant castel féodal date surtout du xm e s. ; il a la forme d’un pentagone et il occupe un rocher qui domine à l’O. le cours de la Maine. On peut le visiter, mais il n’a à peu près rien de remarquable à l’intérieur. Belle vue du chemin de ronde.
Entre le boulev. du Roi - René et le boulev. du Château s’élève la *statue du roi René (pl. D 4-5), en bronze, par David d’Angers.
René (1408-1480), deuxième fils de Louis II d’Anjou, devint maître du duché et de la Provence par la mort de son frère Louis III, et fut quelque temps roi de Naples, par suite du testament de Jeanne II. Il eut toute sorte d’infortunes, perdit presque toutes ses possessions et se retira en 1473 à Aix, en Provence, où il passa le reste de ses jours, parmi les sujets qui lui étaient restés dévoues. Il cultiva particulièrement les lettres et les arts et mérita le surnom de «bon roi». — Le piédestal est entouré de 12 statuettes, aussi en bronze et par David, représentant: Dumnacus, défenseur des Andegaves contre César (v. p. 53); Roland, le paladin; des Nommes illustres des maisons d’Anjou, comme Robert le Fort, Foulques Néra, Foulques V, Henri II Plantagenet (v. p. 48); Philippe-Auguste, Charles d’Anjou, Louis I er d’Anjou; Isabelle de Lorraine et Jeanne de Laval, femmes de René; Marguerite d’Anjou, reine d’Angleterre.
Au S., la belle église St-Laud (pl. D 5), reconstruite de nos jours dans le style roman angevin, à trois nefs aux colonnes très légères, avec transept , déambulatoire, chapelles latérales et crypte sous le chevet. Elle a de beaux autels décorés de sculptures.
Nous descendons à l’O. le boulev. du Château, qui aboutit à la Maine. Le pont de la Basse-Chaîne (pl. BC4) qui y fait suite, a remplacé un pont suspendu qui s’effondra en 1850 , au moment où passait un bataillon d’infanterie , dont 223 hommes furent tués ou noyés. Le pont suivant en amont est le pont du Centre , et le troisième le pont de la Haute-Chaîne, avec la vieille tour du même nom. Sur le pont du Centre, la statue de Beaurepaire (1740-1792), l’héroïque commandant du 1 er bataillon de Maine-et-Loire à Verdun eu 1792, bronze par Maxim. Bourgeois (1889). On a sur l’autre rive une belle vue de la ville, notamment de la cathédrale.
Dans la me qui part du pont du Centre, où l’on voit aussi, à g. près de l’église, une maison curieuse en bois, se trouve la Trinité (pl. B 3), autre édifice remarquable du style roman angevin, sans bas côtés,
ANGERS
De Tours
avec un beau clocher dont le couronnement n’est toutefois que du xvi e s. L’intérieur a des voûtes diminuant de hauteur de l’O. à l’E., pour faire paraître la nef plus longue. On y remarque un magnifique escalier en bois de la renaissance, un Christ de Maindron, etc. — A côté, les ruines de l’onc. église du Ronceray, en partie du xi e s., et la vaste e’cole des Arts et Métiers (pl. B 2-3), dans l’anc. abbaye du Ronceray, spécialement agrandie et transformée.
Plus loin, sur le quai en deçà du pont de la Haute-Chaîne, Tanc. hospice St- Jean (pl. B 2), où est installé un musée abchéolooique, ouvert aux mêmes heures que le musée principal (p. 49). Il occupe une grande et belle salle goth. à trois nefs égales, de la seconde moitié du xm e s., un des premiers édifices goth. qui aient été construits.
Peu d'antiquités, mais beaucoup d'objets du moyen âge et de la renaissance, et bon nombre de peu de valeur. On y remarquera surtout une urne antique en porphyre, avec deux masques de Jupiter, qui a passé pour une des urnes de Cana; une très belle statue d’homme à genoux devant un prie-Dieu, plusieurs statues tombales, de belles boiseries d'un autel de la renaissance et quantité d'autres boiseries, des bahuts, sur lesquels sont des vitrines renfermant des objets de moindre dimension; un coffre fort à serrure très compliquée, etc. 11 y a des étiquettes.
L’hospice St-Jean a été remplacé par l 'hospice-hôpital Ste-Marie (pl. AB1), situé à g. au delà du pont, et qui est de dimensions grandioses (1500 lits). La chapelle est décorée de fresques par Lenepveu. Appert et Dauban, artistes d’Angers.
Nous traversons le pont et suivons les boulevards. A g., la gare St -Serge (pl. D 1 , p. 47) , et au delà , près du séminaire,
St -Serge (pl. El). C’est une ancienne église abbatiale, qui a une assez belle nef du xv e s., mais dont les parties les plus curieuses sont le transept et le chœur, dans le style de la cathédrale, avec des voûtes domicales. Il y a des piliers énormes dans la nef, mais des colonnes de la plus grande légèreté dans le chœur. On remarque aussi le plan du chœur, qui a d’abord cinq nefs, puis trois et enfin une seule, les deux extérieures terminées en absides, les autres par des murs droits.
Nous continuons maintenant de faire le tour de la vieille ville par les boulevards. 11 y a près de celui des Pommiers, à g., un jardin botanique (pl.EFl), qui est très riche et qui forme une belle promenade: sa fondation remonte à 1777. De l’autre côté du même boulevard sont les collections ge'ologiques, dans l’ancien palais de justice.
Le boulev. de la Mairie longe plus loin à g. le Champ de Mars (pl. F 2), où s’élève le palais de justice, construction moderne avec une colonnade d’ordre ionique , en partie masquée par des maisons. A côté, le beau jardin du Mail (pl. F 2-3), où il y a concert les dira, et jeudi. A dr., l'hôtel de ville , un ancien collège, de 1691. Ensuite vient la place de Lorraine , décorée depuis 1880 d’une statue de David d’Angers, bronze par Louis Noël (pl. F 3).
La rue d’Alsace, un peu plus loin à dr., descend à la place du Ralliement (pl. E 3), le centre de la ville. On y remarque le théâtre, bel édifice reconstruit de 1865 à 1871 et décoré de peintures par
à Nantes. ANGERS. I. R. 3. 53
Lenepveu et Dauban; le Grand- Hôtel , encore plus moderne, et l'hôtel des Postes et Télégraphes, achevé en 1891.
Plus bas, rue de l'Espine (pl.DE3), l’*hbtel de Pincé ou d’Anjou, de la renaissance , une des plus belles constructions particulières qui existent encore à Angers. Il a été bâti par Jean de l’Espine, pour Jean de Pincé, maire d’Angers, terminé en 1535 et donné de nos jours à la ville par le peintre Bodinier. Il a été restauré et transformé en musée , ouvert comme les deux autres.
Mcbée, non encore complètement organisé. — Rez-de-chaussée. — ire salle: belle cheminée et beau plafond. Dans les vitrines, des antiquités, des émaux, des ivoires, des bijoux, des faïences. Aux murs, quelques tableaux. — 2 e salle: médailles, estampes. — 3 e et 4 e salles, remarquables aussi par leurs cheminées et leurs plafonds, mais vides en 1891. — L’escalier a de jolies niches et, dans le haut, de jolis culs-de-lampe soutenant les retombées de la voûte. — Entresol: petite salle avec un beau plafond en pierre. — 1 er étage: belle salle avec deux tourelles. — 2 e étage , encore une grande salle avec cheminée et plafond remarquables. — 3 e étage: beaux restes de seulpture de l’hôtel; moulages; cheminée.
A mentionner encore, rue Plantagenet, la façade de l’anc. hôtel de ville (pl.D3), qui date de 1484-1529.
Des omnibus, qui partent au moins toutes les heures (30 et 40 c.), du boul. de Saurnur (pl.É4) ; mènent d’Angers aux Ponts - de -Ci (5 kil. ; v. ci-dessous) et aux ardoisières de Trélazé (6 à 7 kil.; p. 47).
D’Angers au Mans, à la Flèche, à Segrê, r. le Ford de la France.
D’Angers à Loudun (Poitiers): 87 kil.; 3 h. 10 à 7 h. 45; 8 fr. 70, 6 fr. 95, 4 fr. 25. Les trains partent de la gare St-Laud, mais vont passer à celle de la Maître -Ecole (p. 47). — 7 kil. La Pyramide. On traverse la Loire. — 10 kil. Les Ponts- de -Cé (hôt. : du Cheval-Blanc, du Commerce ), ville de 3568 hab., bâtie sur 3 îles de la Loire, reliées par 4 ponts , de 355, 112, 280 et 907 m. de long, qui se suivent et forment avec les chaussées une longueur de 3 kil. Ces ponts, reconstruits de 1846 à 1866, sont d’origine très ancienne («pons Sait») et bien des armées se les sont disputés depuis le temps des Romains. Au centre du grand pont St-Maurille est la statue de Dumnacus , le guerrier gaulois, par L. Noël (1887). Dans la 2 e île, un anc. château fort, déjà mentionné au ix e s., mais reconstruit au xv®. Dans la 3 e , l'église St-Maurille , qui a des stalles curieuses du xvi e s. — 13 kil. Juigné- sur -Loire. — 20 kil. Quincé - Brissac. Brissac, à dr. avant la stat. , a un magnifique château , reconstruit au xvn e s., mais avec des parties des xm e -xve g. — 30 kil. Thouarcé-Bonnezeau. Thouarcé a 2 sources ferrugineuses maintenant exploitées. — 33 kil. Perray-Jouannet. Jouannet a aussi des bains, avec 3 sources ferrugineuses et une source sulfureuse. Embranch. de la Possonnière-Cbalonnes (v. ci-dessous). — 34 kil. Jouannet- Chavagnes. — 37 kil. Martigné-Briand, qui a un beau château de la renaissance. — 51 kil. (12 e st.) Doul-la- Fontaine , petite ville qui a de belles fontaines. — 58 kil. (14 e st.) Le Vaudelenay. A 3 kil. au S. -O., sur une colline, est le Puy-Notre-Dame, qui a une belle église du xm e s., avec un clocher du xv e s. Avant Montreuil-Bellay, un pont sur le Thouet et vue du château de cette ville , à g. — 64 kil. Montreuil-Bellay (p. 39), sur la ligne de Saumur à Bordeaux (R. 2). — 87 kil. (19 e st.) Loudun (p. 74).