LOCHES
A quelques min. de la gare, sur la place de la Tour, se voit la grosse tour St- Antoine, beau reste d’une église du xvi e s. — En continuant tout droit par la rue de la Grenouillère, on voit bientôt à g. la porte Picoys. du xv e s., par laquelle on passe , et qui touche à V*hôtel de ville, jolie construction de la renaissance, du milieu du xvi e s. — Un peu plus loin à dr. est la rue du Château, qui a encore de belles maisons de la renaissance, num. 10, 12, 14 et 23.
Le château avait une enceinte de murailles et de fossés de 2 kil. de développement, qui subsistent en grande partie. Il y a maintenant comme une petite ville dans cette enceinte. En tournant dans la première rue à g., on arrive d’abord à I’église St-Oues, une ancienne collégiale, en grande partie du xn e s., et un édifice des plus curieux. Le vaisseau se compose surtout d’un porche surmonté d’un clocher, de deux travées carrées, dont les voûtes sont d’énormes pyramides creuses, formant toiture et sans aucun jour, et d’un transept que couronne également une tour avec pyramide. Le chœur n'a rien de particulier. La porte est remarquable par les sculptures de l’archivolte. 11 y a sous le porche qui la précède un bénitier ait d’un autel antique, en forme de tronçon de colonne ronde, orné de sculptures. On remarquera aussi, à l’intérieur, les premières stalles du chœur, du xvi e s., et le tabernacle, du xvn® s.
A côté de l’église est l’anc. château boyàl, habité par Charles VII (m. 1461), Louis XI (m. 1483), Charles VIII (m. 1498) et Louis XII (m. 1515), et qui sert maintenant de sous -préfecture. Il date des xv e et xvi e s. et il a du côté de la vallée une belle façade, qu’on peut voir en s’adressant à la concierge, ainsi que le tombeau d’Agnès Sorel (m. 1450), favorite de Charles VIL Ce tombeau, surmonté d’une statue du xv e s, est maintenant, dans une des tours de la façade.
Agnès Sorel, la <Dame de Beauté», originaire des environs de Loches, était demoiselle d'hnnneur de la comtesse d'Anjou quand elle attira sur elle l’attention de Charles VII. C’est en grande partie son influence patriotique qui poussa le roi à continuer la lutte contre les Anglais. Elle légua une forte somme aux moines de Loches et fut inhumée à St-Ours. Plus tard cependant, ces moines, en considération de la vie qu’elle avait menée, demandèrent à Louis XI la permission d’éloigner ses restes de l’église. I.e roi y consentit à la condition qu’ils rendraient l’argent, et il n’cn fut rien fait alors, mais les chanoines purent déplacer le tombeau sans conditions sous Louis XVI. Ouvert en 1793, ce tombeau est maintenant vide.
Ou visite aussi, dans la partie la plus ancienne du château royal, le joli oratoire d’Anne de Bretagne, femme de Charles VIII et de Louis XII.
Le *Donjon ou plutôt l’anc. château fort, à l’autre extrémité de l’enceinte, où l'on va en prenant à dr. de l’église, est encore la partie la plus intéressante. On le visite sous la conduite du gardien, qui donne les explications nécessaires. A g. de l’entrée est le donjon proprement dit, une tour rectangulaire du xn e s., de 25 m. de long sur 14 de large et 40 de haut. Il n’en reste plus que les quatre murs. Il y a à côté, à g., une autre tour de même forme, mais de moitié moins grande et beaucoup plus ruinée. A dr. du