CAMILLA TULLIUS À CAÏUS
Je viens t’annoncer une nouvelle qui te réjouira peut-être : Le vieux sénateur Claudius, un grand ami de ta famille, est parti pour l'Orient avec sa fille Camilla.
Le noble vieillard s’apercevait depuis quelque temps qu'il était devenu suspect. Il était un des rares membres du Sénat qui résistaient quelquefois aux ordres venus de Caprée ; et les délateurs menaçaient d'inscrire son<nom dans les listes de proscription qu'ils par ler à Tibérius ;
or il savait bien que sa parenté avec le Éieu, maître du monde, ne le sauverait pas.
Informéé,du danger, sa femme Flavia, et sa fille Camilla le pressaient de quitter longtemps que son gendPontiu teur de la Judée, et :
l'invitaient à les visiter Enfin, amis, il
-Egypte, et feront où Pilatus habite une
Je les ai vus à leur départ, et j'ai conversé avec eux.
S'il t'arrive de les rencontrer à Jérusalem, ou ailleurs, tu trouveras Camilla à la fois grandie et embellie.
Elle n'a pas précisément cette beauté qui frappe au premier regard, et qui attire immédiatement les hommages. Mais ses traits, sans être absolument réguliers, sont fins, et empruntent une expression charmante à deux grands yeux pleins de lurière sereine et de douceur.
Quand elle se tait et baisse les regards, sa physionomie manque un peu de vie. Mais dès qu'elle prend la parole sa figure s'anime, Dans ses prunelles très ouvertes son brillant esprit allume une
flamme qui répand sur son visage ce ton chaud et ce coloris qui distinguent les belles Romaines.
Une taille élégante complète sa distinction. Mais j'admire tout particulièrement son sourire qui la rend profondément sympathique. C'est comme un rayon de soleil filtrant entre les pétales d'une fleur.
Plus tu la connaîtras et plus il te sera facile d'oublier la belle Myriam. Le solitaire de Tibur te salue.
15 mars 782.-—-Tibur.