‹ Le cercle, ou, La Soirée à la modeChapitre 39 sur 57 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

L'Abbé chante.

Serait-il vrai, jeune bergère, Que mes soins n'ont pu vous charmer?

Que d'efforts il faut pour vous plaire! Il n'en faut pas pour vous aimer.

Le Médecin.

Voilà du délicieux.

Araminte.

Personne ne chante mieux que lui.

LiSIDOR.

Surtout quand on ne l'en prie pas.

L'Abbé.

Comment ! est-ce que j'ai chanté ?

ISMÈNE

Oui, par distraction, ou par contradiction plutôt. Mais on vous le pardonne ; la bizarrerie est l'apanage du talent.

L'Abbé.

Quand j'osai découvrir ma flamme, J'attendais un sort plus heureux.

Tout le feu qui briàle mon âme Ne peut-il qu'animer vos yeux?

Amour, dans ses bras tu reposes ; De son teint tu peins la blancheur.

Je t'ai vu sur son sein de roses ; Je te cherche encor dans son cœur '.

I. Celte ci.anson est, ainsi que la romance du Sorcier, l'imitation d'un sonnet du chevalier Zappi.

5o LE CERCLE

ISMÈNE

L'air est charmant.

Le Médecin.

Expressif.

L'Abbé.

Le trouvez-vous? Ce n'est en vérité que l'ouvrage d'une matinée.

Araminte.

Il est de vous ?

L'Abbé.

Oui, Mesdames.

Damon.

Les paroles...

L'Abbé.

Eh bien, là, sincèrement, qu'en pensez-vous ?

Damon.

Ma foi, je les trouve assez médiocres.

L'Abbé.

Tout le monde. Monsieur, n'est pas de votre avis; et quand je les ai composées...

Araminte.

Comment ! elles sont aussi de vous ? Mais il est universel, notre cher abbé !

L'Abbé.

Monsieur n'a pas daigné saisir l'union intime, le tour de chant, la phrase musicale... Je vais recommencer.

Page 1