LA FEUILLE DE SA ULE
Le vent a détaché du feuillage mouvant
Du vieux saule une feuille, — est-ce une feuille morte ?
Elle choit dans le lac remué par le vent ;
Le flot qui suit le flot la balance et l'emporte.
Le souvenir, hélas! de mon bonheur passé, Le temps l'a dans mon cœur lentement effacé.
Au bord de l'eau couché, je contemple sans trêve La feuille qui s'en va loin de l'arbre penché. Depuis que j'oubliai celle qui fut mon rêve, Je rêve, tout le jour, au bord de l'eau couché.
Mes yeux suivent toujours cette feuille de saule. Voici qu'elle revient sous l'arbre, qu'elle frôle ! O ciel ! le souvenir de mon bonheur passé Dans mon cœur palpitant ne s'est pas effacé !