REFLET
La belle femme aux yeux bronzés, Parmi les fleurs, à la fenêtre, Mordille ses ongles rosés.
Elle attend. Qu'il tarde à paraître,
L'amant nouveau que ses doux bras
Et son cœur tendre ont pris pour maître !
Lorsqu'elle aimait d'ardents soldats.
Son âme guerrière et hautaine Rêvait d'héroïques combats.
Avec un sombre capitaine Elle berça son cœur houleux Sur les flots d'une mer lointaine.
Un marchand riche et cauteleux L'emplit de ruse et d'avarice, L'or collait à ses doigts frileux.
Maintenant sa douleur factice Se marie au factice ennui D'un enfant qui fait son délice.
Ainsi, son cœur trop plein d'autrui Ne fait que refléter, en somme, Les cœurs qui s'approchent de lui.
La- femme est le miroir de l'homme.