LE PECHEUR
La terre a bu la neige et l'azur printanier Sourit de voir neiger mille fleurs de prunier.
Le feuillage du saule, on dirait de l'or vierge ; Et c'est un lac d'argent qui reluit sous la berge.
Ailes jointes, les grands papillons de velours S'endorment sur le cœur des fleurs aux parfums lourds.
La brise dort aussi. Nul souffle ne balance Les humides roseaux où rêve le silence.
En jetant son filet, debout dans son bateau, Le pêcheur a brisé la surface de l'eau.
De même qu'il capture en ses étroites mailles De beaux poissons parés d'éclatantes écailles,
Puissé-je aussi pêcher dans le vaste univers Des songes merveilleux aux filets de mes vers !