PRÉFACE
L'Atlas que nous publions est destiné à faciliter Vétude de la patho cérébrale. Depuis quelques années, les recherches relatives aux localisa fonctionnelles du cerveau ont donné des résultats précieux quïl faut conna et qui intéressent tout aussi bien le médecin praticien que le physiologiste l'étudiant veut tirer profit des lectures et des observations cliniques qu rapportent aux maladies de cet organe, il lui est indispensable d'en connaître la topographie ; sans cela, il ne comprendra rien à la description lésions anatomiques et fonctionnelles qui passeront sous ses yeux, le doui le dégoût s'empareront de son esprit, et, la paresse aidant, il abandom l'étude d'une des parties les plus intéressantes de la pathologie.
Les planches, gravées avec le plus grand soin par M. Lévy, sont la rej. duction exacte de la photographie d'un hémisphère cérébral traité par l'ai nitrique et desséché. Au moyen de ce procédé, on obtient une masse soh résistante, qui, tout en diminuant de volume (environ les trois quarts volume primitif^^ conserve sa forme normale. Les circonvolutions se dessin plus nettement que sur le cerveau frais, car en se desséchant elles se sépar les unes des autres, les sillons s'élargissent, et il est plus facile d'en suivre sinuosités et de se rendre compte de leur parcours et de leurs rapports.
Sur un cerveau ainsi durci , on peut , à l'aide du pinceau et des couleur, l'huile, établir les divisions en lobes et lobules et indiquer aussi la partie corr pondant à la localisation de telle ou telle fonction.
On peut également tracer de cette manière le siège de telle ou telle lésion que l'on aura constatée dans une autopsie et posséder ainsi un répertoire de faits anatomiques se rapportant aux observations prises pendant la vie sur les malades. Il est utile d'avoir sous la main un cerveau ainsi préparé.
Le mode de préparation est des plus simples : on fait un mélange d'acide nitrique ordinaire avec F eau, dans la proportion d'un cinquième ou d'un dixième et on y plonge le cerveau pendant dix à dou^e jours dans le mélange au cinquième, et vingt a vingt-cinq jours dans le mélange au dixième. Il faut avoir soin de dépouiller la masse cérébrale de ses enveloppes, afin de faciliter l'imprégnation par l'acide nitrique. Du reste, cette opération est plus facile avant qu'après l'immersion de la pièce dans le liquide. Le cerveau étant suffisamment durci, on le place sur un lit épais d'étoupes recouvert d'un vieux linge et on le laisse exposé à l'air pendant deux mois. Il faut que le dessèchement . se fasse avec lenteur pour obtenir une masse bien compacte et homogène. Si l'on veut abréger ce dernier temps de l'opération par la chaleur artificielle, la substance cérébrale se fendille, s'écaille, se désagrège et la préparation est perdue. La pièce prend une belle teinte de cire jaune ; mais si elle a été plongée dans une solution qui a déjà servi, elle acquiert une vilaine couleur brun-noirâtre.
On peut également avoir recours à un autre procédé de durcissement, qui consiste dans l'emploi successif du chlorure de TJnc, de l'alcool et de la glycérine.
On commence par enlever avec soin la pie-mère cérébrale , puis on plonge la pièce dans une solution concentrée de chlorure de zinc pendant quarantehuit heures. Ensuite on la place également pendant quarante-huit heures dans V alcool à ^6° ; enfin on l'immerge pendant un mois dans un bain de glycérine.
Le mois étant écoulé, on extrait le cerveau et on l'expose à l'air en ayant soin de le placer sur un épais coussin de crin ou d'étoupes recouvert d'un vieux linge, afin que les parties comprimées ne s'aplatissent pas. La pièce conserve sa
forme normale, elle acquiert une asse^ forte consistance et diminue for volume. Ces préparations paraissent devoir se conserver indéfinim procédé de Carlo Giacomini a été communiqué à l'Académie de méa Turin le 7 juin i8j8 et se trouve reproduit dans la Revue de tome XIII, fascicule I, page 20, numéro du /; janvier i8yg.
M. Beaunis est arrivé au même résultat en employant un mélangt borique et de glycérine dans les proportions suivantes :
Solution concentrée d'acide borique, 200 grammes; glycérine, i litr
PLANCHE I