DE FERRIER CHEZ LE SINGE
1 . — Centre du langage articulé (Broca), correspondant à la partipostérieure ou pied de la troisième circonvolution frontale , qui, dan cet endroit, forme une anse embrassant la courte branche de la scis sure de Sylvius.
2. — Centre des mouvements du membre supérieur, situé sur le:
deux circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, au-dessus d( la partie moyenne du sillon de Rolando.
3 . — Centre des mouvements du membre inférieur, situé à TeEtrémité supérieure de la circonvolution pariétale ascendante.
4. — Centre des mouvements de la tête et du cou , correspondam à l'extrémité postérieure ou pied de la circonvolution frontale supérieure.
5 . — Centre des mouvements des lèvres, occupant l'extrémité postérieure ou pied de la circonvolution frontale moyenne.
6. — Centre des mouvements des yeux, correspondant au pli courbe du lobe pariétal.
Comme les localisations cérébrales établies par Ferrier chez le
singe ne concordent pas exactement avec celles qui résultent de l'observation clinique complétée par l'autopsie, il est indispensable de faire connaître l'opinion d'un des observateurs qui font autorité en c€tte matière.
L'écorce du cerveau n'est pas fonctionnellement homogène; une partie seulement des circonvolutions est affectée à l'exercice régulier des mouvements volontaires. Cette partie, que l'on peut appeler :^one motrice corticale, comprend le lobule paracentral, la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante et peutêtre aussi le pied des circonvolutions frontales.
Toutes les lésions corticales, quelle que soit leur étendue, siégeant en dehors de cette zone motrice, sont latentes au point de vue des troubles de motilité, c'est-à-dire ne déterminent ni paralysies, ni convulsions. Nous pouvons ajouter qu'elles ne s'accompagnent jamais de (Jégénérations secondaires de la moelle épiniére.
Au contraire, les lésions destructives, même très-limitées, atteignant directement ou indirectement la zone motrice, provoquent nécessai- * rement des troubles de la motilité volontaire.
Si la lésion est brusque, si elle détruit d'un seul coup une grande partie de la zone motrice corticale, elle donne lieu à une hémiplégie subite, flaccide, s'accompagnant plus tard de dégénération secondaire de la moelle épiniére et de contractures tardives des muscles paralysés et ressemblant complètement à l'hémiplégie centrale vulgaire.
Si la lésion est limitée à une portion restreinte de la zone motrice
corticale, elle donne lieu à des monoplégies (suppression de foriclions) et à des convulsions aflfectant le plus souvent la forme que nous avons étudiée sous le nom d'épilepsie partielle (phénomène d'irritation). Au bout d'un certain temps, ces lésions destructives, même très-limitées de la zone motrice, déterminent une dégénèration secondaire qui descend, à travers le pédoncule cérébral et la moelle allongée, jusque dans le cordon latéral opposé de la moelle épinière.
L'étude des paralysies et des convulsions d'origine corticale démontre que les centres moteurs corticaux, pour les deux membres du côté opposé , sont situés dans le lobule paracentral et dans les deux tiers supérieurs des circonvolutions ascendantes, et que les centres, pour les mouvements de la partie inférieure de la face, sont placés dans le tiers inférieur des circonvolutions ascendantes, au voisinage de la scissure de Sylvius. Il est très-probable que le centre, pour les mouvements isolés du membre supérieur, siège dans le tiers moyen de la circonvolution frontale ascendante du côté opposé.
Enfin, on ne connaît pas encore exactement la situation des centres moteurs corticaux pour les mouvements de la nuque, du cou, des yeux, ni des paupières.
M. Rendu, dans le Lyon médical (i" avril 1877, p. 446), publie une , observation, dans un cas d'hémiplégie gauche, avec chute presque complète de la paupière supérieure. A l'autopsie, on trouva un ramollissement de 25 millimètres de haut sur 10 à 12 millimètres de large, situé sur le tiers inférieur de la circonvolution pariétale ascendante ^
et empiétant trés-légérement sur le pied du lobule pariétal inférieur. (Charcot et Pitres, Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, 1877, p. 456, 457.)
Dans un précédent travail appuyé sur des observations cliniques suivies d'autopsies, ces mêmes auteurs cherchent à établir que le lobe sphénoïdal, le lobe occipital, le lobule pariétal inférieur, le pH courbe, le lobule de Tinsula, le lobule cunéiforme, le lobule carré, le lobule orbitaire et la partie antérieure des première, deuxième et troisième circonvolutions frontales, peuvent être détruits parle ramollissement, comprimés par des tumeurs, irrités par des esquilles osseuses ou par des épanchements sanguins, sans qu'il en résulte aucun phénomène moteur. De plus, les lésions destructives même très-étendues, siégeant sur les parties de Técorce ci-dessus indiquées, ne donnent pas lieu aux dégénérations secondaires de la moelle épiniére. (JLoc. cit., page 17.)
PLANCHE XVI