‹ Le chalet, comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 18 sur 19 · E DE BRUXELLES - STAT R · texte numérisé non relu

E DE BRUXELLES - STAT R

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BERTUE [se retournant tranquillement et riant ). Qu'est-ce qu il me chuchotle donc à l'oreille celui là ; hussard, pas de gaudriolles, ça n'est pas de mon âge.

VALENTIN

Soyez tranquille, Anna, fiez-vous à moi. ( Il va s* asseoir et tire sa pipe).

ANNA {le regardant).

Sa physionomie m'inspire de la confiance.

eerthe (à part).

La figure de ce hussard me fait peur!

MARTINE AU

Ah! ça , de quoi diable s'agit-il ?

ANICET

Ecoutez, papa, on va sûrement vous le dire.

VALENTIN (à Anna qui est auprès de lui). Demandez à M. Martineau s'il veut vous vendre ce chalet.

ANNA ( timidement).

Mais avec quoi payerai-je.

valentin ( impérativement).

Demandez à M. Martineau s'il veut vous vendre ce chalet ? {Il fume).

ANNA ( embarrassée).

Monsieur Martineau , voulez-vous me vendre ce chalet ?

martineau.

Avec quoi me payerez-vous ?

VALENTIN ( à Anna qui le regarde ) Demandez-lui d'abord combien il 1 estime.

ANNNA.

Monsieur Martineau , combien l'estimez-vous?

MARTINEAU

Il est très-bien bâti.

Valentin ( toujours assis , étant sa pipe de sa bouche et parlant

ferme ) .

Cette jeune fille vous a demandé, combien vous l'estimez.

martineau.

Cela vaut au moins deux mille francs.

ANICET

Ah! ça|n'en vaut pas la moitié.

Tu veux donc me ruiner?

BERTHE ( à part).

Qu'est-ce qu'ils ont donc à regarder notre chalet , ah !... ;'est que M. Martineau veut le faire remettre à neuf. VALENTIN {h Anna qui est près de lui). Il faut prendre un terme moyen , offrez-lui i,5oo francs.

ANNA {très- émue).

Monsieur Martineau, voulez-vons i,5oo francs?

MARTINEAU ( enchanté ).

Si c'était du comptant?

ANNA (à Valentin).

Est-ce du comptant?

VALENTIN {sèchement).

Oui.

ANNA ( à Martineau).

Oui.

MARTINEAU

Ma foi , je vous remettrais alors tous les billets que m'a ails votre père.

ANICET {joyeux).

Tout s'arrangerait et je me marierais.

VALENTIN

Allons, M. Martineau, terminez tout de suite, avez-vous es billets?

MARTINEAU

Dans mon portefeuille.

Rendez-les à mademoiselle, elle va vous payer!

MARTINEAU {enchanté).

En vérité ( à Anna ) , la somme est-elle en or?

ANNA ( à Valentin ).

La somme est- elle en or ?

VALENTIN

Non.

MARTINEAU

Elle est donc en argent ?

VALENTIN

Non.

MARTINEAU

Monsieur le hussard , est-ce une mauvaise plaisanterie ?

VALENTIN

Pourquoi donc ça? la somme est en papier.

MARTINEAU

Ah ! des billets de banque !

VALENTIN

Non.

MARTINE AU

Ah ! ça, non , non , il dit toujours non ; si ce n'est pas de bon papier, je n'en veux pas d'abord.

C'est une signature qui doit valoir à vos yeux celle des meilleurs banquiers de l'Europe.

Air : lime faudra quitter V empire.

Celui qui fit cette reconnaissance , Pour son honneur , dit-on , était cité ,

Comm'je n' crois pas c'que dit la médisance , Et que j' réponds d'sa probité , Son billet doit être acquitté ;

J' voudrais m* trouver dans la passe où vous êtes , Mon plus doux vœu s'rait exaucé , Et je m' dirais : j'en s' rai récompensé , Fair' des heureux , payer ses dettes , Voilà de l'argent bien placé. (bis.)

( A Anna). Remettez ce papier à M. Martineau et diteslui, le chalet m'appartient : voilà vos i,5oo francs.

MARTINEAU

Qu'est-que c'est que ça? ma signature.

ANICET

C'est bon ça. . .

martineau {lisant) Je reconnais avoir reçu de M. Valentin, fourrier au 2e régiment de hussards la somme de. ..

VALENTIN ( qui s'est levé lui montre avec le doigt). » Quinze cens francs, pour trois mille bottes de foin que » je dois lui fournir » et que vous n'avez pas fournies, monsieur, Fex-fournisseur, attendu que les ennemis nous ont fait courir après eux à vingt lieues d'ici.

MARTINÀU.

Qu'est -ee que cela prouve , monsieur le hussard ?

Que je suis le fourrier Valentin, que vous me devez quinze cents francs , et que je vous paie le chalet avec votre quittance. ANICET.

C'est juste papa, vous n'avez pas fourni le foin.

MARTINEAU

Comment! petit drôle. . .

ANICET

N'ayant pas fourni le foin. . .

MARTINEAU

Mais tais-toi donc. • . si j'amasse du bien , c'est pour toi. ( On entend en dehors des cris de joie. ) TOUS.

Qu'est-ce que ceia?

( Ils remontent la scène.) ANICET.

C'est Guillaume, il est chargé comme un mulet. SCÈNE XVIII, ET DERNIÈRE.

Les Mêmes, GUILLAUME

GUILLAUME ( accourant. ) Hussard! hussard! v'ià votre bougette, votre porte- manteau ; il est joliment lourd , votre héritage est sauvé! ( il lui présente la bougette. )

VALENTIN. ( avec inquiétude. ) Et mon cheval ! Guillaume

Sauvé aussi , il est dans l'écurie de monsieur Martioeau , enveloppé d'une bonne couverture; on lui prépare du vin chaud et du sucre.

MARTINEAU

C'est ça , et qui est-ce qui payera?

VALENTIN

Moi, et de grand cœur.

MARTINEAU

Est-ce que vous avez eiicore de moi

VALENTIN. y

Non, mais j'ai de l'argent dans mon poKetïïSmeau.

anna ( gaiment à Guillaume. ) Maintenant je puis t'épouser , mon ami , grâ£e*à lui mon chalet nous restera.

GUILLAUME ( se jetant au cou du hussard. ) Ah ! que je suis heureux !

VALENTIN

Eh! ben hé ! comme il me serre! il m'étouffe, ce n'est pas moi qu'il faut embrasser.

ANNA

Oh ! si , vous le méritez bien ... et si j'osais . . .

VALENTIN

Osez, mon enfant. ( lit embrasse. )

ANICET

Tenez, hussard, vous m'enlevez celle que j'aime, mais

non papier? / * ; j*

c'est égal, vous êtes un brave garçon, permettez. ( il l'embrasse très-fort )

BERTHE, En! ben, v'ià que tout le moud* r embrasse , il faut que je fàs&e comme Ils autres permettez, monsieur !e hussard.

VALENTIN

Volontiers, la vieille.

BERTHE ( riant. ) Hé ! il me chatouille avec ses moustaches. v.vLENTïn ( aux jeunes qens. ) Ah! ça, si vous voulez que je sois de la noce , il faut !a i iire promptement , entre amis on ne se gêne pas ; vous me permettrez de commander le repas chez monsieur Martineau. je le payerai en ot\

MAUÏINEAU.

En or, à la bonne heure.

BERTHE

3v n'entends pas un mot de et quiis disent, mais c'est égal, je vok que monsieur Martineau a fait quelques beaux traits de générosité^ j'ai toujours dit que c'était un brave homme ; un bon vois;n , un bon ami.

VALENTIN

Eh : bien la vieille est bien au courant.

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