E DE BRUXELLES - STAT R
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BERTUE [se retournant tranquillement et riant ). Qu'est-ce qu il me chuchotle donc à l'oreille celui là ; hussard, pas de gaudriolles, ça n'est pas de mon âge.
VALENTIN
Soyez tranquille, Anna, fiez-vous à moi. ( Il va s* asseoir et tire sa pipe).
ANNA {le regardant).
Sa physionomie m'inspire de la confiance.
eerthe (à part).
La figure de ce hussard me fait peur!
MARTINE AU
Ah! ça , de quoi diable s'agit-il ?
ANICET
Ecoutez, papa, on va sûrement vous le dire.
VALENTIN (à Anna qui est auprès de lui). Demandez à M. Martineau s'il veut vous vendre ce chalet.
ANNA ( timidement).
Mais avec quoi payerai-je.
valentin ( impérativement).
Demandez à M. Martineau s'il veut vous vendre ce chalet ? {Il fume).
ANNA ( embarrassée).
Monsieur Martineau , voulez-vous me vendre ce chalet ?
martineau.
Avec quoi me payerez-vous ?
VALENTIN ( à Anna qui le regarde ) Demandez-lui d'abord combien il 1 estime.
ANNNA.
Monsieur Martineau , combien l'estimez-vous?
MARTINEAU
Il est très-bien bâti.
Valentin ( toujours assis , étant sa pipe de sa bouche et parlant
ferme ) .
Cette jeune fille vous a demandé, combien vous l'estimez.
martineau.
Cela vaut au moins deux mille francs.
ANICET
Ah! ça|n'en vaut pas la moitié.
Tu veux donc me ruiner?
BERTHE ( à part).
Qu'est-ce qu'ils ont donc à regarder notre chalet , ah !... ;'est que M. Martineau veut le faire remettre à neuf. VALENTIN {h Anna qui est près de lui). Il faut prendre un terme moyen , offrez-lui i,5oo francs.
ANNA {très- émue).
Monsieur Martineau, voulez-vons i,5oo francs?
MARTINEAU ( enchanté ).
Si c'était du comptant?
ANNA (à Valentin).
Est-ce du comptant?
VALENTIN {sèchement).
Oui.
ANNA ( à Martineau).
Oui.
MARTINEAU
Ma foi , je vous remettrais alors tous les billets que m'a ails votre père.
ANICET {joyeux).
Tout s'arrangerait et je me marierais.
VALENTIN
Allons, M. Martineau, terminez tout de suite, avez-vous es billets?
MARTINEAU
Dans mon portefeuille.
Rendez-les à mademoiselle, elle va vous payer!
MARTINEAU {enchanté).
En vérité ( à Anna ) , la somme est-elle en or?
ANNA ( à Valentin ).
La somme est- elle en or ?
VALENTIN
Non.
MARTINEAU
Elle est donc en argent ?
VALENTIN
Non.
MARTINEAU
Monsieur le hussard , est-ce une mauvaise plaisanterie ?
VALENTIN
Pourquoi donc ça? la somme est en papier.
MARTINEAU
Ah ! des billets de banque !
VALENTIN
Non.
MARTINE AU
Ah ! ça, non , non , il dit toujours non ; si ce n'est pas de bon papier, je n'en veux pas d'abord.
C'est une signature qui doit valoir à vos yeux celle des meilleurs banquiers de l'Europe.
Air : lime faudra quitter V empire.
Celui qui fit cette reconnaissance , Pour son honneur , dit-on , était cité ,
Comm'je n' crois pas c'que dit la médisance , Et que j' réponds d'sa probité , Son billet doit être acquitté ;
J' voudrais m* trouver dans la passe où vous êtes , Mon plus doux vœu s'rait exaucé , Et je m' dirais : j'en s' rai récompensé , Fair' des heureux , payer ses dettes , Voilà de l'argent bien placé. (bis.)
( A Anna). Remettez ce papier à M. Martineau et diteslui, le chalet m'appartient : voilà vos i,5oo francs.
MARTINEAU
Qu'est-que c'est que ça? ma signature.
ANICET
C'est bon ça. . .
martineau {lisant) Je reconnais avoir reçu de M. Valentin, fourrier au 2e régiment de hussards la somme de. ..
VALENTIN ( qui s'est levé lui montre avec le doigt). » Quinze cens francs, pour trois mille bottes de foin que » je dois lui fournir » et que vous n'avez pas fournies, monsieur, Fex-fournisseur, attendu que les ennemis nous ont fait courir après eux à vingt lieues d'ici.
MARTINÀU.
Qu'est -ee que cela prouve , monsieur le hussard ?
Que je suis le fourrier Valentin, que vous me devez quinze cents francs , et que je vous paie le chalet avec votre quittance. ANICET.
C'est juste papa, vous n'avez pas fourni le foin.
MARTINEAU
Comment! petit drôle. . .
ANICET
N'ayant pas fourni le foin. . .
MARTINEAU
Mais tais-toi donc. • . si j'amasse du bien , c'est pour toi. ( On entend en dehors des cris de joie. ) TOUS.
Qu'est-ce que ceia?
( Ils remontent la scène.) ANICET.
C'est Guillaume, il est chargé comme un mulet. SCÈNE XVIII, ET DERNIÈRE.
Les Mêmes, GUILLAUME
GUILLAUME ( accourant. ) Hussard! hussard! v'ià votre bougette, votre porte- manteau ; il est joliment lourd , votre héritage est sauvé! ( il lui présente la bougette. )
VALENTIN. ( avec inquiétude. ) Et mon cheval ! Guillaume
Sauvé aussi , il est dans l'écurie de monsieur Martioeau , enveloppé d'une bonne couverture; on lui prépare du vin chaud et du sucre.
MARTINEAU
C'est ça , et qui est-ce qui payera?
VALENTIN
Moi, et de grand cœur.
MARTINEAU
Est-ce que vous avez eiicore de moi
VALENTIN. y
Non, mais j'ai de l'argent dans mon poKetïïSmeau.
anna ( gaiment à Guillaume. ) Maintenant je puis t'épouser , mon ami , grâ£e*à lui mon chalet nous restera.
GUILLAUME ( se jetant au cou du hussard. ) Ah ! que je suis heureux !
VALENTIN
Eh! ben hé ! comme il me serre! il m'étouffe, ce n'est pas moi qu'il faut embrasser.
ANNA
Oh ! si , vous le méritez bien ... et si j'osais . . .
VALENTIN
Osez, mon enfant. ( lit embrasse. )
ANICET
Tenez, hussard, vous m'enlevez celle que j'aime, mais
non papier? / * ; j*
c'est égal, vous êtes un brave garçon, permettez. ( il l'embrasse très-fort )
BERTHE, En! ben, v'ià que tout le moud* r embrasse , il faut que je fàs&e comme Ils autres permettez, monsieur !e hussard.
VALENTIN
Volontiers, la vieille.
BERTHE ( riant. ) Hé ! il me chatouille avec ses moustaches. v.vLENTïn ( aux jeunes qens. ) Ah! ça, si vous voulez que je sois de la noce , il faut !a i iire promptement , entre amis on ne se gêne pas ; vous me permettrez de commander le repas chez monsieur Martineau. je le payerai en ot\
MAUÏINEAU.
En or, à la bonne heure.
BERTHE
3v n'entends pas un mot de et quiis disent, mais c'est égal, je vok que monsieur Martineau a fait quelques beaux traits de générosité^ j'ai toujours dit que c'était un brave homme ; un bon vois;n , un bon ami.
VALENTIN
Eh : bien la vieille est bien au courant.