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Le chambard socialiste

Sous prétexte qii’üne bombe a été lancée dans la salle de leurs séances, les locataires du i’alais-Bourbon s’en prennent, don pas au dynamiteur, mais à la République elle-mêrtlé tjn’ils ottt la 1

ssion de défendre et de culti-

Nous revenons aux temps obscurcis et honteux des Vandales, où le brutal instinct poussait les hordes sauvages à mutiler tout ce qui faisait l’orgueil des civilisations séculaires. ....

Sur uu signe de leurs cliofs de meutes, ces misérables chiens du parlement se sont rués à la curée de nos libertés les plus précieuses.

lin vain des voix s’élevaient pour les rappeler au rester/. du patrimoine républicain, arrosé et fécondé du sang de plusieurs générations. Ils n’entendaient que le eri des piqueurs : Sus à la Liberté!

Et leurs gueules immondes fouillaient voluptueusement b s entrailles de la victime.

Les mâtins éreintés de la Droite jouaient du chicot; les dogues du Centre roulaient leur ventre appesanti sur les chaires fumantes; les opportunistes aux dents longues broyaient les os pour eu extraire la moelle.

Ce fut à qui dépasserait son voisin en ignominieuse voracité.

A cette heure le crime est consommé! La liberté gitdémembrée et pantelante, prêle à rendre son âme endolorie au premier soudard éperonnô que la réaction capitaliste jettera sur elle. On no us promettait l’alliance russe. Nous avons celle des cosaques qui vaut mieux. Ces joyeux enfants de la barbarie peuvent venir, ils ne trouveront aucune différence entre notre état- politique et celui de l’empire des czars.

Nous ne pouvons même pas leur envier le knout, car

1 ont citoyen qui tombe ès pattes de la |

a sort déchiqueté. Le talon de botte remplace la lanière, avec cet. avantage qu’il brise comme verre les mâchoires humaines. , ■*

En prison ! l’écrivain assez audacieux pour enseigner le peuple et jeter à la fuce des exploiteurs les iniquités dont ils vivent.

La vérité sociale est proscrite ! Proscrite aussi la vérité philosophique! Proscrites toutes les vérités!

Suivant l'évangile nouveau, dicté par le ministère aux législateurs, ses valets, . l'exploitation de l’homme s’impose îi notre espèce, le travailleur doit entretenir au prix de son labeur ininterrompu tous les parasites sociaux. Défense lui est. faite de se plaindre, à plus forte raison de secouer le joug.

Va, bonhomme! trime, peine, sue, monte ton calvaire! Tout est bien qui finit bien : l’hôpital ou la voirie t’attend.

Voilà l’ordre Pour le maintenir, Casimir-Périer et sescomplices ont des gendarmes, des policiers, des gardechiourmes ; une armée innombrable munie de fusils et de canons à tir rapide.

Par excès de précaution, d’autres gendarmes, d’autres policiers vont être embauchés. On ne s’arrêtera que lorsque la moitié de la nation gardera l’autre moitié!

Ainsi le veulent nos députés, sur la tête desquels la bombe du dynamiteur Vaillant a fait descendre la flamme de l’Esprit-Saint.

Grâce à cette Pentecôte fin-de-siècle, ils voient ce que leurs yeux u’avaieut pu distinguer jusqu’ici; ils entendent ce que leurs oreilles ne percevaient. point; ils sentent la vraie doctrine.

Raynal, l’hommedes conventions, leurapparaîtcomme la plus haute incarnation de la probité; la conscience de Burdeau est le modèle des consciences; la bonne foi suinte de la bouche de Jonnart, la sincérité bouillonne dans ses discours ; Dubosi figure l’intégrité et Casimir- Périer préside à cette multiple apothéose, du haut de ses cinq cent mille francs de rentes que les mineurs d’Auzin arrachent sans relâche aux profondeurs ter-

restres

Ainsi se formule la doctrine républicaine fraîchement éclose des cervelles vespasiennes où fermentent nos destinées nationales.

Eh bien ! les socialistes ne l’acceptent point et ne l’accepteront jamais. Ils continueront à traiter comme ils le méritent les hommes qui imposent ces hontes politiques et ce servage économique à la démocratie labo-

Le Chatnbwd ne se propose point d’autre but. U l’unique devoir qu’il accepte. Il le remplira.

En route, camarades !

Gérault-Richard .

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