DANS LE TRENTE-SIXIÈME DESSOUS
Le vieux Jules Simon fait dos niches n Sa jeuucsso, pour y placer sans doute los statues que l’Eglise lili réserve quand il aura élo canonisé !
On l’entendit autrefois réclamer la laïcité do l’Etat et de l’Ecole. 11 s’agissait alors, pour lui, de gagner dans la société civile los honneurs qu’un évêque fougueux, Mgr Dupanloup, lui promenait ironiquement dans la société religieuse.
Simon est en train do rétracter les paroles andneieuses arrachées à son ambition. Il n'a plus rien à gagner, pas mémo en abjection. Il lut ministre, il est sénateur inamovible, il est académicien. 11 a fourré sa progéniture dans tous les coins do l’administration et chacun des mots prononcés par lui, eu faveur do la Répubfique, a été payé aussi cher que les notes d'une cantatrice
Satisfait de son sort et rassuré sur l’avenir, le vieux Simon songe a la vio future. Il s’agit, pour lui, de perpétuer, dans l’autre inonde, les jouissances qu’il s'est procurées dans celui-ci. Il s’agit de rendre éternelle l’inamovibilité de son sénatorial et véritablement. immortelle sa place d’académicien.
O’est pourquoi M. Simon vient de se réconcilier avec le nommé Dieu .
Dans un de ses discours, qui ressemblent à des sermons et dans un (le ces articles qui ne se distinguent eu rien des instructions à l’usago des jeunes filles congréganistes, lo vieux jésuite à robe courte, Somme le gouvernement do ramener la France au bon Dion.
Pour lui, c'est lo seul remède aux maux dont sonffre la société et le meilleur moyeu d’empêcher les explosions, consiste pour lui, a noyer les bombes des dynamiteurs dans l’eau bénite.
Une fois qn’on aura remis l’enfant entre les mains des bons frères qui leur inoculeront, suivant la méthode de Oiteaux, le » virus » sacré, une fois que les malheureux couchés par la maladie sur un lit d hôpital seront exorcisés par les sœurs ot les prêtres ; une fois enfin que le clergé aura reconquis le pouvoir dont la démocratie l’a dépossédé, tput ira pour le mieux dans lu meilleur des mondes. La terre, métamorphosée en un paradis sans nuages jouira d’un éternel printemps et d’un bonheur inaltérable; les hommes, do méchants, d’égoïstes, de cruels, d’oppresseurs qu’ils sont aujourd’hui changés comme par miracle, deviendront doux bienfaisants, dévoilés au bieh-étre collectif.
Plus do haines, plus d’envie, plus do chagrins ! Le pauvre aimera le nche qui lui rendra sou amour; les possédants partagoravaillenr prodiguera sans ' """ équitable salaire^
rôtit en frères avec les gueux. Le compter ses efforts et ses peines, eu „
r il va île soi que los hommes seuls échanger
fonctionnera comme devant.
Ün n’ on tondra plus ces déchirements, ces cris de douleurs ees clameurs de révolte; tous les hommes se déclareront satisfaits do leur sort et béniront le Dieu do M. Jules Simon.
Beau rêve ! Belles illusions ! Saint apostolat.
Mais... car hélas! il y a un mais à ce tableau enchanteur et un mais énorme qui l’obscurcit à nos yeux. ..mais l’exporienco précitée par M. Jules Simon a été faite. Mlle a même duré longtemps, dixhuit. cents ans si je m’en rapporte aux bruits qui courent à travers les pages de l’Histoire.
Les expérimentateurs possédaient tous les moyens de réussite. Maîtres absolus, sans contrôle et à l’abri des moiudros critiques, ils purent à leur aise appliquer la médication que le docteur empiriste Jules Simon, plagiaire des dooteurs do l’Eglise, voudrait nous prescrire de nouveau.
Dix-huit siècles durant l’humanité leur appartint. Ils en firent ce qu’ils voulurent.
Où l’ont-ils menée? Aux guerres, aux massacres, en passant par les tortures et les bûchers.
Ri, suivant le mot de Grégoire de Tours, l’histoire îles rois est le martyrologe des peuples, la domination de Djeu et de son Eglise fut le martyre de l’humanité.
11 fant croire que les prêtres eux-mêmes ne jugeaient pas le règne de Dieu sur la terre avec l’optimisme de M. Jules Simon puisque nous les voyons mêlés à tous les troubles politiques, à tous les bouleversements sociaux qui aboutirent à la Révolution
Ou est donc mal venu à nous peindre sous des couleurs édéniquosle bon vieux temps. Et c’est aller trop loin dans la dérision et la moquerie que de nous prêcher le retour il un état de choses contre lequol des générations entières protestèrent et qu’elles détruisirent au prix des plus grands Sacrifices.
Au fond, M. Jules Simon n’ajoute pas une plus grande foi quo nous à l’efficacité de son remède. Seulement il espère de la sorte détourner le courant qui menace sa classe.
Lui et ses pareils ont vu trop tard le danger. Ils tenteraient vainement de le conjurer. Et tous les dieux de tous les Olympes, et toutes les religions de tous les pays, do toutes les périodes de l’humanité demeureront choses mortes à jamais.
Dieu ne guérit plus les paralytiques. Comment giiérirait-il un mal aussi universel et aussi profond que la misère? Nous l’avons remisé parmi les vieux flacons pharmaceutiques et M. Jules Simon aura beau nous rebattro les oreilles de ses boniments et de ses parades sacro-foraines, ilne rétablira pasl’autiquo modo. Notre salut est dans cette formule : Le Socîalismopar la Révolution Sociale.
Bric à brac
Joute demande pourquoi la conscience de Raynai est aussi iKjifb, car elle n’a aucun deuil à porter.
Quand un politicien bourgeois cherche à étendre le champ de scs connaissances, ce n’est pas par goût du beau, du bien et du justo, mais uniquement afin de pouvoir mieux nuire à l’humanité.
J’admire les ventrus du Centre qui veulent obliger le peuple à so contonter de pou, alors qu’eux ne savent même pas se contenter de tout.
S’il faut eü croire une légoude lyonnaise, le gros banquier Aynardjmanifesta dés sa plus tendre jeunesse d’heureuses dispositions. Lorsqu’il entendait le son d’une pièce do cent sous, il faisait, de joie, caca dans ses bingos. A présent il fait des discours qui ont presque autant de saveur.
Dès l’âge do puberté, Kayuul prêtait avec usure à ses camarades les billes qu’ils avaient achetées. Comment s’y prenait-il ? O génie des affaires !
Ce qui distinguo les travailleurs des bourgeois parasites, c’est que les premiers ont les mains noires et la conscience blanche, tandis que les seconds ont les mains blanches et la conscience
Une vieille et stupide complainte prétend que Crédit est mort. La preuve du contraire c’est quo maints députés opportunistes trouvent moyen d’hypothéquor leur conscience pour le quadruple de sa valeur.
Raynai, chacun le sait, méprise profondément les hommes de lettres, les artistes, en un mot tout co qui n’est pus trafiquant. L’autre jour on citait, devant lui, avec admiration, une ligne de Victor Hugo. Raynai fit la moue :
— J’aime bien mieux, dit-il, une ligne de chemin de fer.
A propos des histoires do fonds secrets révélées par le sieur Ducret de la Cocarde :
La vérité sort dn puits et le monsonge sert Dupuy.
A deux sous tout le paquet
Carnot so débauche 11 Ilirte avec la princesse Waldemar, par le canal de M. de Beauchamp. ’i'urrel est jaloux. Encore une bonne occasion de manquée !
Nouveau grand chahnt, à l’Elysée présidentiel, lq 8 mars prochain. Décidément on lèvo beaucoup la jambe, chez nos vertueux présidents.
Emprunté aux feuilles de ce mondc-là :
« La douzième exposition culiuaire a été inaugurée hier, au premier étage du palais de l’Industrie.
« A signaler un tabloeu représentant M. Carnot et le tsar, ledit tableau en saindoux et en charcuterie. »
Pauvres cochons IQuel était donc leur crime?
Lors delà visite laite à Bismarck par Guillaume, les vins suivants figuraient sur la table et ont été bus :
« Muscat. — Madère de 1702. — Bière de Spatenbrau. — Deidesheimor (vin du Rhin) 1880. — Moët et Ohundon. — Vin de Moselle 1802. — Steiuberger Cabinet 1801 (la bouteille envoyéo par l’empereur). — Château -Margaux 1858. — Clos-Vougeot 1802. — Geisouheimer (vin du Rhin). — Euliu, vin rouge italien offert par M. Crispi à Bismarck, et qu’on appolle l’Albanello. »
Et l’Allemagne lut ivre de joie.
Le couple impérial autrichien est dans nos murs... dn moins entre nos frontière?. Il voyage incognito et eu chemin do fer.
Si on n’avait pas plus respecté celui-ci qme celui-là, les augustes voyageurs, dont l’un s’appelle Joseph d’ailleurs, seraieut dans
Les écuries Sont réouvertes, les champs de courses sont réouverts, les salons sout réouverts, les goussets des imbéciles sont réouverts. Los chevaux courent, les dames aussi, les pièces do cent sous roulent et les gogos sont roulés.
Grand déballage l’autre dimanche à Àuteuil. Monde, demimonde, quart de monde, toute la crème de la lie sociale était là. Des princesses, des marquises, des cocottes, des volailles de prix, poissons de choix, passaient à la criée.
Et Jules Simon, ainsi que Bérenger, — pas celui de la Lisette, celui dos betteraves, — Frédéric Roissy moralisent. Ca se voit, mais ça no se sent guère.
AVIS AUX COLLECTIONNEURS
Il a été tiré du dessin : Sans le sou; cent épreuves lithographiques, hors texte , sur papier de luxe, numérotées de / à 100. Prix 2 francs en noir ; 2 fr. 25 en couleurs.
S’adresser chez M. Kleinmann, marchand de dessins et d'estampes. S, rue de la Victoire.
Les collectionneurs trouveront à la même adresse et aux mêmes prix des épreuves lithographiques , hors texte, des dessins publiés par le Chambard : L’Attentat du Pas-de-Calais; l’Epouvantail bourgeois; la Bonne Année ; la Cadette ; la Misère sous la Neige ; Pauvre Pandore ; Psychologie du Militaire professionnel ; Jolie Société ; Le Cri des Pavés ; Suprême argument ; En Carême ; Cent millions.
On connaît la pièce (le Jl. Maurice Barrés, Une journée parlementaire, qui, interdite par la censure, vient d'étre représentée sur la scène du Théâtre-Libre. Mais ce qu’on ignore généralement, c’o<l qu’avant d’écrire celle pièce, le jeune ex-député-auteur en avait conçu une tout autre, 4 coup sûr plus curieuse, plus audacieuse et plus vraie aussi. Qui a pu l'amener 4 laissera l'état de scénario, uue tollo œuvre, pour lui substituer la bénévole comédie qui vient de nous cire donnée ? Nous ne saurions le diro. Mais l'indélicatesse d'un valet de chambre placé auprès de AI. Barrés par la préfecture, nous ayant mis à mémo d’en prendre sonnaissatice, nous nous emprossons do publier ce manuscrit « première manière -, quo M. Barrés intitulait suggesti ventent : Une Fournée parlementaire.