‹ Le chambard socialisteChapitre 183 sur 412 · LA MORT DE DELESCLUZE · texte numérisé non relu

LA MORT DE DELESCLUZE

Delesçtüzc avait dit :

» ... ;• . — Puisque sous leur drapeau

Le-PeujJleét le Devoir m’appellent de iTpuveau,

Jirâi, moi le Wêi’llard qu’on respecte et qu’on aime, Mourir le frorit’levé, dans la lutte suprême. - Puis il avait écrit ceci : 1

— Ma bonne sœur,

Je ne v.eux nijgie peus.’aux mains de l’oppresseur Tomber corn me jouet au victime. Pardolnie Si je pars aVant toi, qui, toujours douce et bonne,

M as tout sacrjlîé. Mais, vois-tu bien, je sens Qu’a près tant db- combats et d'efforts impuissants,

Tl ne me-reste point, brisé par, la tempête,

La forée dfrsü,b;r encore une défaite.

Je t'erfÀqjas^q-et j,e .t'aime. Avant de m'endormir,

Top. •souvenir’ sera ritan dernier Souvenir.

H é'ia's, depuis M ’toprt de notre pauvre mère, '

Je n îSvais plus que toi-dé famille. Ton frère- Te bénit. Je tVmbrasse encore en te quittant.

Adieu. Je t'aTmerai jusqu'au dernier instant.

Alors il pritrâa.’caiiue et, grandi par son rôle.

Il roula gravement autour de son épaule La grande écharpe rouge éblouissante à voir;

Puis, pour aller mourir, pour faire le devoir,

Pensif, le frontbaignë de lueurs sidérales,

11 eritra- lentement datas l’ouragan des balles.

O cacho.ts de Beile-Isle, ô pontons des proscrits,

O prisons.de la'Corse, ô bagne qui le pris,

Traînant^ ses deux’pieds le boulet et la chaîne, Cellules de Mazas et soleils de Cayenne,

Mtfr qui battait un vent d'exil et de malheur,

Vous tous, ô vieux témoins de sa vieille douleur, Regardez-!e devant l'ardente fusillade, 1 - Stoïque et désarmé, gravir la- barricade !

Delescluze attendait les balles gravement..

Et le canon grondait de moment en moment ;

Et ceux qui dans un coin râlaient leursjdérniers râles, Eblouis, saluaient avec-leu-r tètes pâles.,

Lui, debout

Et calme, souriait à la Mort.

Tout à coup

Il tomba.

Les clairons rugirent; la fournaise Flamboya; tu grondas sons le ciel. Marseillaise !

Et, dans la nue é’rrame, où le tonnerre dort, L'Histoire frissonna.

Delescluze était mort.

Page 1