LAIZE
L'homme a-t-il un coiur? A-t-il un cerveau?
Les Socialistes répondent : (lui, et les économistes i-épondenl : Non.
Entendons-nous quant à çoux-ci. Us ont une pensée de derrière la têtu. Us se disent :
,11 y a deux catégories d’hommes : ceux qui, comme salariés, sont aux ordres de ceux qui les paient. Us ont un cœur, c'est possible- un cerveau, cela se peut. Mais avant la satisfaction du ces organes,’ ils doivent su nourrir, se loger, se vêtir. Or, si les nécessités de la production 1 exigent: s'ils doivent travailler quatorze heures ou plus par jour pour vivre, l'exercice de leur initiative leur imposo do remiser leur cœur et leur cerveau. Us remplissent une lâche socialo qui domine leurs petits besoins individuels : celle d'augmenter la richesse. Us agissent d'ailleurs, dans toule la plénitude de leur liberté. Aucune loi, en effet, ne les force à travailler pour un salaire qu'ils jugent insufûsant. La snblimité du contrat du travail enlre le capitaliste et le prolétaire, c'est que la volonté de l’un et de l’autre, est respectée. Si h*
t dans la longue durée du
co;ur et lè cerveau du dernier, naufragen travail, tant pis pour lui !
Les socialistes, eux, proclament :
Une trop longue durée de travail constitue, pour celui qui en subit le joug, une mutilation de §on être, un homicide plus ou moins déguisé. Le prolétaire écrasé par cette situation est à la fois la victime d uu vol et d'un assassinat. Un vol, parce qu'une portion de ce qu'il produit va dans lé coffre-fort do son employeur; un assassinat — au moins partiel, — parce que les sources de joie et de dignité humnine qui devraient couler en lui sont taries.
La Premier Mai proclame ces vérités. U revendique pour tous un travail vraiment humain. La formule des trois-huit jette à la monstnicuse société actuelle ùn défi et un espoir de transformation sublime. ■
G est la préface du livre d'un avenir prochain. Encore quelques jours, et elle sera popularisée dans le monde européo-aùiéricain.