‹ Le chambard socialisteChapitre 275 sur 412 · AURÉLIEN SCHOLL · texte numérisé non relu

AURÉLIEN SCHOLL

Le baron millionnaire Hirsch se paye le luxe d'un défi craché A la face des mcurl-de-faim : il invite une trentaine d'amis tous millionnaires comme lui A festoyer, en savourant le contraste de leur luxe et de la misère ambiante.

Pondant ce temps, comme dos sauterelles en Algérie, comme un exode deftribus affamées, tous les sans- travail d'Amérique s’ébranlent vers le (Ipitolo de Washington. Sons Louis-Philippe, on annonçait la Révolution du mépris. Ils veulent faire la Révolution du tableau vivant. Sons les yeux des législateurs ils vont étaler leurs loques, creuser leurs maigreurs et s'aligner en longues files interminables.

Dans les ténèbres, autour do l'infame poignée de féodaux richards s’empiffrant aux tables surchargées, s’amasse en cercle une foule profonde (pii, silencieusement, regarde et attend.

C'est l'idée même du Premier Mai,

MARCEL SEMBAT.

Je me suis souvent émerveillé de Tintùîtion du hasard, qui fit choisir, voici cinq années, par Jes congressistes de 1889, cette date du Premier Mai. toute souriante et toute fraîehe, jolie comme nne matinée de printemps. Le Peuple des grandes journées prochaines, qui marchera joyeux à Tassant, dos injustices et des laideurs, en saura goûter plus tard le charme jeune, si féminin et ingénu. Je me dis que s'il eût voulu choisir sa fête, A coup sùr il l'eùt pincée IA, entre Germinal et Prairial. — entre la Révolte et l’Amour. Mais ne l'a-t-il pas choisie, en somme, par la voix de ses déjégués, en cet inoubliable Congrès international de la rue Rochochoùarl, qne l'Histoire inscrira

parmi ses fastes, lorsqu'elle cessera d'être lo martyrologe du prolé- ■ ADOLPHE TABAHANT,

Premier Mai ! C'était jadis le réveil des champs et des prés, la nais sancedn paysage au soleil. C'est aussi, maintenant, le réveil du.paysan. Jacques Bonhomme naît A la lumière du socialisme.

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