‹ Le chambard socialisteChapitre 281 sur 412 · L’ÉPARGNE DE L’OUVRIER · texte numérisé non relu

L’ÉPARGNE DE L’OUVRIER

A l’éconbmisie.

Quelle belle philosophie !

Quel socialisme charmant !

La question se simplifie Grâce à ton beau raisonnement,

On est travailleur, on veut être Heureux dans la société.

Solution : on n’a qu’à meure Chaque jour deux francs de côté!

On arrive sans qu’on y pense A des résultats éclatants :

Au bout de dix ans, c’est l'aisance,

C’est la richesse dans vingt ans.

Certes, la chose est rassurante,

Mais si je gagne trente sous, v Comment en épargner quarante ?

C'est ardu, soit dit entre nous.

Bah ! l'on couche à la belle étoile :

On boit de l’eau dans les fossés ;

On fait rissoler à la poêle Des cailloux qu'on a ramassés;

On va les pieds nus; on supprime Les berceaux ; on a des moyens De vivre qui frisent le crime;

On dispute leurs os aux chiens.

Quant aux théâtres, bagaicllesi Pourquoi des artistes de chair?

On va voir (es polichinelles Jouant pour deux sous en plein air, .

Puis, est-il juste qu’on s'amuse

Quand on est simple travailleur ? •

La force dans les plaisirs s'use ;

Travailler sans cesse est meilleur,

C’est bon pour le bourgeois honnête,

Pour l'industriel patenté,

D’avoir des petits jours de fête,

D'avoir sa petite gaîté.

L’ouvrier n'a droit, pauvre hère, a place auprès du Bon Dieu,

j.e socialisme est un leurre Et nous n’avons su que réver :

Oh ! ta doctrine est bien meilleure !

L’épargne est là pour nous sauver.

D’ailleurs, la morale sévère A son dessus et son dessous...

Exemple : tù bois du madère, Nous buvons du vin de six sous.

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