LES CAFARDS
Ils fourmillent, ils grouillent, les gentils cafards! On leur a livré la mémoire de Jeanne d’Arc et ils en font leur profit. Ils l’ont envahie, ils la couvrent de leurs masses mouvantes, noires, pestilentielles. Ils la déckiquètent et en font ripaille.
Jeanne la pucelle est leur propriété. Mauvais Français tous ceux qui ne vont pas à l’église se prosterner devant ce monsieur, un Cauchon quelconque, qui, au lieu de brûler la populaire hérétique, lui brûle de l’encens sous le nez.
Grande fête à Orléans! grande fête à Cherbourg, avec le concours des pompiers et de la marine; grande fête à Nancy, à Montpellier. Jamais la pauvre bergère de Domrémy n’avait été à pareille noce, pas même sur le bûcher où ceux qui la flattent maintenant l’ont fait griller en humant avec délices l'odeur de côtelettes qui s’échappait du bûcher de Rouen.
Mais cette contradiction n’est pas pour gêner une maîtresse
garce comme l’Eglise. En fait d’inconscience dans la prostitution, nulle fille en càrtê ne pourrait lui en remontrer.
Pas plus tard que mardi dernier, et au sujet de Jeanne d'Arc, le journal religieux par excellence, la Vérité, écrivait sur Cauchon et son affreux jugement : « Un évêque n’est point » l’Eglise, les évêques ne sont point infaillibles et c’est l'Eglise » qui, loin d’avoir condamné Jeanne d'Arc, l’a réhabilitée en » réformant un jugement inique rendu par les tristes person- » nages qui ont, refusé d’entendre l’appel qu’elle faisait au » Pape contre leur trahison. »
Or, dans le même numéro de la même Vér iléon pouvait lire : « Le Saint-Siège, en reconnaissant les pouvoirs de fait, a tou- » jours réservé les droits que pourraient légitimement faire » valoir les princes dépossédés. »
Cauchon n’a jamais fait autre chose. Il a condamné Jeanne d’Arc par ordre des Anglais, alors maîtres de Rouen. Ses successeurs la glorifient par ordre des Français, et ils sout prêts àlacondamner de nouveau, siles Anglais redevenaient maîtres de la France.
L’Eglise est la putain modèle. Elle appartient à celui qui la paie.
IiEsJ’titsÈgurgeois
Au Petit-Sucrier, grand exploiteur. Max Lebaudg. Elevés dans les grands lycées.
Ils ont des mines compassées Afin d’avoir l’air d'étre en bois.
Les p'tits bourgeois ;
Dès qu’ils ont atteint la vingtaine,
Pleins d’une morgue très hautaine,
Ils ne parlent que de leurs droits.
Les p’tits bourgeois.
Quand ils étaient gosses, tout gosses,
Ils étaient alors fort précoces,
Sans se salir ils restaient cois.
Les p’tits bourgeois.
Ils savent que l'argent est rare,
Que d’où qu’il vienne il est sans tare,
De plus que deux et un font trois,
Les p’tits bourgeois.
S'ils se livrent à la dépense.
C’est tout d'abord à soi qu’on pense;
Leur tête et leur cœur sont très froids,
Aux p'tits bourgeois.
Pour entretenir la cocotte
Qui fait honneur et qui vous cote,
Ils se mettent à dix parfois,
Les p’tits bourgeois.
S’ils ont pris quelque jeune fille,
Iis se couvrent de leur famille,
Usant de procédés sournois.
Les p'tits bourgeois.
La conséquence ? Eh ! bien, qu’importe !
La mère et l’enfant à la porte!
Ils ont pour eux toutes les lois.
Les p’tits bourgeois.
Le mariage est une affaire.
Le magot est ce qu'on préfère ;
Pour le trouver, ils sont adroits,
Les p’tits bourgeois.
La fille laide et mal plantée,
Par contre richement dotée,
Voilà la femme de leur choix,
Aux p’tits bourgeois,
Ils seront députés, notaires.
Sénateurs, des gens très austères ;
Ils seront des hommes de poids,
Les p’tits bourgeois.
De la morale étant les types.
Us défendront les grands principes Et plus tard recevront la croix,
Les p’tits bourgeois.
Ah ! si l’on touche à leur fortune.
Qu’on leur prenne une seule thune,
Ils hurlent comme des putois.
Les p’tits bourgeois.
Ils sont savants en procédure,
Ont le bras long et la dent dure.
D’huissiers imitent les exploits*
Les p’tits bourgeois.
C’est l’âge des enthousiasmes :
Eux, iis soignent déjà leurs asthmes Et ménagent leur douce voix.
Les p’tits bourgeois.
Ils veulent jouir de la vie,
De tout le luxe ayant envie,
Sans se servir de leurs dix doigts.
Les p’tits bourgeois.
Pas d’esprit, pas d’intelligence !
Ils sont une cruelle engeance.
Méprisant le pauvre aux abois,
Les p’tits bourgeois.
Pourtant, un de ces jours peut-être,
Le peuple fera disparaître,
Ainsi qu’ii a fait pour les rois,
Les p’tits bourgeois!
PÎGËONNETTË, amie d'Henri Pe/lier.
■W ILSON
Il est réélu, le joyeux corrupteur. Et tous les panamistes, tous les fricoteurs de la politique, tous les marchands de consciences do se voiler la face.
Les Déliais, cet organe de la haute banque, se montrent surtout indignés, trop heureux de pouvoir rejeter sur un seul, les crimes, les infamies de la gent opportuniste.
Pour nous, Wilson vient à sou heure et à sa place dans une Chambre qui élit un Rouvier, président delà commission du budget, et qui supporte un Raynal, l’homme des conventions scélérates au ministère des fonds secrets.
Les uns valent l’autre. Ils se valent tous, c’est Clique et C*».
La Roublardise du Pape
On ne sait au juste à qiroi s’en tenir sur l’Opinion du pape. Lela s explique par cette raison très simple que le pape, comme tous les roublards, change d’opinion suivant les besoins du moment.
Pendant qu’il encourage sournoisement à la révolte les raltrés et les hommes de l'Eglise, il fait publier par ses journaux une note où il recommande l’obéissance aux lois.
Nos gouvernants, qui ne demandent qu’à être trompés, parce quils ne paient jamais la note des mensonges, feignent de couper dans ces godants-là.
G’est leur tactique habituelle. Ils ont monté le coup aux nigauds palnoculards au sujet de l’alliance russe, sachant bien que le czar se moque dé nous et que chacune de ses risettes est payee au poids de l'or.
Qu’est-ce que ça peut bien faire auxPerier et autres Raynal? C est le peuple qui crache et c’est eux qui fument..
Tant pis pour le peuple, après tout. La naïveté n’est pas toujours une excuse. ^
VAILLANTS gÛeRrTeR!l7~