LE PATRON DE BERENGER
Le vieux al hypocrite sénateur -n’a rien inventé. a>
« Ligue contre In licence des rues ». Comme ses collegi portunistes, il se contente de plagier servilement les n passés. C’est ainsi que sous le régné de Louis \I\ . le duc de 1a Mcillerayc acquit une renommee universelle par ses pudibonderies malpropres. .... i ,>•
11 défendait aux villageoises de traire les vaches, Ua'1» I ntérêt de leur chasteté, et aux nourrices de donner a téter aux petits enfants devant d’autres enfants. Il enseignait aux femmes dans quelle posture elles' devaient battre le beurre et film, el, enfin il fit un règlement sur les règles à observer par les garçons apothicaires pour concilier la décence avec leurs fonctions. ' Ce fut lui enfin qui lit briser les statues, barbouiller les tableaux et déchirer les tentures qui représentaient ces nïessieuis
7d oos dames dè l’nlvmpe dan? un costume aussi- provocantque le déshabillé de Mmes Safali Brown cl Manon, deux cents ans plus lard. ... , , • ,
Tartuffe est éternel ol s'accommode de tous les régimes.
DUPUY-IV ARCISSE
Chez nions Carnot, en son manoir,
A l'angle de la grande allée.
Il est une source isolée, '
Glace limpide, pur miroir.
La lune, quand tombe le soir i Descend de la voûte étoilée Se mirer dans fonde étalée Et fait toilette en ce boudoir.
Mais dans le cristal, d’aventure Se réflètent d’autres rondeurs.
C’est là. qu’enfant de la nature,
Se sauvant des ambassadeurs,
Dupuy s’en vient rêver à l’aise;
Sans souci des lieux à l’anglaise.
Elie.
Te grand complot
(on Ici- les s.viulieal*. — Worleinenl uou puni par la loi.
(La conversation suivante a été entendue dans les couloirs rie la Chambre.)
M. Gch.lb.mix. — C'est égal, je leur ni donné une belle peur aux so- . cialistes, avec mon pclil amende menl.
M. Lftos Sav. — Oui-, m on' cher collègue, vous avez ou lu une idée géniale, vous nvoz fait un coup de maître.
AI. Gcn.r.F.Mis (se rengorgeant). — Oh! vous êtes Irop aimable, mon cher maître, i'ni fait mon devoir, voilà tout. Je no puis oublier que je . ouvriers, elle meilleur moyeu de leur prouver est ■ i î pas île les piv-erver du contuel immoral
-T Alors, parlez-nous souvei)'. mon cher mou-
a compris lo plaisanterie). le ne demanderais o :ruuve pas lotis les jours un amendemenQconinio eelai que i a. mu voler l'autre jour, lo crair.s seulumeal que mon initiative soit mat comprise de nies électeurs. Ils auront peut-être quel que peine à admettre qu’en interdisant aux ouvriers sortis dota corporation de faire parliè d'un syndicat j'aie Voulu servir leurs intérêts... M. Léon Sav. — Et les milles...
M. Gcilleaux. — Évidemment ! cola' va sans dire. 11 nous osl impossible, en effet, d'oublier que nous sommes patrons en même temps que députés, el de no pas songer un peu à nos petites affaires personnelles quand nous discutons colles de nos commettants. Il arrive même souvent, pour ne pas diuo toujours, qu’elles so trouvent en contradiction. Ainsi, moi. qui représente' ici des ouvriers, eli bien! je- ne puis conserver et augmenter ma fortune qu'en leur faisant rendre le plus de travail possible contre le moins d’argent possible. 11 esl vrai que je ne les force pas à accepter les salaires que je leur propose, je les laisse libres d'aller chercher ailleurs...
Af. T,i:o.x S.vv. — Voilà la vraie théorie libérale : la liberté de t'offre el de la demande. Nous no violentons personne, tï condition, bien entendu, que l’on nous obéisse.
( Sourires fins parmi tes auditeurs).
AI. Guin.B.'nx. — Je continue ma démonstration : celle contradiction entre mes intérêts personnels el ceux que je dois défendre ici, me gênait ail débat de la-législature. Grâce à votre exemple, messieurs, rien ne saurait plus m'arrêter. Et j’espère bien que mes électeurs me garderont leur confiance, pour me permettre de mener à bien l'eeuvre entreprise:
M. Léon Sav. — Maillon reusemoul, il y a les maudits socialistes qui passent leur levnps à nous décrier auprès des ouvriers. Sous prélexte de constituer des syndicats purement corporatifs, ils réunissent les tories têtes ol en font des prosélytes do leurs détestables théories.
M. Gun.LKMix-. — J'onvisngoais ce danger lorsque jo proposais de refuser l'accès des syndicats' aux ouvriers sortis de la corporation. Un syndical devenait-il gênant, nous renvoyions de l'usine le secrétaire avec ses amis et le syndicat, ainsi décapité, ne tardait pas à mourir de sa belle mort.
M. JosniMi RiiisAr.il. — Cotait une exécution à huis -clos.
- m Gin i baux. — XoUs avons manqué notre Coup. Mais nous-recommencerons, et cette fois nous saurons bien réussir. 11 raut que les syndicats nous doivent la' vie...
M. RniNAOn. — Pour que -nous puissions la 'leur reprendre avec
ic nous débarrassera di’ini
.AJ, Lkon Sav. — Bien parlé, pour le gendre d'un usurier.
M. Rkb’ac.ii. — Nous sommes tous comme en dans la famille.
M. Gi'tLu-.MiN. — Chut ! voilà un député sociàliste.
Af. Reisauh. — lin honnête homme! T'
jamais dè cotte engeance !