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LE CHANT DES MINEURS

Air du Chapeau de fer

Pour les repus nous avons dans la mine Assez longtemps usé nos pauvres doigts.' Si les lions subissent la vermine,

Nous ne voulons plus subir les l^ourgeois.

Debout 1 debout pour la bataille!

Debout ! debout! droit au bonheur 1 Le blé monte, le sol tressaille :

Voici le tour du moissonneur.

La terre est à -qui la travaille;

La mine appariientau mineur!

Ils nous ont dit que nous sommes tous frères, Devant le ciel, sous le même drapeau ;

Mais ils ne nous laissent que les misères :

Ils sont les loups, nous sommes le troupeau !

Quand ils rasaient les .tours sur les collines, Nous avions cru que c’était pour toujours ; Et le château renaît de ses ruines,

Nid de bourgeois, refuge de vautours.

Pendant cent ans de torture et d’épreuves. Ces nouveaux rois aux gestes uiomphanis. Ont fait couler, avec l’onde des fleuves,

Le sang du père et celui des enfants.

Nous avons vu s’élargir le suaire,

Les morts tomber, les exilés partir.

Sous chaque mur blanchit un ossuaire;

Pas un pave qui ne couvre un martyr!

Ils vont clamant aux travailleurs : « Vous êtes Le meurtre infâme et l’éternel effroi I »

Eux qui passaient en moissonnant des têtes Dans leur panier rouge du sang d’un roi !

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