MASSACRE
Raynal a d. elaré qu’aucun Juif ne sgfait décoré de sa main. Certains prétendent que c’est afin de se ménager les bonnes grâces de Drumont.
Nous croyons au contraire qu’il a voulu donuer une marque d’estime à ses coreligionnaires.
M. Ducret, directeur de la Cocarde, compromis dans l’affaire des faux papiers du nègre Norton, il M. Bourriquct compromis dans l’affaire des faux poinçons, viennent d’etre graciés.
On voit bien que Jonnart, ministre des faux publics, est au pouvoir,
Du journal des Débats, organe des gros financiers et des gros trafiquants :
“ L’année se termine sur une bonne nouvelle : les négo- « ciations commerciales qui étaient pendantes depuis plus « de six semaines entre l’Espagne et nous ont enfin abouti. « Nous en sommes doublement satisfaits, au point de vue « économique et au point de vue politique. «
Je ne sais pas du tout eu quoi consiste l’arrangement commercial avec l’Espagne; mais il me suffit que les Débats s'eu félicitent pour deviner que le peuple n’a rien à y gagner.
Dans le budget voté par le conseil municipal avant la clôture de sa session, les recettes de l’octroi sont fixées a 150 millions.
Inutile d’ajouter que les riches ne paieront que la plus petite partie de cette somme; en raison de l'axiome bourgeois qui veut que l'argent soit pris dans la poche des pauvres.
Et dire que ceux-ci protestent ! Quel singulier caractère, tout de même 1
L’impôt sur les opérations de Bourse qui est perçu, on le sait, depuis le Ier juin dernier, a produit, de l’origine de la perception jusqu'au 30 novembre dernier, la somme de 3.1,01 .392 francs.
Bouvier affirme que ces millions-là proviennent d’une source malfionnête.
Il faut l'en croire, car il s’y connaît le gaillard.
Les journaux ont raconté la mésaventure de Mme Gilibert, arrêtée par les agents des mœurs au cours d’une râfle sur le boulevard de la Chapelle.
Lépine qui en veut aux femmes a fait ouvrir une enquête, d’où il résulte que Mme Gilibert n’a droit à aucune compensation. Il ne va pas jusqu’à dire que Mme Gilibert a tort; mais il assure que son mouchard a raison. 11 est même question de le décorer.
Après tout, pourquoi pas? Ce mouchard vaut bien les autres.
On s’égaie beaucoup aux dépens du sieur Amiot, directeur ingénieur du service des télégraphes, qui, le 30 décembre, a' fait circuler dans ses bureaux l’avis suivant :
A l’occasion du nouvel an, M. le direct samedi 30 décembre:
La direction régionale des télégraphes de Paris à
général recevra le
Les daines employées du service toi -graphique à .'i h. 12 du Les fonctionnaires et agents en costume de bureau 1111!!
Fixer à 3 h. 57 au lieu de U h. tout bonnement, à h h. 12 au lieu de U h. un quart, le moment où ses subordonnés pourront lui présenter leurs hommages, c’est évidemment de la part du sieur Amiot une exagération, une pose. Il a voulu le faire à l’homme-préeision, comme le chronomètre.
Pas mal, non plus, le costume de bureau.
Mais les journaux bourgeois n’ont guère le droit de le ridiculiser. Ce bonhomme est l’image frappante de la routine, l’âme même de celte société caduque qu’ils défendent avec tant d’âpreté.
M. Magnard paraphrase, comme un simple le Franc de Pompignan, les versets évangéliques.
- Paix sur la terre et dans le ciel aux hommes de bonne volonté ! » Je ne vois pas de meilleur souhait que cette parole évangélique à faire pour l’année qui commence.
Farceur ! Quand nous prêchons l’alliance internationale des peuples, la suppression des frontières et l’abolition des armées permanentes, M. Magnard appelle sur nous les rigueurs de la loi.
Nous voulons la paix sur la terre; au ciel, qu’ils se débrouillent comme il leur plaira. Mais nous n’aurons jamais la paix dans l’humanité, tant çiue l’ordre social si cher à M. Magnard, subsistera. Aussi voulons-nous en Unir avec
Le Conseil municipal de Paris est définitivement réconcilié avec la Préfecture de police. Comme gage de réconciliation le conseil a acoordé au préfet tout l’argent qu’il a voulu.
En retour, les agents de Lépine distribueront aux Parisiens des pains à profusion, ils ne marchanderont ni le poids ni la qualité.