‹ Le chambard socialisteChapitre 93 sur 412 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

j; petil-fils de Victoire fait son entrec. it sanie : u,,e> “=“■* ’ ; /' sourit : une / U s’avance vers le fauteuil. L’amiral Lefèvre et te Mercier rectifient la position. La pendule sonne aux

Il salue :

e, deux ! Il

sourit : une ! Il s'avance vers te /iniieuu. i. général Mercier rectifient lu position. La pendule sonne aux 'champs. Marti/ joue ta Marseillaise sur le dossier d une chaise, aeee ses doigts.)

Le chœur dés Ministres. — Vive Carnot !

Carnot. — Messieurs, permettoz-moi de reporter vos hommages à mon illustre ancêtre.

Dabosl. — Vouloz-vo

Périer. — Ici! Duliosl ! (Il le pince) Animal! tu me trahis déjà. (Tirant sa montre) Nous avons failli attendre, Monsieur le Président !

Carnot, pincé.

Louis XIV était rot.

Duliosl. — Tiens ! Je connais ça.

Spolier, ministre de l’Instruction publique. — Oui,

le charger de la commiosion ? A quelle

, âge, Monsieur Casimir Périer,

L’huissier, qu'on ne saurait sans injustice, accuser d'être un personnage muet : — M- le président du conseil dus ministres! Casimir Périer. — Bonjour, messieurs.

Tous en chœur. — Serviteurs!

Duliosl, à part. — Salu û û o.

Spolier, également farceur et faisant écho. — Hue! dm !

Mercier, qui ne comprend rien à la plaisanterie. — Dites donc, Lefèvre, qu’ost-ce qu’ils veulent dire, cos gens-là, avec leur hue !

^Lefèvre, — Mon cher, nous conduisons le char de l’Etat.

Mercier, convaincu. — Nous cochers, alors !

Casimir Périer. — El M. Raynal, pas arrivé oncoro ?

Dubust. — Non, non, cher président. (Cauteleux). D’ailleurs c’est un pou son habitude, toujours on retard. Moi, si j’étais ministre de l’intérieur...

Casimir Périer. — Vous anrioz les fonds secrets, n’cst-ce pas? Dubust. — Oh ! ça n’est pas ça qui mo tonte.

Périer- — Je sais que vous êtes incorruptible.

Burdeau. — U est vrai qu’on no l’a jamais tenté, lui.

Périer. — Dites donc Burdeau, deux mots, voulez-vous? (11 l’emmène dans l’embrasure d’uno fenêtre). A Dubost qui prête l’oreille :

— Vous, allez voir aux cabinets, si j’y suis.

Dabosl (avec empressement). — J’y cours !

Périer, bas à Burdeau. — - Franchement là : quo ponsez-vous do Raynal ?

bardeau. — Pouah!

périer. — O’ost aussi mon avis. Jo lo connaissais de réputation. Qu lo disait très fort. C’est un homme surfait.

Burdeau. — Et les Conventions?

périer. — Belle inalico! Jo no vois rien de difficile à cette operation. Quand vous voudrez, je vous ferai toucher du doigt... Burdeau. — Du doigt seulement ? C’est maigre.

Périer. — l’as de calembours, s’il vous plaît. Cola ne siod point à un philosophe. Pour eu revenir à Raynal, avez-vous- remarqué la mauvaise impression qu’il produit sur la Chambre ?

Burdeau. — Et dans le pays doue ! ...

Périer. — Laissons le pays tranquille. Nous n’avons rien à lui envier sous ce rapport. Mais la Chambre a de Raynal jusque-là. Il dégoûte même le Centre gauche. Il se tient mal à la tribune. 11 est maladroit. 11 affiche un cynisme antique. Voilà les journaux ministériels qui n’osent mémo plus le soutenir.

Burdeau, — Il les soutient, lui, cependant.

Périer. -- Raison de plus pour que leur attitude nous serve d’enseignement. 11 faut débarquor le juif. Il nous compromet. Burdeau. — C’est pourtant bien difficile.

Périer. — Eh! il trouverait oncoro moyen do so compromettre lui-même, après toutes ses histoires.

Dabosl. — Diable ! ça sent le bouc, ici.

L'huissier. — M. le ministre de l’intérieur !

autour nommé Floquet.

Ha./nal. — Messiours, aux affaires !

périer. — Oh ! ce sale juif, il ne pense qu’à ça ! ,

Burdeau. — Messieurs, la conversion marche bien. Les députes nous reviennent uu à un. J’espère les avoir prochainement tous convertis à notre politique, excopté, bien entendu, ces misérables socialistes, oes énergumènes...

Baguai, — Ces va-nu-pieds ! Ça n’a pas le sou et ça veut discuter de tout,

Dabosl. — Je connais encore ça. . ,,

Sllpitller, ministre de l’Instrnctiou publique. — Oui, c est certain duc de Oaslrio au sujet do d’Alembert et de Rousseau. Baguai, — Nous qui avons fait fortune....

Périer, méprisant. — Dans quoi donc ?

Magot, embarrassé. — En Californie !

Burdeau. — Do grâce, laissons ce sujet de medtocro importance.

M. Raynal a fait fortune, c’est le principal, le reste manque din-

Jonnarl. — Placez chez mon boau-père. Bonno maison, 1 0j0.

I/. Carnot. — Messieurs, jo dois vous prévenir quo le Pape est absolument décidé cette fois à offrir à Mme Carnot la rose a or, tant de fois annoncée, on vain.

Baguai. — Est-ce qu’elle est vraiment en or ?

Bai/nai. - En or pur ? Oà n’est pas sans valeur, alors? Vous me la confierez, monsieur le président. Mon cousin Sabaotn vou l’estimera son plus juste prix, et si on échange une bonne lorgnette pouvant convenir à Mine la Présidente.... , „

Casimir -Périer faisant explosion. — C’en est trop a la tin. L-e fils do Judas me donne des bant-le-cæur. Vous no dépouiller donc jamais le vieil homme V .

/lai/ mit ingéuûmout. — Faudrait d’abord lo connaître, a-t-ii io

^Burdeau. - Mettons un tonne à co scandale ! Mon cher Raynal j’ai une communication importante et confidentielle a vous taire.

' Baguai. — No vous sorvez alors ni du télégraphe m do ta

P° Burdeau . — Je vais vous la faire de vive voix. M. lo Président du Conseil et moi pensons que voire situation (lovant le Parlement no laisse pas quo d'être critique. Votre inrtuence diminue enaqno l'ois quo vous montez à la tribune. On s’accorde a trouver que vons avez buaucoup perdu. . .

Baguai. — O'osi co qui vous trompe. J’ai encore gagno trois c mille francs l’année dernière.

Dubust. — Vous allez bon train, vous. , , • ,

Ita/na'. - Dame ! Quand ou a travaillé dans les chemins . do toi- Burdeau, — Voilà justement ce que dos gens, malintentionnés sans doute, vous roprocheui. .

Un i/uid. — Enfin, quoi? Où voulez-vous en vonir?

Périer, d’une voix sévère, mais fausse. - A votre démission \ Duliosl. ■ - Oui, c’est ça; donnez votre démission. Le ministère de l’intérieur a besoin d’uno main forme, d’un esprit souple, et je connais quelqu’un...

Spolier. — Qui doue ?

Dubost, — Moi.

Baguai. — Tu peux te fouiller !

Duliosl — Eh ! pas de mauvaise plaisanterie . (Il se tourne), j a> encore ma montre. (11 serre la main do Raynal). Merci.

Périer. — J’espère que M. le président de la République com prendra la noblesse des senliments qui nous animent ot qu n u sistera auprès de M, Raynal pour l’amonor à notre avis.

Carnot. — Euh ! Euh ! .le no pais prendre une décision aussi .grave, à 1a légère. 11 faut quo je consulte ma femme. En voilà assez pour aujourd'hui. La séance ost levee.

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