‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 11 sur 99 · REVUE PASSÉE PAR LAFAYBTTE · texte numérisé non relu

REVUE PASSÉE PAR LAFAYBTTE

Corse ; ses compatriotes décernèrent à Paoli le titre de généralissime et de président d'une Consulta formée à Corte. Le danger était grand , la Convention le comprit et répondit à cette prétention inadmissible par une mise hors la loi. Paoli accepta fièrement la lutte et ne craignit point d'oflfrir la possession de son pays aux Anglais. Fidèle à ses principes qui sont toujours restés les mêmes , l'Angleterre accepta , mais le roi confia la vice-royauté de l'île , non à Paoli lui-même , mais bien à un Anglais.

Cette résolution que Paoli considéra, non sans raison, comme un acte de félonie , marqua la fin de la vie politique du grand agitateur.

En 1790 , Paoli était venu en France. Le 22 avril , il avait paru à la barre de l'Assemblée nationale et y avait prononcé les paroles suivantes :

J'ai quitté ma patrie asservie, je la retrouverai libre, je n'ai plus rien à désirer.

Je ne sais, après une absence de vingt ans, quel changement l'oppression aura faite sur mes compatriotes ; il n'a pu être que funeste , car l'oppression ne fait qu'avilir. En retournant dans ma patrie , mes sentiments ne peuvent vous être douteux. Vous avez été généreux pour moi et je n'ai jamais .été esclave. J'ose dire que ma vie entière a été un serment à la liberté , c'est déjà l'avoir fait à la Constitution que vous établissez. Il me reste à le faire à la nation qui m'adopte et au souverain que je reconnais.

Ce jour même , l'assemblée admit le général à prêter le serment civique.

Trois jours plus tard , le dimanche 25 avril , Lafayette passait en revue au Champ de Mars , en compagnie de Paoli et pour lui rendre honneur , une grande partie de la garde nationale à cheval et à pied.

Cette revue fut admirable. Paoli y reçut , plus que Lafayette peut-être , les applaudissements de la foule assemblée.

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