‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 75 sur 99 · REVUE PASSÉE PAR LE GÉNÉRAL CAVAIGNAC · texte numérisé non relu

REVUE PASSÉE PAR LE GÉNÉRAL CAVAIGNAC

s sanglantes de juin 1848, sont l'œuvre is ateliers nationaux.

Dans ces ateliers, on s'occupait beaucoup lis de théorie que de pratique. Ceux qui, ne pensant pas, parlaient haut, obtenaient près de la masse , plus de succès que ceux qui raisonnaient et ne criaient pas. L'émeute, cela se sentait, préparait ses armes ; il y avait là plus de cent mille « travailleurs » qui n'avaient rien à gagner à l'établissement d'un gouvernement stable et régulier.

A la suite de la nomination du prince Louis-Napoléon comme représentant du peuple , des rassemblements inquiétants se produisaient chaque jour. La Chambre se trouvant en présence de demandes de crédits, les discutait et, à cette occasion, Victor Hugo , ne craignait pas , risquant sa popularité , de qualifier les « ouvriers » des ateliers , de « prétoriens de l'émeute ».

Le 23 juin, la situation prenait corps; des barricades étaient élevées en toute hâte et non sans quelque science stratégique , sur divers points de la capitale.

Le général Cavaignac hésitait. Espérant vaincre l'insurrection, sans effusion de sang, il adressait au peuple des exhortations

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qui auraient dû être écoutées , mais il était trop tard et , foUemeut , sans direction et sans but ^ les insurgés , sourds à toute entente , se précipitaient , tète baissée , dans une voie sans issue. La résistance s'organisa donc et les généraux Lamoricièrej Bedeau et Damesme reçurent le commandement de trois colonnes militaires qui devaient prendre les positions les plus importantes.

Livré à une effroyable guerre ci\dle, l'une des plus redoutables qu'il lui ait été donné de voir , Paris attendait avec anxiété le résultat d'une lutte qui ne lui offrait pas de point de comparaison.

Le 24 juin , l'état de siège était décrété et Cavaignac recevait de l'Assemblée les pouvoirs nécessaires pour agir efficacement. Les événements prenaient, en effet, non plus le caractère d'un simple mouvement politique, mais bien celui d'une lutte sociale dont le terme restait douteux. Les hostilités ouvertes, de part et d'autre, on fit courageusement son devoir, mais force resta à l'armée qui, dans les journées des 25 et 26 juin se montra résolument atlacliée aux institutions existantes.

Les journées de juin, plus sanglantes peut-être ([u'une bataille rangée, routèrent à la France près de quatre mille hommes. I^es généraux Duvivier^ Damesme, de Bourgou et François furent tués dans la lutte. Le général de Bréa, lâchement frappé, à la barrière de Fontainebleau , sur le lieu même où s'élève aujourd'hui l'église de la Maison Blanche, perdit la vie avec son aidede-camp, le capitaine Mangin.

Le 28 juin, Cavaignac déposait sa démission sur la tribune de l'Assemblée (jui lui votait des remercîmentset rendait, séance tenante, im décret attribuant au général le titre de Président du Conseil des Ministres et de Chef du pouvoir exécutif.

Dès le début de l'état de siège , onze journaux avaient été supprimés ; parmi eux figurait la Presse , dont Emile de Girardin était le rédacteur en chef. Girardin était déjà , à cette époque, la plume incisive, le polémiste puissant que nous avons connu.

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