‹ Le chancre cutané d'inoculation tuberculeuseChapitre 10 sur 19 · PES · texte numérisé non relu

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ETIOLOGIE ET PATHOGENIE

Au point de vue étiologique, il faut insister sur la très grande fréquence de la solution de conti-

nuité des téguments. On retrouve en effet le plus souvent facilement la porte d'entrée du bacille.

Soit traumatique :

a) les cas les plus nombreux ressortissent à la

circoncision rituelle (MM. Lehman, Eisenberg, Eve,

Meyer, Holt, etc.).

b) blessure par fragment de crachoir (MM. De-

neke, Tscherning), tesson de bouteille (M. Wahl-

gren) et même plaie minime par perforation du lo-

bule de l’oreïlle (M. Combe).

Soit infectieuse : |

Infection de la peau en apparence banale, mais qui, secondairement, évolue comme un chancre tuberculeux : croûte de lait (M. Combe), impetigo (MM. Dielt et Hallé), plus récemment M. Amsler, furoncle (MM. Avendano, thèse de Mme Colin-Letailleur), brûlure (M. Brissaud). Récemment, ont été publiés deux cas où l’inoculation s’est faite au niveau de lésions d’herpès (MM. Courtin, Craps).

Mais bien plus intéressants encore, sont les cas

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où la porte d'entrée est passée inaperçue, ce qui est fréquemment réalisé dans l’inoculation au niveau de la muqueuse oculaire.

MM. Pehu et Dufour rapportent le cas de chancre de la région du sourcil, chez un nourrisson qui avait l’habitude de frotter le front contre le corsage d’une nourrice tuberculeuse.

MM. Milian et Delarue, celui d’une tuberculose de primo infection à type verruqueux, du pavillon de l'oreille, chez un enfant de 17 mois, embrassé par des tuberculeux avérés.

Trois cas de chancre sans porte d'entrée apparente :siégeant deux sur la joue, un dans la région présternale, sont relatés par MM. L. Bernard, Lelong, Lamy et Mile Gauthier-Villars. |

-Il en est de même dans notre cas, où là encore, la mère affirme qu'il n'existait aucune lésion antérieure de la peau.

C'est à propos de ces cas que sont soulevés les problèmes pathogéniques que nous allons envisager.

Un fait frappe : la rareté du chancre tuberculeux de la peau, comparé à la fréquence extrême des risques de contamination par cette voie.

« De tous les organes du corps humain, la peau est celui qui offre les conditions les moins favorables à la pénétration et à la multiplication des bacilles » (Calmette).

Aussi a-t-on été amené à penser que la barrière épidermique était difficilement franchissable, et à discuter sur le mode de pénétration des bacilles.

Différents auteurs se sont occupés de la question :

1) Verchères, en 1884, insiste sur le rôle protecteur de la kératohyaline, et pense que le bacille ne peut pénétrer que là où elle manque, au niveau des orifices des glandes sudoripares et sébacées.

2) Barbier, en 1888, d'accord ave Chauveau, insiste sur la nécessité d’une solution de continuité : « L’épiderme, lorsqu'il est intact, est une barrière qui n'est pas illusoire, le derme lui-même ne se laisse pas facilement traverser » (Chauveau). Il conclut que le lieu d’élection pour la culture du bacille de Koch est constitué par le tissu cellulaire sous-cutané. |

3) Cependant cette théorie n’est pas absolument conforme aux résultats expérimentaux obtenus par MM. Courmont et Lesieur, sur le passage du bacille à travers la peau chez les animaux. En effet, si ce passage est constant à travers la peau traumatisée (rasage ou épilation), il peut se faire également à travers la peau saine, laissant ou non la trace de sa pénétration sous forme d’un chancre de primoinfection.

4) Calmette fait jouer un rôle primordial aux leucocytes. Pour lui, les irritations cutanées favorisent la pénétration du bacille, par migration des leucocytes jusqu'aux interstices des cellules épidermiques.

5) Enfin, les recherches plus récentes de M.

Woringer sur le rôle de défense de la peau dans

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l'infection tuberculeuse, permettent de penser que le bacille de Koch ne se fixe sur les téguments, que dans les cas où leur capacité immunisante est diminuée. Des

Il semble en outre bien acquis, que le seul contact bacillifère, même au niveau d’une lésion cutanée, ne suffise pas à provoquer le chancre tuberculeux. Sinon, il serait plus fréquent.

D’autres facteurs doivent intervenir. On a montré l'importance du degré de virulence et de la quantité des bacilles.

De leurs recherches sur la capacité de résistance de la peau, MM. Podwissotzkaya et Linnikova concluent que, pour produire une ulcération avec adénopathie et généralisation, il faut des doses massives de bacilles, alors que peu de bacilles ne donnent rien, et que des doses moyennes donnent seulement des nodules avec adénite régionale.

De ces différentes recherches il résulte que, pour que l’inoculation se produise, il faut une solution de continuité des téguments. C’est dire l’intérêt qu'il y a chez l'enfant à traiter soigneusement toute lésion de la peau.

Un fait est bien certain : c’est que, comme pour la tuberculose pulmonaire, on retrouve chez l’enfant, dans tous les cas, le contage familial.

Enfin, cette lésion est surtout lé fait dé l'enfant et d'autant plus qu’il est plus jeune. Le chancre tuberculeux n’est cependant pas exceptionnel chez l'adulte.

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