FAT
Au bout d’une semaine, la plaie était cicatrisée, mais il restait une croûte, dont le malade ne se préoccupa plus pendant trois semaines.
Au bout de ce: temps, ayant gratté cette croûte, il vit la plaie se rouvrir, fournir un suintement peu abondant, et suivant sa propre expression ( manger tout autour d'elle ». Il se contenta d'appliquer dessus des compresses d'eau de guimauve et ne corsulta pas le médecin.
La plaie ne ( mange » plus, depuis une vingtaine de jours, mais depuis cette époque de nombreux boutons ont apparu sur le corps, débutant par le dos. En même temps il a commencé par avoir des maux de gorge.
État actuel le 16 janvier 1883. — L'oreille gauche, dans son tiers inférieur, le sillon auriculo-temporal, l'apophyse mastoïde, la partie supérieure de la région sterno-mastoïdienne du même côté sont en partie masqués par un vaste chancre phagédénique.
Du côté de l'oreille, la moitié du lobule, la terminaison de l'hélix et de l’anthélix ont été détruits, et une profonde ulcération à rongé jusqu'au tragus. Passant ensuite sur la face postérieure du pavillon, l'ulcération se prolonge de trois centimètres environ au delà du sillon auriculo-temporal, dépassant en haut le sommet de l'apophyse mastoïde, arrivant en bas jusqu au niveau d’une ligne horizontale passant par l'angle de la mâchoire inférieure.
A la partie moyenne existe une vaste fissure, dont les bords accolés l'un à l’autre masquent la profondeur, facile à mesurer si on a soin d'écarter les lèvres de la plaie et ayant au moins 2 centimètres. Le fond est recouvert d’un liquide jaunâtre assez abondant. Les parois ont un aspect terne et grisâtre ; elles sont mamelonnées et irrégulières. La lèvre de la fissure, située du côté de l'oreille est divisée en deux parties: supérieure et inférieure par un second petit sillon, qui se continue à sa partie supérieure avec le sillon auriculo-temporal, devenu seulement plus profond par suite de la saillie anormale des parties qui lui sont contiguës.
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La portion du chancre placée en arrière de la fissure à une couleur jaunâtre ; le fond en est sec, recouvert de croûtes d'épaisseur variable suivant les points, mais assez sensible pour former un relief appréciable au-dessus des parties saines. Les bords, entourés d’une joue érythémateuse subinflammatoire, sont serpigineux et se continuent au-dessus et au-dessous des extrémités de la fissure avec les limites de la portion du chancre qui se trouve en avant de la fissure.
Au niveau de l'oreille, les tissus ulcérés ont une couleur rouge foncé, luisante ; une sérosité peu abondante en recouvre la surface. Au niveau de la face postérieure du pavillon auriculaire les parties reprennent l'aspect mammeloné de la portion du chancre située en arrière de la fissure. Les bords irréguliers sont légèrement croûteux par places. Indolence absolue à la pression.
Le siège particulier de la lésion reposant d’une part sur des plans osseux, d'autre part sur le cartillage de l'oreille, ne permet pas de constater d'induration.
La région sous-maxillaire {au niveau de l'angle de la màchoire inférieure), la région parotidienne sterno-mastoidienne supérieure et occipitale sont le siège d’une énorme pléiade ganglionnaire, froide, indolente, à la fois visible et tangible. C'est sur elle que repose en partie l'extrémité inférieure du chancre.
Tête. — Cheveux clairs, parsemés de nombreuses syphilides papuleuses ou papulo-squameuses, lenticulaires, laissant voir sous la squame, facile à détacher par un léger grattage, un derme d’un rouge cuivré.
Éruption abondante de syphilides papuleuses et papulocroûteuses, desquamatives et laissant voir à leur périphérie une collerette épidermique très nette sur le front.
Mêmes lésions dans les sourcils, sur le nez. Au niveau des joues, on voit de nombreuses syphilides érythémateuses, et les papules plus grosses tendent à devenir hypertrophiques.
Sur le menton, les syphilides sont papulo-croûteuses, et la croûte, peu adhérente, laisse voir au-dessous d'elle une érosion superficielle du derme.
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Syphilides de même nature sur la lèvre supérieure, disposées en trois groupes principaux.
À la face interne des lèvres se voient trois syphilides muqueuses papulo-érosives, opalines, du volume d'un grain de millet.
Syphilide plus petite et de même nature dans le sillon gingivo-labial, du côté droit, au niveau de la canine inférieure du même Côté.
Gorge rouge. enflammée; amygdales luisantes, recouvertes à leur face interne par de nombreuses syphilides érosives. Nombreux ganglions sous-maxillaires; deux ganglions sus-hyoïdiens très développés, situés sur la ligne médiane. Syphilide érythémateuses et papuleuses, à petites papules, sur la nuque.
Mêmes lésions sur le thorax, les ganglions sus-claviculaires sont pris. Sur le dos, sur les lombes, l'éruption est remarquable par sa polymorphie. On y voit des syphilides érythémaleuses, papuleuses, papulo-squameuses et papulo-croùûteuses.
Les bras, les avant-bras sont recouverts de papules sy métriquement placées, plus abondantes sur la face postérieure elles descendent jusqu'au dos du poignet et jusqu'à la face dorsale des mains.
Rien à la face palmaire.
Pléiade inguinale double, indolente; sur le fourreau de la verge (partie dorsale et médiane), groupe de syphilides papuleuses au nombre de six, légèrement squameuses.
Le gland, le sillon glando-préputial présentent plusieurs syphilides de la grosseur d'une lentille. L'une d'elles est surtout apparente, placée sur le dos du gland, elle est nettement arrondie rouge et ulcéreuse. Les fesses, les cuisses ne présentent que peu de lésions. Rien au pied.
L'ensemble de l'éruption présente la couleur jambon caractéristique des éruptions syphilitiques.
Au niveau de la face interne des cuisses, au-dessus des condyles internes du fémur existe de chaque côté une plaque d'eczéma craquelé.