‹ Le Change Espagnol et Son Amélioration ActuelleChapitre 1 sur 23 · EL SON · texte numérisé non relu

EL SON

INTRGDUCTION

L'adoption, à peu près générale aujourd'hui, du monométalhsme or, ou du bimétallisme boiteux, ainsi que l’utilisation par quelques Etats de l’Amérique du Sud et d’Extrême-Orient, qui ont procédé aux réformes les plus modernes, du régime du Gold-Exchange-Standard, ont fait à peu près compiètement disparaître les pays à monnaie dépréciée.

Aussi, ne souffrent actuellement d’une déprécia-

tion monétaire, que quelques pays À monnaie d’ar-

vent en Extrême-Orient, quelques pays à monnaie de papier dans l’Amérique du Sud, En Europe, on n’a vuère à mentionner que la Grèce, le Portugal et l'Espagne.

Les vicissitudes économiques et politiques de ce dernier pays, jointes aux intérêts nombreux qu'y possèdent les Français, ont été des motifs suffisants pour faire de la dépréciation éspagnole l’objet d’études nombreuses ; et l’améhoration constante du change, dans ces dernières années, est venue donner à cette question un renouveau d’actualité.

Si l’on voulait retracer toutes les crises monétaires de l'Espagne, c’est en réalité toute son histoire financière au dix-neuvième siècle qu’il faudrait refaire. On constaterait que l’exportation du métal le plus apprécié y à toujours été abondamment pratiquée et que le vieux principe de Gresham s’y est longtemps appliqué avec une inexorable rigueur. Pendant toute une période antérieure à 1867, une législation maladroite à généralement favorisé la fuite de l’argent, si bien qu’à cette époque, l'Espagne se trouvait, malgré elle, à la tête l’une circulation d’or qui atteignait 50 0/0, alors que celle de l'argent était de 4 0/0 seulement. Des erreurs analogues l’empêchèrent, malheureusement, de prolter de l’avantage qu'elle s'était inconsciemment procuré, En effet, à partir de 186$, le rapport entre les deux métaux devint tel que l’on eut intérêt à

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exporter désormais non plus de l'argent, mais de Por, et en le fit jusqu’en 1873 dans la plus large mesure.

Bien plus, en 1873, au moment où les pays de l'Union Latine interdisaient la frappe libre de l’argent, l'Espagne ne la supprima pas, et attemdit, pour le faire, 1877.

Il est certain qu'à cette époque, une quantité ‘l'or qu’il est difficile d'apprécier, mais qui dut sû- “ement être très considérable à cause de la facilité de l’opération, prit le chemin de l’Etranger. Au moment (en 1877) où l’on supprimait la frappe libre de l’argent en Espagne, la circulation devait en orande partie se composer de ce métal, surtout si l’on ajoute que l’Etat ne s’interdisait pas à lui-méme les frappes d'argent et, pour diverses raisons, devait les continuer.

Donc, à l’époque où la crise actuelle allait s’ouvrir, l'Espagne, en partie pour solder les déficits de son commerce extérieur (1), en partie parce auw’elle n’avait pu empêcher la sortie de sa bonne monnaie, se trouvait à la tête d’une circulation en rande partie dépréciée. Cependant, cette crise, la seule qu ait fait l’objet d’études spéciales, bien que ‘argement influencée par ces faits lointains, paraît

avoir eu d’autres causes plus directes.

(1) Barthe y Barthe. — Estudio critico de la crisis monel arta. et 1905.

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