‹ Le chant "authentique" du credoChapitre 3 sur 35 · CHAPITRE I Vue d'ensemble sur la structure mélodique · texte numérisé non relu

CHAPITRE I Vue d'ensemble sur la structure mélodique

du Credo.

Une première connaissance ge'nérale de notre Credo, de sa structure, de l'ordonnance de ses membres mélodiques, de leur suite, de leur développement, nous est d'abord indispensable; nous l'étudierons ensuite dans ses moindres détails.

A cette fin, deux tableaux ont été dressés :

Tableau I : Synthèse des membres de phrase et de leur succession;

Tableau II : Analyse de chaque incise.

( Voir ces deux Tableaux hors texte.)

ARTICLE I

Vue synthétique des membres de phrase et de leur succession.

Description du Tableau I. — Une explication sommaire suffira pour le moment. Ce premier Tableau a pour but de présenter, sous un seul coup d'oeil, l'ensemble du Credo, la suite et l'ordre des membres de phrase. Il faut le lire horizontalement, de gauche à droite.

Il se divise en cinq parties principales.

Première partie. Colonnes I à V. — C'est le premier membre de phrase musicale. La ligne t-u en donne l'ensemble le plus complet.

Il comprend dans son entier développement :

i° Intonation, colonnes I et II.

2° .Récitation sur le sol, col. III. Elle s'étend de deux à huit notes; quelquefois elle fait absolument défaut. Ces variations sont dues à l'abondance ou au manque de texte.

3° Cadence A, col. V Elle s'adapte aux terminaisons dactyliques et spondaïques des mots.

Col. IV. Les trois notes de cette colonne, dans certains cas, servent de préparation à la cadence A.

Deuxième partie. Col. VI. — Cette partie est une incise de liaison, plus ou moins développée, qui conduit du premier au deuxième membre par une marche mélodique ascendante.

Troisième partie. Col. VII à X. — C'est le deuxième membre de phrase, qui comprend dans son entier développement :

i° Intonation, col. VII.

2° Récitation sur le la, col. VIII Elle s'allonge de une à quatre notes, selon le texte.

3° Cadence B et C, col. IX-X. Au Tableau II analytique, les deux cadences, qui sont ici dans une même colonne, seront séparées. La première — cadence B, ligne a-b, àmnipotentem — est une demi-cadence spondaïque; la seconde — cadence C, ligne c, vhibiliwn — est une grande cadence dactylique.

Quatrième partie. Col. II, III et XI. — Troisième membre de phrase. Il renferme :

i° Intonation, col. II.

2° Récitation sur le sol, col. III.

On reconnaît l'intonation et la récitation du premier membre. A cause de cette répétition, les colonnes qui contiennent ces deux incises ont conservé les mêmes numéros d'ordre; au Tableau II, elles seront reportées à leur place, au début du Tableau.

3° Cadence D, col. XI. Grande cadence spondaïque.

Cinquième partie. Col. XII. — Elle contient la mélodie de Y Amen, qui se termine sur le mi, note finale du quatrième mode.

A gauche du Tableau, chaque ligne est numérotée par une lettre minuscule. Si deux lettres se trouvent en face d'une même ligne, c'est que, dans le Tableau II, cette même ligne a été dédoublée. Dans les deux Tableaux, les mêmes lettres désignent les mêmes textes, les mêmes mélodies : on peut passer de l'un à l'autre sans difficulté.

L'accent qui se trouve en tête des colonnes III, V, VI, IX, X et XI, indique la place régulière des accents toniques.

Après avoir lu ce Tableau horizontalement, on peut maintenant en parcourir chaque colonne du -haut en bas. Sans doute, on trouvera, dans chacune des parties, des hiatus, des trous, des additions (que nous ne manquerons pas d'expliquer); mais on ne découvrira pas une seule note qui s'écarte des types mélodiques déjà relevés. Cette harmonie générale entre toutes les phrases de notre Credo, malgré tant de variété, ne peut que nous disposer favorablement à l'égard de cette œuvre musicale et de celui qui l'a imaginée; c'est une invitation à pénétrer plus avant dans les arcanes de sa composition.

Les divisions qui viennent d'être signalées sont claires, réelles, incontestables; toutefois, il suffit d'examiner le Tableau I pour reconnaître que la suite des intonations, récitations et cadences, ne se présente pas, dans chaque membre, avec la régularité que l'on constate, par exemple, dans une psalmodie ordinaire. Ainsi chaque partie offre-t-elle des coupures, des vides, qui ne lui permettent pas de se développer dans toute son intégrité.

De même, les trois membres de phrase ne se succèdent pas toujours dans l'ordre établi au Tableau. Il y a, dans leur agencement, une très grande liberté qui provient de la variété même de la phrase littéraire. Ces trois membres mélodiques, avec leurs différentes cadences, sont, pour ainsi dire, à la disposition du compositeur qui les arrange, les mélange, les adapte conformément au sens logique, à l'étendue des textes, et surtout aux différentes chutes spondaïques ou dactyliques des paroles; mais il n'emploie jamais que les trois types que nous connaissons.

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